06/06/2019 10:02
La Maison Blanche a posé mercredi 5 juin ses conditions avant une séance de négociations avec le Mexique sur les droits de douane que Washington prévoit d'imposer à son voisin s'il ne l'aide pas à bloquer les migrants, toujours plus nombreux à franchir leur frontière commune.
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Au port commercial à Otay (Tijuana au Mexique) où les véhicules transportant des marchandises du Mexique aux États-Unis attendent, le 30 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

En l'absence du président Donald Trump en visite en Europe, le vice-président américain Mike Pence a reçu le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrad à la Maison Blanche, pour des discussions auxquelles a également participé le secrétaire d'État américain Mike Pompeo. Après deux heures et demie, ils se sont séparés sans faire de commentaires.

Juste avant cette réunion cruciale pour l'économie des deux pays, les garde-frontières américains ont annoncé que plus de 144.000 migrants avaient été arrêtés à la frontière sud des États-Unis en mai, en hausse de 32% par rapport à avril, et à un niveau inégalé depuis sept ans.

Plus de 57.000 étaient des mineurs, dont près de 12.000 non accompagnés, ont-ils précisé, en décrivant une "situation d'urgence absolue".

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale un marqueur de sa présidence.

Jeudi dernier 30 mai, il a créé la surprise en se faisant plus concret: il a annoncé que les États-Unis appliqueraient à partir du 10 juin une taxe de 5% sur tous les biens provenant du Mexique, qui pourrait augmenter progressivement jusqu'à 25% le 1er octobre.

"Faire affaire" 

"Le Mexique veut un accord", a toutefois estimé Donald Trump mercredi 5 juin depuis l'Irlande.

Si le Mexique n'arrête pas les migrants et les "drogues" qui arrivent via la frontière sud des États-Unis, "on ne pourra pas faire affaire, c'est très simple", a-t-il ajouté. Mais "je pense que le Mexique veut faire quelque chose".

De son côté, le conseiller économique de la Maison Blanche, Peter Navarro, a posé trois conditions aux négociateurs mexicains. "Ils peuvent s'engager à prendre tous les demandeurs d'asile et à leur appliquer les lois mexicaines qui sont bien plus strictes que les nôtres", a-t-il déclaré sur la chaîne CNN.

"Si tous les gens qui arrivent avec des scénarios pour demander l'asile (...) comprennent que cela ne va pas les mener aux États-Unis mais qu'ils vont rester au Mexique", cela va tarir les flux migratoires, a-t-il prédit.

Le conseiller a également demandé à Mexico de renforcer sa frontière sud avec le Guatemala "plus courte" et "plus facile à surveiller" que celle avec les États-Unis. Enfin, il a exigé que le Mexique lutte contre la corruption de ses agents aux poste-frontières.

AFP/VNA/CVN

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