11/06/2019 09:42
Le Mexique, à nouveau menacé par le président américain Donald Trump, a reconnu lundi 10 juin qu'une révision de l'accord sur l'immigration conclu avec Washington pourrait intervenir rapidement sur la question du droit d'asile, si l'afflux de clandestins vers les États-Unis ne se tarit pas.
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Le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, (gauche) écoute son ministre des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, lors d'une conférence de presse, le 10 juin à Mexico. Photo: AFP/VNA/CVN

Vendredi 7 juin, à l'issue de plusieurs jours de négociations, Washington et Mexico sont parvenus à un accord sur l'immigration, destiné à empêcher l'application de droits de douane sur les produits mexicains importés aux États-Unis. Mexico s'est notamment engagé à renforcer les contrôles à sa frontière avec le Guatemala, dans le sud du pays, et à accélérer le retour des migrants d'Amérique centrale vers leur pays, dans l'attente que soient traitées leurs demandes d'asile aux États-Unis.

Mais trois jours après la conclusion de l'accord, le président américain a renouvelé sa menace d'appliquer des droits de douane si le Congrès mexicain n'approuvait pas une clause secrète de l'accord, dont il n'a pas précisé la teneur. "N'anticipons pas un problème avec le vote, mais si pour une raison quelconque, cela n'est pas approuvé, les droits de douane seront rétablis", a tweeté M. Trump.

Le président américain entendait ainsi répondre aux critiques du New York Times, qui a révélé vendredi 7 juin que la plupart des mesures annoncées par le Mexique dans l'accord avaient déjà été convenues lors de négociations antérieures. Peu après, M. Trump a déclaré sur la chaîne CNBC que cette clause secrète était "un outil très puissant" aux mains des États-Unis.

Au milieu de ces spéculations sur la teneur de l'accord, le ministre des Affaires étrangères mexicain, Marcelo Ebrard, a déclaré peu après que Mexico avait refusé que les migrants présents sur le territoire mexicain et souhaitant demander l'asile aux États-Unis le fassent depuis le Mexique. Mais il a reconnu que le gouvernement mexicain avait accepté que cette question, qui nécessiterait une approbation du Congrès, revienne sur la table des négociations dans un délai de 45 jours si le flot des migrants illégaux traversant le Mexique pour se rendre à la frontière américaine n'était pas freiné.

"Lors de la réunion avec le vice-président des États-Unis (Mike Pence), ils ont insisté" sur cette question, a expliqué M. Ebrard en conférence de presse. "Nous leur avons dit, et je pense que c'était la plus grande réussite des négociations  prenons le temps de voir si ce que propose le Mexique fonctionne, et si non, nous discuterons pour voir si des mesures supplémentaires" sont nécessaires, a poursuivi le ministre.

"Aussi tôt que possible"

Le président américain, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine le fer de lance de sa présidence, avait mis son voisin sous pression fin mai en menaçant d'imposer des taxes de 5% à partir de lundi 10 juin, et d'augmenter ce taux de 5 points par mois pour qu'il atteigne 25% en octobre.

Principales exportations entre les États-Unis et le Mexique en 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

Selon la déclaration commune des deux pays, le Mexique s'est engagé à prendre des "mesures sans précédent", notamment le déploiement de sa Garde nationale, ainsi que des actions contre les réseaux de passeurs, de transport et de financement de l'immigration clandestine. "Le Mexique va faire beaucoup d'efforts, et s'ils le font, cet accord sera un grand succès pour les États-Unis et le Mexique", s'était félicité le président américain. "Lundi 10 juin il n'y aura pas de droits de douane, pas de taxes, pas de crise économique ou financière dans notre pays", s'était réjoui de son côté son homologue mexicain.

Parmi les mesures annoncées par Mexico, figure le déploiement de 6.000 officiers de la Garde nationale mexicaine nouvellement créée à la frontière sud dès lundi 10 juin. M. Ebrard s'est toutefois contenté d'évoquer lundi 10 juin un déploiement "aussi tôt que possible". Dans la ville de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, un des points d'entrée des caravanes de migrants, essentiellement originaires d'Amérique centrale, qui ont traversé le Mexique ces derniers mois, aucun signe de déploiement militaire n'était pour l'heure visible. Les arrestations d'étrangers sur le territoire mexicain sont passées de 8.248 personnes en janvier à 23.679 en mai. La grande majorité des personnes arrêtées sont de nationalité centraméricaine, principalement hondurienne.

AFP/VNA/CVN


 
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