02/11/2018 09:20
Le meurtre du Saoudien Jamal Khashoggi, "étranglé" et "démembré" dans son consulat en Turquie, rappelle, à la veille d'une journée mondiale contre ces crimes, qu'on peut encore trop facilement tuer en toute impunité des journalistes.

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Des gens portent les portraits de journalistes assassinés devant la Tour Eiffel, éteinte une minute, la veille de la "Journée internationale contre l'impunité pour les crimes contre les journalistes", le 1er novembre à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN


Ces dernières années, dans des conditions tout aussi barbares, le journaliste Mohammed al-Absi a été empoisonné au Yémen, Miroslava Breach et Javier Valdez tués par balles au Mexique, tout comme Ján Kuciak et sa fiancée en Slovaquie.

Depuis 2006, l'UNESCO a condamné les assassinats de 1.010 journalistes et professionnels des médias. Mais neuf cas sur dix n'ont jamais été portés devant la justice, selon un rapport publié jeudi 1er novembre.

L'agence de l'ONU a décrété le 2 novembre "Journée internationale contre l'impunité pour les crimes contre les journalistes", en hommage aux Français tués le 2 novembre 2013 au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

"La lutte contre l'impunité fait partie intégrante de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et de l'accès à l'information. S'en prendre à un journaliste, cela revient à s'attaquer à la société toute entière", a déclaré à l'AFP la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay.

Jeudi soir 1er novembre, la Tour Eiffel s'est éteinte symboliquement le temps d'une minute de silence pour les journalistes assassinés à l'initiative de Reporters sans frontières. "Jamal Khashoggi a été tué car il voulait écrire et parler librement", a déclaré sur place Fabiola Badawi, ancienne collègue du journaliste lors d'une conférence de presse de RSF.

"Leur cri nous hante", lance l'association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Leurs assassinats, mais aussi ceux d'Anna Politkovskaïa en 2006 à Moscou et de Marie Colvin en 2012 en Syrie "interpellent directement les États, leurs diplomaties, leurs polices, leurs services de renseignement et leurs justices", souligne-t-elle dans une tribune publiée dans Libération.

L'enquête piétine cinq ans après l'assassinat des deux Français. Un juge anti-terroriste français s'est rendu pour la première fois au Mali au mois de mars, sans pouvoir enquêter sur les lieux précis de l'assassinat.

En Turquie, l'enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi a au contraire avancé très vite. Sous la pression internationale, l'Arabie Saoudite a fini par reconnaître le 21 octobre le meurtre de Jamal Khashoggi dans son consulat d'Istanbul lors d'une opération "non autorisée". Mais le royaume wahhabite refuse d'extrader 18 Saoudiens soupçonnés d'implication dans l'assassinat.


AFP/VNA/CVN

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