01/12/2018 09:15
La prévention du VIH/sida est toujours considérée comme une priorité du secteur de la santé. Des actions ont été menées simultanément, permettant de faire chuter le nombre de nouveaux cas et de décès causés par ce virus.
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Traitement en faveur des toxicomanes à Thanh Hoa (Centre).
Photo: Anh Tuân/VNA/CVN

Le Vietnam a choisi décembre comme Mois d’action nationale pour la prévention du VIH/sida. Lors d’une conférence sur ce thème, le vice-Premier ministre Vu Duc Dam a souligné: "Ne négligez pas la prévention du VIH/sida et respectez l’engagement de mettre fin à cette épidémie en 2030".

Depuis le début de l’année, de nombreuses activités sont  mises en place. Il s’agit de l’élargissement des réseaux de prestation de services anti-VIH, du traitement à la méthadone et à la buprénorphine en faveur des toxicomanes, de la distribution d’aiguilles et de seringues aux populations les plus touchées, notamment les consommateurs de drogues injectables, etc.

Carte d’assurance-santé à 80% des séropositifs

Une centaine de milliers de porteurs du VIH peut disposer des antirétroviraux (ARV). Aujourd’hui, ce traitement est gratuit grâce aux aides internationales. Le Vietnam étant désormais classé parmi les pays à revenu intermédiaire, les organisations internationales ont commencé à baisser progressivement le montant des aides financières, qui devraient cesser complètement à terme. C’est pourquoi, à partir de 2019, le Vietnam n’octroiera plus gratuitement les ARV aux personnes contaminées. Cependant, si ces malades sont titulaires de la carte d’assurance-santé, ils en bénéficieront. À ce jour, cette carte couvre environ 80% des séropositifs vietnamiens.

Après avoir atteint un sommet au début des années 2000, l’épidémie de VIH au Vietnam s’est stabilisée, la prévalence de ce virus chez les adultes (15 à 49 ans) étant de 0,4%.

Bien que la situation se soit améliorée, des problèmes subsistent, notamment la stigmatisation et la discrimination, et un faible accès aux services dans les zones isolées.

Éliminer la discrimination et tester précocement sont des mesures essentielles dans la prévention et la lutte contre cette épidémie. Un malade hanoïen a confié que la stigmatisation avait poussé de nombreuses personnes contaminées à ne pas oser passer le test de dépistage.

Le VIH reste une menace pour la santé publique nationale. Au cours du premier semestre, 3.500 personnes infectées ont été décelées, soit une baisse d’environ 7% par rapport à la même période de l’année précédente.

Selon les statistiques en 2017, le pays comptait plus de 209.450 personnes contaminées, dont 90.100 sidéens.

D’après le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), l’amélioration des services de prévention et de soins aux personnes infectées reste une priorité du Vietnam. Le pays obtient des résultats durables grâce à un investissement national accru et à une meilleure coopération des services concernés.

Toujours selon cette organisation onusienne, la consommation de drogues injectables est la principale cause de transmission pour approximativement 10% des infections dans le monde. La prévention de la transmission par la consommation de drogues injectables est l’un des défis clés à relever.

Dans un établissement de déxintoxication à Thanh Hoa (Centre).
Photo: Anh Tuân/VNA/CVN

Les programmes de distribution d’aiguilles et de seringues constituent l’un des neuf axes de l’action de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de l’ONUSIDA pour la prévention, le traitement et les soins liés au VIH auprès des consommateurs de drogues injectables. Ils ont l’impact le plus important sur la prévention chez les consommateurs de drogues injectables. Les preuves scientifiques ne manquent pas pour attester de leur efficacité dans la prévention de la propagation du virus.

Les missions majeures à mener

Afin de réaliser la Résolution N°20 du Comité central du Parti communiste du Vietnam concernant la protection, le soin et l’amélioration de la santé de la population et d’éliminer cette épidémie en 2030, le ministère de la Santé a proposé cinq tâches.

Primo, il faudrait renforcer les programmes de prévention, surtout l’octroi d’aiguilles et de seringues aux toxicomanes, les campagnes de communication contre la discrimination, la collaboration entre services concernés et élargir le traitement à la méthadone destiné aux drogués.

"Mobiliser les investissements publics et privés est une priorité afin de prévenir et contrôler les épidémies dont le VIH/sida", assure Nguyên Thuy Anh, présidente de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Le sida en chiffres

Depuis la découverte des premiers cas de VIH il y a plus de 35 ans, plus 36 millions de personnes vivent actuellement avec le virus et plus de 41 millions sont décédées de maladies liées au sida.

Dans le cadre des Objectifs de développement durable, l’ONUSIDA mène l’action à l’échelle mondiale pour mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030.

Le Vietnam a connu le premier cas en 1990 et le premier décès en 1993.
Secundo, c’est le développement du réseau des centres de dépistage, dans les régions montagneuses et reculées notamment.

Tertio, il s’agit d’élargir le traitement antirétroviral à tous les séropositifs, surtout dans les établissements médicaux à l’échelon de communes. Nguyên Hoàng Long, chef du Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida, indique qu’il est absolument nécessaire de pouvoir donner suffisamment de médicaments et matériel de soins à ces établissements, et d’encourager fortement les personnes infectées à avoir accès à l’assurance-santé.

Quarto, afin de financer les campagnes de prévention, le Vietnam doit chercher de nouvelles sources de financement suite à la baisse des aides financières.
   
La plus grande difficulté du programme mondial dans ce domaine provient de la baisse des soutiens financiers apportés par les États-Unis, qui fournissent près de deux tiers du budget mondial pour cette cause. En 2016, les États-Unis ont contribué à hauteur de 5 milliards de dollars à la mise en application du programme PEPFAR (President’s Emergency Plan For AIDS Relief - Plan d’urgence du président pour la lutte contre le sida), qui a permis de prendre en charge 12 millions de personnes. Toutefois, le président américain Donald Trump a demandé la réduction de ces dépenses dans le projet de loi budgétaire 2018. Cette décision est problématique aux yeux des acteurs impliqués dans la prévention du VIH.

Au Vietnam, le budget du programme PEPFAR, initié par l’ex-président américain George W. Bush, est progressivement réduit depuis 2012. Après 2018, ce programme passera d’un soutien financier direct à une simple assistance technique.

Enfin, la dernière mission est de développer le personnel qualifié.

Hoàng Phuong/CVN


 
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