01/09/2021 21:36
Les clubs soutenus par de riches mécènes ont dribblé la crise et investi durant le marché estival des transferts à l'image de Nice, Marseille, Paris et Rennes, mais les difficultés de tous pour vendre sont inquiétantes dans une Ligue 1 financièrement exsangue.
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Les recrues du PSG lors de leur présentation au public du Parc des princes le 14 août, de gauche à droite, Achraf Hakimi, Georginio Wijnaldum, Gianluigi Donnarumma, Sergio Ramos et Lionel Messi.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les revenus du Championnat de France ont fondu ces derniers mois sous l'effet de la pandémie de COVID-19, entre droits télé en berne et billetterie proche de zéro. Conséquence, seules les écuries portées par des actionnaires fortunés ont trouvé les moyens d'aligner les chèques.

C'est le cas bien sûr du Paris SG qui, avec le soutien du fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI), a attiré dans ses filets Lionel Messi, Sergio Ramos, Gianluigi Donnarumma et Georginio Wijnaldum, tous libres, avec des primes à la signature et un salaire imposants, et le défenseur marocain Achraf Hakimi (60 millions d'euros) ainsi que le jeune latéral gauche portugais Nuno Mendes, prête un an avec option d'achat à la toute fin du mercato.

Du côté de Nice, l'actionnaire britannique Ineos a misé 48 millions d'euros, selon l'évaluation du site spécialisé Transfermarkt, pour offrir au nouvel entraîneur Christophe Galtier les services d'Andy Delort, Mario Lemina, Melvin Bard ou encore de l'ailier néerlandais Calvin Stengs.

Troyes, Marseille, Rennes et Nice ambitieux

À Troyes, le promu appartenant au City Football Group (le groupe émirati propriétaire de Manchester City) a misé presque une vingtaine de millions d'euros pour recruter une demi-douzaine de joueurs. Enfin, le Stade rennais de la famille Pinault a multiplié les achats (Laborde, Santamaria, Sulemana, Badé...) et vendu des joueurs au fort potentiel comme Eduardo Camavinga et Faitout Maouassa, avec un solde négatif.

Quant à Marseille, le président Pablo Longoria a obtenu le feu vert du propriétaire américain Frank McCourt pour faire venir le Brésilien Gerson, transférer définitivement l'Argentin Leonardo Balerdi et l'Espagnol Pol Lirola ou encore se faire prêter Mattéo Guendouzi depuis Arsenal, avec option d'achat.

Après "les grosses pertes de revenus" de la saison dernière, "les clubs vont se différencier en fonction de la nature de leurs propriétaires. Si ceux-ci peuvent mettre la main à la poche, la période sera plus facile à passer, sinon, ce sera compliqué", décrypte Luc Arrondel, économiste du sport.

Problème, la balance des transferts a rarement été équilibrée dans ces clubs acheteurs, faute de repreneurs pour les forts potentiels de la Ligue 1, que les Championnats étrangers s'arrachaient d'ordinaire chaque été à prix d'or.

Ainsi, l'OM, déjà épinglé au début de l'été par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), gendarme financier des clubs professionnels français, n'est pas parvenu à faire partir ses joueurs les plus cotés (Caleta-Car, Kamara...), faute d'offres suffisantes.

'Matière à s'inquiéter'

L'attaquant suisse Xherdan Shaqiri lors de sa présentation à Lyon le 25 août.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les Girondins de Bordeaux se retrouvent de leur côté toujours avec Josh Maja et Hwang Ui-jo dans l'effectif, deux joueurs à forte valeur marchande, comme Randal Kolo Muani à Nantes ou Romain Faivre à Brest. À Angers, on comptait sur le départ d'Angelo Fulgini pour réduire la masse salariale de 10 millions d'euros... Mais l'offre de 15 millions d'euros espérée par le président Saïd Chabane n'est jamais venue.

Inquiétant ? Le patron de la DNCG, Jean-Marc Mickeler, avait tiré la sonnette d'alarme en juillet dans les colonnes de L'Équipe, où il n'écartait pas totalement le risque de faillite pour les clubs.

"Pour la saison 2021-2022, on a un prévisionnel de pertes avant transferts de plus de 1,3 milliard d'euros. Les clubs prévoient de faire 850 M € de plus-values sur les transferts. Ce qui est un montant totalement irréaliste", avait-il alors prévenu. Une crainte confirmée après la clôture du marché, mardi soir 31 août.

Autre signe qui fâche, l'incapacité pour plusieurs clubs de réinvestir les sommes encaissées. C'est le cas notamment de Montpellier, qui a vendu ses deux attaquants (Delort et Laborde) dans les ultimes heures du mercato. Et de l'OL, qui n'a déboursé que six millions d'euros (plus 5 millions d'euros de bonus éventuels) pour l'attaquant suisse Xherdan Shaqiri, malgré les départs payants de Maxwel Cornet, Jean Lucas et Joachim Andersen.

"En France, il y a eu plusieurs coups successifs : le COVID-19, l'arrêt du Championnat en 2020, le milliard de droits TV de Mediapro qui s'est envolé, les conflits avec Canal+, les recettes de billetterie en berne et désormais les revenus de transferts en recul", énumère Luc Arrondel. "Il faudra voir où en sont les clubs en fin de saison, mais cela commence à faire beaucoup, il y a matière à s'inquiéter."
 
AFP/VNA/CVN
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