29/08/2018 08:43
La Première ministre britannique Theresa May a posé mardi 28 août la première pierre d'un "nouveau partenariat" de son pays avec l'Afrique, dont elle veut devenir le premier investisseur occidental pour compenser les pertes économiques attendues du Brexit.
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Theresa May est saluée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa au Cap le 28 août, première étape de sa tournée en Afrique. Photo: AFP/VNA/CVN

"Je peux annoncer aujourd'hui une nouvelle ambition. D'ici 2022, je veux que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique", a déclaré Mme May dans un discours prononcé au Cap, en Afrique du Sud, première étape de sa toute première tournée africaine.

Depuis la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE), au référendum de juin 2016, Londres multiplie les contacts diplomatiques pour tenter de décrocher les accords commerciaux censés se substituer à ceux de Bruxelles.

"Je veux créer un nouveau partenariat entre le Royaume-Uni et nos amis africains fondé sur une prospérité et une sécurité partagées", a indiqué Theresa May devant un parterre d'hommes d'affaires sud-africains et britanniques. "Il est dans l'intérêt du monde entier que ces emplois soient créés (en Afrique) pour s'attaquer aux causes et aux symptômes de l'extrémisme et de l'instabilité, pour gérer les flux migratoires et pour encourager une croissance propre", a-t-elle plaidé.

Elle a annoncé dans la foulée une enveloppe de 4 nouveaux milliards de livres (4,4 milliards d'euros) d'investissements dans les économies africaines. Une réunion pour l'investissement en Afrique aura lieu l'an prochain à Londres, a ajouté la dirigeante britannique.

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le Royaume-Uni était déjà en 2016 le 2e investisseurs étranger sur le continent avec 55 milliards de dollars, derrière les États-Unis avec 57 milliards mais devant la France avec 49 milliards.

"Long terme"

"On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays", a concédé Mme May, mais "nous pouvons offrir (à l'Afrique) des investissements de long terme et de haute qualité".

Depuis des mois, Theresa May essuie dans son pays les critiques des partisans et des adversaires du Brexit, qui doutent de sa capacité à gérer le divorce avec l'UE au moindre coût. La dirigeante conservatrice a assuré à des journalistes qui l'accompagnent dans sa tournée que son gouvernement était "en train de mettre en place les préparatifs nécessaires" pour éviter une catastrophe en cas de sortie sans accord avec Bruxelles.

Une "absence d'accord" serait "préférable à un mauvais accord", a-t-elle toutefois répété, selon des propos rapportés mardi 28 août dans la presse britannique.

Dans son discours, la cheffe du gouvernement britannique a également souligné l'importance des enjeux sécuritaires. "L'Afrique accueille certains des États les plus fragiles du monde", a-t-elle noté, "nous allons utiliser l'argent de notre aide pour assurer la stabilité à long terme" du continent.

"Contribution"

La Première ministre britannique Theresa May lors d'une visite d'une école du Cap, le 28 août dans le township de Gugulethu. Photo: AFP/VNA/CVN

Theresa May s'est ensuite entretenue avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, avec lequel elle a signé, sous un crachin très britannique, un accord commercial. "Nous sommes ravis de la contribution du Royaume-Uni à notre quête d'investissements", s'est réjoui M. Ramaphosa.

L'économie sud-africaine continue à souffrir d'une faible croissance et d'un fort taux de chômage (plus de 27%), ainsi que des scandales de corruption qui ont émaillé le règne de l'ex-président Jacob Zuma, démissionnaire en février.

Cyril Ramaphosa a souhaité que les négociations entre Londres et Bruxelles aboutissent à un accord "qui restaure la stabilité de l'économie et des marchés et protège les emplois" car, a-t-il dit, le Brexit "a aussi un impact sur notre économie".

Mme May a profité de son passage au Cap pour présenter aux Sud-Africains la cloche récemment retrouvée du navire britannique SS Mendi, qui fit naufrage en 1917 dans la Manche, avec 600 Noirs en partance pour le front en France. Le retour de cette cloche est un peu "comme rendre leurs âmes à leur pays de naissance", a salué M. Ramaphosa.

Mme May, qui a visité l'île-prison de Robben Island où fut incarcéré l'icone de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela, doit mettre le cap mercredi 29 août sur le Nigeria, où elle rencontrera le président Muhammadu Buhari.

AFP/VNA/CVN

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