08/09/2018 15:05
Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a effectué vendredi 7 septembre une visite surprise à Kaboul dans l'espoir de donner un coup de fouet au processus de paix.
Le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis (2e à gauche) arrive à la mission de l'OTAN Resolute Support à Kaboul le 7 septembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

La visite du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, sa quatrième dans le pays depuis sa prise de fonctions en janvier 2017, intervient alors que les efforts diplomatiques pour amener les Talibans à négocier s'intensifient.

Accompagné du général Joseph Dunford, le chef d'état-major des armées américaines, il a rencontré le président Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif, Abdullah Abdullah, a indiqué la présidence afghane.

Au menu des discussions figuraient "le processus de paix(...), les réformes des forces de sécurité afghanes, les élections parlementaires et présidentielle à venir, la lutte contre le terrorisme et le dialogue avec le Pakistan", ont détaillé les services de M. Ghani.

Les États-Unis ont actuellement 14.000 militaires déployés en Afghanistan, où ils constituent l'essentiel des effectifs de la mission de l'OTAN pour soutenir et former les forces de sécurité afghanes. La mission est dirigée depuis dimanche dernier 2 septembre par le général américain Scott Miller, qui a succédé à son homologue John Nicholson.

Les forces afghanes et américaines n'ont guère progressé ces derniers temps contre les talibans, le plus grand groupe insurgé d'Afghanistan, qui reste à l'offensive dans une grande partie du pays.

Un soldat américain a été tué lundi 3 septembre dans l'Est de l'Afghanistan, "apparemment" par des recrues locales, selon l'Otan. Il s'agit du sixième soldat américain tué en Afghanistan depuis le début de l'année, le second lors d'une "attaque de l'intérieur".

Un cessez-le-feu sans précédent en juin, suivi d'une rencontre entre des responsables américains et des représentants des Talibans au Qatar en juillet, avait un temps alimenté l'espoir d'une fin des combats. Des spéculations font état d'une possible nouvelle rencontre en septembre.

Mais une récente vague d'attaques perpétrées par les Talibans et le groupe État islamique, qui a fait des centaines de morts parmi les forces de sécurité et les civils, a gravement entamé cet optimisme.

Début août, les Talibans ont lancé un assaut contre Ghazni, ville stratégique située à deux heures de route de Kaboul. L'armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a peiné plusieurs jours pour les repousser.

Cette offensive a été suivie de plusieurs attentats meurtriers, notamment dans la capitale. Le dernier en date remonte à mercredi 5 septembre et a visé un gymnase d'un quartier chiite de Kaboul, faisant au moins 26 morts et 91 blessés.

"Mirage"

La nouvelle stratégie pour l’Afghanistan du président Donald Trump, qui a accru le nombre de militaires stationnés sur place, annoncée en août 2017, était censée amener les Talibans à la table des négociations.

Mais ceux-ci ont toujours refusé les offres de dialogue offertes par le gouvernement du président Ghani, qu'ils considèrent illégitime, et réclament depuis longtemps des pourparlers directs avec Washington.

M. Mattis a laissé entendre plus tôt cette semaine qu'il avait des raisons d'espérer que les Talibans acceptent prochainement de négocier.

"Il y a toujours des combats intenses, mais en ce moment nous avons davantage d'indications (suggérant) qu'une réconciliation n'est plus seulement un mirage", a-t-il dit à des journalistes.

AFP/VNA/CVN

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