30/12/2018 21:26
Capitale européenne de la culture en 2019, Matera était il y a encore un demi-siècle "la honte" de l'Italie en raison de son extrême pauvreté. La cité a aujourd'hui retrouvé sa dignité en sauvant ses grottes, ses palais baroques et ses églises rupestres.
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Une fresque religieuse dans un des "sassi" de Matera, en Italie.
Photo: AFP/VNA/CVN

"C'est vrai, nous sommes passés de la honte à la gloire", admet Raffaello De Ruggieri, le maire de Matera, ville de Basilicate (Sud) que le Premier ministre Alcide De Gasperi, l'un des pères fondateurs de l'Europe, avait qualifiée dans les années 1950 de "honte nationale" pour ses conditions de vie misérables.

Ses habitants trouvaient alors refuge dans des grottes datant du paléolithique, sans lumière ni eau courante ou tout-à-l'égout.

Un demi-siècle s'est écoulé et la ville ambitionne aujourd'hui de recevoir des centaines de milliers de visiteurs, attirés par la culture et le patrimoine, dans ces mêmes grottes, dont bon nombre ont été restaurées.

"Nous voulons que la personne qui décide de venir à Matera vive une expérience", explique Paolo Verri, directeur de la fondation Matera-Basilicata 2019, après avoir longtemps été responsable de la prestigieuse Foire du livre de Turin (Nord).

Surnommée la "Jérusalem de l'Ouest" pour ses maisons troglodytiques en pierre creusées à flanc de ravin (les "sassi"), Matera est considérée comme la troisième ville la plus ancienne du monde après Alep (Syrie) et Jéricho (Cisjordanie). Des vestiges "attestent de la présence de l'homme depuis 8.000 ans", rappelle le maire.

"C'est pourquoi nous voulons un tourisme de +la lenteur+", assure M. Verri, qui espère attirer des amateurs d'art et de culture plutôt que les visiteurs au pas de charge en une seule journée.

Pour y parvenir, il a programmé près de 300 spectacles, ateliers, expositions, conférences, allant de la musique à la gastronomie en passant par des lectures en public. "Chacun doit apporter quelque chose, comme un livre, et expliquer pourquoi il veut améliorer la culture européenne", explique-t-il.

Les "citoyens temporaires" de Matera devront payer 19 euros pour un passeport valable un an qui leur permettra d'assister à tous les événements. Ils sont aussi invités à s'inspirer des paysages bibliques et de l'atmosphère mystique pour écrire des textes, créer des objets, des sculptures, inventer des sons, des installations, qui deviendront à leur tour une exposition.

AFP/VNA/CVN
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