27/08/2009 03:19
L'ambassadeur du Vietnam aux États-Unis, Lê Công Phung, a accordé le 26 août une interview à l'Agence Vietnamienne d'Information sur les excuses présentées en public pour la première fois par le colonel William L. Calley au sujet du massacre de My Lai. En voici de larges extraits.
Les excuses de M. Calley sont tardives, mais elles participent d'un acte positif, car celles-ci témoigne de sa pénitence comme de ses remords envers les victimes, leurs familles et le Vietnam. Un acte qui d'ailleurs n'est pas personnel au colonel Calley seul, mais commun à ses frères d'armes ayant participé à ce sinistre évènement. Ce sont d'ailleurs les sentiments éprouvés par une grande partie de la population américaine. Des excuses tardives donc, mais recevables car, comme l'on dit, mieux vaut tard que jamais. Ces paroles sont positives car elles éveillent de nouveau une responsabilité au sein du peuple américain pour ce crime du passé perpétré par l'impérialisme américain. Un peuple qui désormais participera plus activement peut-être à la coopération avec le Vietnam afin de remédier aux conséquences de cette guerre.

Depuis la fin de cette dernière, les 2 pays ont coopéré au sein de plusieurs forums de toutes instances, dans l'effort d'en surmonter les séquelles. Une coopération impliquant le gouvernement et le peuple américains, les organisations non gouvernementales et les écoles. Toutefois, les efforts effectués ne sont pas suffisants. En tant que victime d'une guerre, juste après la fin du conflit, le Vietnam, dans un esprit d'humanisme, a activement aidé les États-Unis dans la recherche des soldats américains portés disparus. Cette bonne volonté ainsi que la générosité des dirigeants et du peuple vietnamiens sont appréciées des autorités et du peuple américain. La partie américaine a également lancé une coopération avec le Vietnam dans la recherche des Vietnamiens portés disparus, notamment dans ses archives militaires. Elle est venue également assister le Vietnam dans les opérations de neutralisation des bombes, mines et autres munitions non explosées ainsi que dans la décontamination des zones empoisonnées par l'agent orange. Certaines organisations américaines, dont celles dirigées par les Vietnamiens, ont aidé le Vietnam à soigner et à porter assistance aux handicapés de guerre comme aux victimes de l'agent orange. Certaines organisations sont ainsi en coopération avec le Vietnam depuis une vingtaine d'années.

Le public américain accorde une grande attention au règlement de ces conséquences. Celle des autorités américaines, en revanche, demeure limitée. Alors que les organisations américaines cherchent par tous moyens à renforcer les coopérations bilatérales, surtout dans la multiplication des assistances du gouvernement américain pour remédier à ces séquelles, ce que ce dernier a réalisé concrètement n'est pas suffisant. Sur un autre plan, il a tenté d'éluder à sa responsabilité des actes et crimes commis dans le passé. Ainsi, le Tribunal américain a rejeté la plainte des victimes vietnamiennes de l'agent orange, pourtant soutenue par les organisations comme les milieux politiques du monde entier et du Vietnam. Dans les temps à venir, je souhaite voir une plus grande assistance de la part du gouvernement américain, ce qui, selon moi, sera le cas dès lors que les relations Vietnam-Etats-Unis auront été renforcées davantage. Le Congrès américain a décidé la création d'un fonds pour la décontamination de l'agent orange. Les départements concernés, notamment le département à la Défense et le département d'Etat, ainsi que d'autres organisations, ont planifié l'augmentation des assistances financières, toujours pour remédier aux séquelles de guerre. Je suis convaincu qu'en suite des excuses du colonel Calley, et avec le mouvement lancé par le peuple et les organisations américains, le gouvernement des États-Unis prendra davantage conscience de sa responsabilité au lieu de la rejeter comme depuis toujours.

Le gouvernement du président Barack Obama va développer les coopérations avec le Vietnam. Les préparatifs seront lancés pour la prochaine visite aux États-Unis du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Vietnam, Pham Gia Khiêm. Une visite du ministre vietnamien de la Défense est également en préparation, de même que des visites de hautes personnalités du département d'État américain au Vietnam. Les États-Unis ont désormais une politique de renforcement de leurs relations avec les pays d'Asie du Sud-Est et ceux membres de l'ASEAN. L'année prochaine, le Vietnam assumera les fonctions de la présidence de cette organisation régionale, pour qui l'intensification de ses relations avec les États-Unis est nécessaire. D'ailleurs, Vietnam et États-Unis cherchent également à intensifier les relations entre ces derniers et les pays de cette association comme de la région. L'année prochaine, le Vietnam, en tant que président de celle-ci, accueillera le secrétaire d'État des États-Unis pour participer à une conférence de l'ASEAN et effectuer une visite au Vietnam. Dans le cas où l'ASEAN et les États-Unis conviennent d'une rencontre au plus haut rang, il se peut que le président américain Barack Obama vienne à Hanoi pour participer au Sommet ASEAN-États-Unis ainsi que pour effectuer une visite officielle au Vietnam. Dans l'avenir, les relations entre les 2 pays s'amélioreront certainement, avec la volonté des 2 parties et, aussi, le nouveau gouvernement du président Barack Obama.

Thu/CVN
(27/08/2009)
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