29/04/2018 09:25
Marou... Ce nom n’est pas inconnu des cacaophiles, fussent-ils outre Atlantique. Le chocolat Marou, fabriqué au Vietnam, fond si bien dans la bouche que le New York Times l’a même sacré "meilleur chocolat au monde"!... Samuel Maruta est l’un des deux fondateurs de Marou, le "faiseur de chocolat" auquel rien ni personne ne résiste.
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La boutique de Marou à Hanoï.
Photo: VOV/CVN

"Marou, ça vient de mon nom de famille, Maruta, et de celui de mon associé, Mourou. On a pris la moitié de chacun de nos noms et ça fait Marou".

"Marou a été créé il y a six ans. Avant de créer Marou, j’habitais déjà au Vietnam depuis plusieurs années. Quand je suis arrivé au Vietnam il y a dix ans, je travaillais pour une banque française. Au bout de trois ans, j’ai quitté mon travail et j’ai décidé de rester au Vietnam pour créer ma propre entreprise. Je pense que c’est une décision que prennent beaucoup d’entrepreneurs, de créer leur propre entreprise pour réaliser un rêve. En plus, la chance que j’ai eue, c’est de créer mon entreprise dans un secteur qui, quelque part, fait rêver parce que quand on dit aux gens qu’on travaille dans la banque ou dans l’assurance, ça ne fait pas rêver. Mais quand on parle de chocolat aux gens, leurs yeux brillent. Du coup, ça attire des gens qui sont passionnés, qui adorent le métier, c’est un secteur extraordinaire".

Mais pourquoi avec du cacao vietnamien
et pas avec du cacao africain?


Les cacaos africains n’ont pas une bonne réputation. C’est le cacao qui représente le plus en quantité. Le Côte-d’Ivoire et le Ghana représentent les deux tiers de la production mondiale. Mais les cacaos les plus réputés viennent d’Amérique du Sud. Ils sont relativement rares, mais le cacao vietnamien est encore plus rare, c’est-à-dire que la production de cacao au Vietnam est vraiment très petite: 0,1% de la production mondiale. Nous, notre travail chez Marou, c’est de trouver les meilleurs cacaos pour faire les meilleurs chocolats possibles.

La chose la plus importante, c’est la qualité et la fraîcheur des ingrédients. On a la chance de pouvoir trouver le cacao près de l’endroit où on fabrique le chocolat. Donc, on peut aller chez les fermiers, sélectionner les meilleurs cacaos. Par exemple, quand on va chez un fermier qui a 500 kg de cacao, on va en prendre seulement la meilleure partie.


Maruta (1er à gauche) est l’un des deux fondateurs de Marou.
Photo: VOV/CVN

Le chocolat Marou, fabriqué au Vietnam à base de cacao vietnamien, serait l'un des meilleurs chocolats du monde, selon le New York Times. Les produits sont exportés dans plusieurs pays du monde. En outre, vous avez deux belles boutiques installées à Hanoï et Hô Chi Minh-ville. Comment expliquez-vous cette "success story"? 

Il y a deux choses. La première, c’est que l’on essaie de tout maîtriser. La qualité est très importante. On n’essaie de rien laisser au hasard, c’est-à-dire de tout contrôler nous-même depuis la ferme jusqu’au produit final comme dans la boutique où on a aujourd’hui beaucoup de monde. On a des chefs qui sont là pour faire les meilleures pâtisseries et les meilleurs chocolats possibles. Pour faire des meilleurs chocolats possibles, on prend les meilleurs fèves de cacao. On maîtrise toute la chaîne depuis le début jusqu’à la fin. Ça, c’est important.

En plus de ça, pour avoir un succès commercial, c’est important de se donner les moyens de créer une marque pour que les gens reconnaissent la qualité. Il ne suffit pas de faire un très bon produit, il faut aussi que les gens comprennent que c’est un très bon produit, qu’il l’achètent…   
  

Quel est le rendement mensuel de vos usines?

Les produits de la marque Marou.
Photo: VOV/CVN

40.000 tablettes. Si on compte par tablette, ça fait beaucoup mais ça fait seulement 4 tonnes de cacao. Pour les gens qui travaillent dans les matières premières, ils comptent en conteneur. Un grand conteneur, c’est 20 tonnes de cacao. Donc, si vous voulez, nous, on produit peut être l’équivalent de 2-3 conteneurs par an, ce qui n’est rien du tout. C’est vrai qu’on achète cette année plus de 50 tonnes de cacao. Manger 50 tonnes de chocolat, ce n’est pas possible mais à l’échelle d’un producteur de chocolat industriel, c’est vraiment minuscule. Donc, on reste, malgré tout notre succès, notre croissance, un producteur artisanal à petite échelle.

Pourriez-vous nous présenter vos variétés de chocolat?

Nous avons six chocolats noirs d’origine, deux chocolats avec des ingrédients supplémentaires : noix de coco et café. Après on a six ou sept chocolats différents faits par la boutique. Concernant les emballages du chocolat, chaque couleur correspond à une origine et chacune représente une région du Vietnam où le cacao pousse et où il est récolté.

VOV/VNA/CVN

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