12/04/2018 13:40
Mark Zuckerberg a de nouveau défendu mercredi 11 avril devant les parlementaires américains le modèle économique de Facebook, empêtré dans un scandale de manipulation et de détournement de données personnelles, tout en affirmant qu'il n'était pas hostile à une régulation de l'Internet, l'estimant "inévitable".
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Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoigne devant une commission de la Chambre des représentants, le 11 avril à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN

"L'importance de l'Internet grandit dans le monde et je pense inévitable une certaine forme de régulation", a-t-il dit, tout en affirmant que celle-ci devait être "étudiée attentivement" pour ne pas entraver les petites sociétés.

M. Zuckerberg n'en finit plus de s'excuser depuis la révélation du scandale Cambridge Analytica mi-mars, qui a nui fortement à l'image du groupe et fait baisser son titre en Bourse.

Selon Facebook, les données de quelque 87 millions d'utilisateurs - y compris les siennes, a admis M. Zuckerberg - se sont retrouvées entre les mains de la société d'analyse de données avant que Facebook commence à instaurer des restrictions en 2014. La firme britannique a ensuite travaillé pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

Mark Zuckerberg a dû affronter pendant près de cinq heures le flot de questions des membres d'une commission de la Chambre des représentants particulièrement remontés. Citant les excuses successives faites par le jeune PDG ces dernières années, la démocrate Jan Schakowsky a lancé: "Cela me prouve que l'auto-régulation ne marche pas".

"La seule façon de résoudre ce problème de confiance est à travers une législation qui crée et donne les moyens à une agence extérieure suffisamment équipée, dotée d'une autorité législative, de protéger la vie privée numérique et d'assurer que les entreprises protègent les données de nos utilisateurs", a renchéri le démocrate Mike Doyle.

Auparavant, Mark Zuckerberg avait assuré que les 2,2 milliards d'utilisateurs de Facebook étaient responsables des contenus qu'ils postaient.

"Chaque fois que quelqu'un choisit de partager quelque chose sur Facebook, il le fait en allant sur le service et en choisissant de partager une photo ou écrire un message. À chaque fois, il y a un contrôle", a-t-il assuré.

La question est de savoir comment sont utilisés les contenus personnels.

Le milliardaire de 33 ans, qui a déjà passé cinq heures la veille à répondre aux questions des sénateurs, a toutefois admis avoir échoué à suffisamment protéger la vie privée des utilisateurs, annonçant des mesures de contrôles supplémentaires.

"Je suis tout à fait engagé à prendre une plus grande part de responsabilité (...) pour assurer que nous ne donnons pas simplement des outils aux gens mais qu'ils sont utilisés à bon escient", a-t-il affirmé.

Il a également salué la prochaine entrée en vigueur, le 25 mai, du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, appelé "RGPD".

"Le RGPD en général va être un pas très positif pour l'internet", a-t-il dit, expliquant que "les gens comprendront quels sont les contrôles et ils devront consentir" au recueil de leurs données.

Il a affirmé que Facebook tenterait d'offrir la même protection aux utilisateurs du monde entier "aussi vite que possible".

Il avait déjà fait la veille devant le Sénat des commentaires similaires sur le RGPD qui lui ont valu mercredi 11 avril les remerciements ironiques de Vera Jourova, la commissaire à la Justice et à la Protection des consommateurs: "Je cherchais comment faire campagne pour notre règlement sur la protection des données. Voilà, c'est fait".

AFP/VNA/CVN
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