05/10/2021 15:58
"J'ai les pieds d'un Hobbit !" : Loury Lag, aventurier en quête de sensations fortes, court pieds nus dans le désert marocain, une performance encore jamais réalisée lors du Marathon des Sables, épreuve de force de 250 km sur six jours.
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Loury "Lag" Lagardère dans le désert du Sahara marocain où il prépare la 35e édition du Marathon des Sables à Borj Irdi, le 2 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ses premiers pas nus sur le sable rocailleux de la première étape dimanche 3 octobre ont été bien douloureux. Loury Lag a mis presque sept heures pour parcourir les 32 km dans l'erg saharien brûlant. "Je ne vais pas mentir, j'ai souffert de dingue", écrit-il sur les réseaux sociaux.

À 35 ans, le Biarrot s'est lancé pour défi de terminer ce trail infernal pieds nus. Durant le mois et demi qui a précédé le départ, il a vécu complètement sans chaussures pour optimiser sa préparation.

"Ton corps s'adapte, j'ai fait une petite semelle supplémentaire (de la corne, ndlr). Mon pied est devenu plus plat et il s'est considérablement élargi. Tout le monde se fout de ma gueule chez moi, on me dit que j'ai les pieds d'un Hobbit !", a raconté Loury Lag avant de s'envoler pour le Maroc.

En plus de ressembler selon lui à un Hobbit, personnage aux grands pieds velus sorti de l'imagination de J.R.R. Tolkien, l'auteur de la trilogie "Le Seigneur des anneaux", il a dû faire une croix sur sa vie sociale. "C'est un gros problème, tu ne rentres pas dans les boutiques, t'es catalogué, on te montre du doigt".

"Retour à l'instinct primaire" 

Pour être fin prêt, ce tatoué de la tête aux pieds a couru sans chaussure entre 50 et 70km par jour, quel que soit le lieu. "À 6h du matin, j'ai couru pieds nus dans Paris, sous la flotte autour de la tour Montparnasse. Faut faire attention aux déchets, mais au point où j'en suis, même un bout de verre ne rentre plus dans mes pieds !".

Loury Lag (de son vrai nom Lagardère) vit souvent pieds nus. "Il y a une vraie sensation de liberté, ça fait partie de mon +lifestyle+. J'ai fait beaucoup de mes premières aventures pieds nus, cette connexion à la nature est extrêmement importante".

D'un gabarit athlétique (1,73m pour 77 kg), il a poussé son rapport à la nature à l'extrême en participant au jeu de télé-réalité "Retour à l'instinct primaire", en 2018 en Afrique du Sud. Le concept : un homme et une femme qui ne se connaissent pas sont lâchés dans un endroit hostile et sauvage, où ils doivent survivre et tenir le plus longtemps possible, sans aide et complètement nus.

"Je suis dur au mal", a rappelé celui qui a connu la prison quand il avait 20 ans.

Loury Lag (droite) avec son ami Matthieu Bellanger à Alta, en Norvège, le 14 janvier 2020, lors de leur préparation à une expédition transatlantique.
Photo : AFP/VNA/CVN

Son but dans l'enfer du Sahara est de "continuer à avancer". Pour cela, il n'hésitera pas à utiliser des moyens radicaux : "c'est rustique mais, dans ma pharmacie, j'ai de la super glue et des straps pour coller les plaies et arriver jusqu'au camp. Ça fonctionne, c'est efficace", a assuré celui qui organise des stages de survie en Guyane.

Défi à risques 

Pour l'un des podologues de l'épreuve, le challenge n'est pas sans danger. "Ses pieds doivent être bien cornés, mais clairement c'est à risques", explique Nicolas Dassonville.

"Sur certains passages, il y a des pierres coupantes, on peut s'esquinter les pieds en tapant dessus. Et la fatigue s'accumulant, on finit forcément par buter sur quelque chose et dans son cas, le pied est directement exposé. Le sable peut être aussi très chaud, ça peut brûler les pieds", détaille le podologue, sans oublier de mentionner insectes et reptiles.

"Je suis préparé à ça, à la chaleur, au terrain rocailleux. Je me suis déjà fait piquer par un scorpion au bras et à la main, j'ai eu une paralysie des membres pendant plus de 48 heures", répond Loury Lag, pour qui ce défi s'inscrit dans un projet de grande envergure en 2023/2024.

"Une grosse partie de ce projet est pieds nus, c'est 12 à 17 mois sans s'arrêter, incluant un tour du monde, trois continents, trois océans, six déserts", glisse-t-il.

Ce ne sont donc pas 250 km qui vont l'impressionner !

AFP/VNA/CVN
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