26/08/2017 09:54
Le Conseil national des salaires soumettra prochainement au gouvernement la proposition de majorer de 6,5% le salaire minimum des travailleurs dans les entreprises à compter de 2018. Avis des employés, employeurs, responsables et experts face à ce rajustement.
>>Rajustement du salaire minimum pour améliorer la vie des travailleurs
>>Le rajustement du salaire minimum et ses impacts

Grille du salaire minimum en fonction des régions (des plus développées aux moins développées). Graphique : Truong Trân/CVN

«Une lente feuille de route de revalorisation salariale»

Mai Duc Chinh, vice-président de la Confédération générale du travail du Vietnam (CGTV)


D’après un sondage de la CGTV réalisé auprès des travailleurs dans 17 villes et provinces, plus de 51% d’entre eux ont un revenu suffisant pour couvrir leurs dépenses courantes, plus de 20% doivent dépenser frugalement et 12% ont déclaré que leurs revenus sont insuffisants pour vivre. Seulement 16% ont affirmé pouvoir épargner.

Je suis insatisfait de ce taux de majoration. Lorsque la proposition de 13,3% du CGTV a été déclinée, je m’attendais à une hausse de 7,3%, comme l’année précédente. Selon le calcul de la CGTV, si l’on applique une feuille de route de revalorisation des salaires aussi lente que celle actuelle, il faudra attendre jusqu’en 2020 pour que le SMIC puisse permettre aux travailleurs d’avoir un niveau de vie décent.

«Inquiétude à propos de la hausse de l’Indice des prix à la consommation»

Nguyên Hà Phuong, maçon dans l’arrondissement de Tây Hô, à Hanoï


La majoration du salaire minimum est une bonne nouvelle, mais les ouvriers comme nous sommes très préoccupés par la hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC), un phénomène très souvent observé après chaque majoration salariale. En outre, nous sommes inquiets de la possibilité de voir l’entreprise faire des manœuvres pour chercher à réduire les primes qu’elle doit verser au travailleur pour compenser cette majoration du salaire minimum. Voilà pourquoi j’aimerais que les organismes de gestion de l’État mettent en place un mécanisme de suivi spécifique sur l’entreprise pour éviter toutes manœuvres de ce type et que le travailleur puisse bénéficier vraiment de cette majoration.

«Cette majoration placerait les entreprises dans l’embarras»

Hoàng Quang Phong, vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI)


Cette majoration placera de nombreuses entreprises dans l’embarras. Avant la réunion du Conseil national des salaires, les entreprises ont recommandé ne pas majorer le SMIC cette année. En effet, bien que la situation économique soit meilleure, les entreprises sont encore confrontées à de nombreuses difficultés relatives à la recherche de débouchés, au commerce, etc., comme l’a montré un récent sondage de la VCCI. Cette majoration dépasse la capacité de paiement des entreprises. L’augmentation en continu du salaire minimum en l’espace de cinq ans, de 2013 à 2017, a eu des impacts sur les coûts de production de l’entreprise.

Avec la majoration du salaire minimum pour l’an prochain, les ouvriers dans les entreprises souhaitent améliorer leur niveau de vie.
Photo : Hoàng Hùng/VNA/CVN

«Une majoration tous les deux ou trois ans»

Nguyên Hoài Nam, secrétaire général adjoint de l’Association de transformation et d’exporta-tion des produits aquatiques du Vietnam (VASEP)


La majoration du SMIC des travailleurs dans les entreprises est une question importante qui influence grandement l’activité de production et la compétitivité des entreprises vietnamiennes, en particulier dans le contexte actuel où le pays est confronté à des difficultés économiques. La VASEP a proposé de ne pas majorer le salaire minimum cette année et d’appliquer une nouvelle majoration tous les deux ou trois ans au lieu de chaque année. 

«La productivité du travail, une référence nécessaire»

Ngô Tri Long, économiste


La majoration du SMIC est nécessaire pour assurer le niveau de vie des travailleurs. Néanmoins, la décision du taux de majoration ne doit pas se baser uniquement sur le calcul de l’IPC. Il doit se baser aussi sur la productivité du travail.  

«Harmoniser les intérêts des parties»

Doan Mâu Diêp, vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, président du Conseil national des salaires.


Après plusieurs réunions avec les représentants du patronat et des travailleurs, la proposition de majoration de 6,5% du SMIC a été acceptée. C’est le résultat des votes du Conseil national des salaires. Auparavant, bon nombre d’entreprises - notamment celles à capital étranger - ont recommandé de ne pas majorer le salaire minimum cette année. La CGTV a proposé une majoration de 13,3% alors que la VCCI est opposé à toute revalorisation. Néanmoins, nous devons harmoniser les intérêts des parties pour que cette majoration permette à l’État de garantir la stabilité de l’emploi, à l’entreprise de tenir bon et au travailleur de couvrir ses dépenses quotidiennes essentielles. 

La majoration de 6,5% permettra de compenser la hausse annuelle de l’IPC et d’améliorer la vie des travailleurs. Désormais, il pourra couvrir 92-96% des dépenses vitales des travailleurs. Cependant, le décalage entre le salaire minimum et le niveau de vie minimum reste toujours une question commune des pays du monde entier. Car comme vous le savez, même dans plusieurs pays développés, il ne parvient pas à satisfaire le niveau de vie minimal.

Linh Thao/CVN
 
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