17/11/2019 17:22
Certains revendiquent haut et fort leur amitié avec lui. D'autres évoquent une filiation idéologique. D'autres encore prennent leurs distances avec son bilan pour mieux se démarquer. Barack Obama, lui, reste silencieux. Ou presque.
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L'ancien président Barack Obama s'exprime depuis le festival "Bits & Pretzels" à Munich, le 29 septembre 2019. Photo : AFP/VNA/CVN

L'ancien président démocrate de 58 ans, qui a quitté le pouvoir il y a près de trois ans, armé d'une popularité au zénith, observe à distance la primaire démocrate qui doit désigner l'homme ou la femme qui affrontera Donald Trump le 3 novembre 2020.

Au-delà de ses orientations politiques sur la santé, l'immigration ou l'éducation, nombre de prétendants à la Maison Blanche font régulièrement référence à son style, une certaine classe dans l'exercice du pouvoir qui contraste avec l'attitude du milliardaire républicain qui lui a succédé.

À moins de trois mois du premier vote dans l'Iowa, la course démocrate est extraordinairement indécise. Le prochain débat prévu mercredi 13 novembre à Atlanta rassemblera dix candidats. Qui marquera des points ? Joe Biden ? Elizabeth Warren ? Pete Buttigieg ? Bernie Sanders ? Kamala Harris ?

Impossible à prédire. Et la liste de ceux qui rêvent de s'installer dans le Bureau ovale n'est pas close. Le milliardaire Michael Bloomberg laisse - une nouvelle fois - flotter l'idée d'une candidature. Et Deval Patrick s'est jeté à l'eau cette semaine.

L'entrée en lice tardive de ce proche de Barack Obama, qui fut l'un des premiers gouverneurs noirs des Etats-Unis, a ravivé les spéculations: l'ex-président aurait des doutes sur les chances des candidats déjà en course de l'emporter face à Donald Trump.

"Mon ami Barack" 

Les interrogations portent en particulier sur Joe Biden, affublé du surnom de "Joe l'endormi" par Donald Trump, qui est l'un des favoris mais suscite des doutes récurrents sur sa capacité à aller au bout.

Sur les estrades de campagne, il ne rate jamais une occasion de souligner sa proximité avec son "ami Barack" dont il fut le vice-président pendant huit ans.

En vieux routier de la politique, il avait souligné lors du lancement de la campagne qu'il avait demandé à ce dernier de ne pas lui apporter son soutien... même si à aucun moment l'ancien président n'a publiquement évoqué la possibilité de le faire.

"Le président Obama n'a pas l'intention de s'impliquer dans la primaire à ce stade, il préfère laisser les candidats présenter leurs arguments directement aux électeurs", a indiqué cette semaine à l'AFP une source proche de l'ancien locataire de la Maison Blanche.

Mais le 44e président de l'histoire a, sans surprise, son idée sur la façon d'aborder le scrutin du 3 novembre 2020 pour s'assurer que la présidence Trump se limite à un mandat que le 46e locataire de la Maison Blanche soit un démocrate.

Par petites touches, il se positionne. Lors d'une intervention vendredi soir 15 novembre devant des donateurs démocrates réunis à Washington, il a distillé sa vision de la bataille électorale à venir, se disant convaincu qu'elle se gagnerait au centre.

"Candidat aguerri"

Les principaux candidats à la primaire démocrate, le 15 octobre 2019, lors d'un débat à Westerville, dans l'Ohio. Photo : AFP/VNA/CVN

S'il a insisté sur la nécessité d'avancer des idées nouvelles dans la réduction des inégalités par exemple, il a lancé une mise en garde très claire contre la tentation d'un brusque coup de barre à gauche.

"Même si nous cherchons à aller toujours plus loin et à proposer une vision audacieuse, nous devons aussi nous ancrer dans la réalité", a-t-il avancé.

"L'Américain moyen ne pense pas que nous devons détruire complètement le système et tout recommencer", a-t-il ajouté, soulignant que les États-Unis n'étaient pas un pays "révolutionnaire" et appelant à ne pas avoir comme seules boussoles les "comptes Twitter marqués à gauche".

Il n'a bien sûr, nommé personne, mais les noms des sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders, qui plaident pour une "révolution politique", étaient présents dans tous les esprits.

Face aux nombreux démocrates qui redoutent que cette primaire - avec sa myriade de candidats et sans favori clair - ne soit contre-productive face à un président-candidat déjà en ordre de bataille, Barack Obama s'est voulu rassurant.

"Pour ceux qui s'inquiètent d'une primaire trop robuste, je veux seulement vous rappeler que je suis passé par là", a-t-il lancé, évoquant sa campagne de 2008, par moment acrimonieuse, face à Hillary Clinton.

"Je suis convaincu qu'à la fin du processus nous aurons un candidat aguerri".
 
AFP/VNA/CVN
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