02/03/2019 11:15
L’an passé, la Banque d’État du Vietnam a maintenu le taux d’inflation à moins de 4% et fait la promotion d’une politique monétaire et financière flexible. Expériences à poursuivre en 2019.
>>La banque centrale contre le crédit illégal
>>La croissance des crédits en 2018, la plus faible depuis quatre ans
>>Le traitement des créances douteuses s’accélère

En 2018, pour la 5e année consécutive, l’inflation s’est maintenue au-dessous de 4%. Le taux de change est resté stable et le marché de devises étrangères a efficacement fonctionné, les réserves affichant un record de 60 milliards de dollars. L’an dernier, la valeur totale des crédits a dépassé 140% du Produit intérieur brut (PIB). Pour cette raison, la Banque d’État du Vietnam (BEV) a décidé de maintenir la croissance du crédit à 14% cette année, niveau similaire à 2018.

La majoration des capitaux propres pèse lourdement sur les banques en 2019, surtout dans la perspective de l’application des réglementations de Bâle II début 2020. 
Photo: Trân Viêt/VNA/CVN

Politique monétaire et financière flexible

“En 2018, les crédits ont été consacrés aux domaines prioritaires”, a expliqué Hà Thu Giang, directrice adjointe du Département du crédit des secteurs économiques de la BEV. Ainsi, le crédit agricole a augmenté de 15,5%, représentant près de 24% du solde créditeur de l’économie; ceux destinés aux petites et moyennes entreprises (PME), de 13,5%, soit 18% de l’encours total. Les crédits accordés au secteur des exportations se sont accrus de 3,5%; à l’industrie auxiliaire, de 17%; aux entreprises appli-quant des hautes technologies, d’environ 0,3%. “Face aux évolutions imprévues de l’économie mondiale en 2019, la BEV continue d’appliquer une gouvernance flexible des politiques monétaires au service de la croissance économique”, a assuré sa sous-gouverneur Nguyên Thi Hông.

Conformément à la Résolution N°1 de 2019, du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, la BEV se penche sur l’amélioration de la qualité du crédit et le contrôle de son octroi aux secteurs exposés aux risques. Elle encourage toujours les prêts en faveur des filières et projets prioritaires que sont la restructuration agricole, le développement de l’aquaculture, l’industrie auxiliaire, les entreprises d’export, les hautes technologies et les PME. La BEV a attiré l’attention des banques de la nécessité de limiter les crédits aux projets relatifs à l’immobilier, aux ouvrages de communication, au marché boursier et à la consommation. “La banque centrale continue de contrôler étroitement les crédits accordés aux projets immobiliers et de voirie réalisés par conventions BOT (Bâtir -Opérer - Transférer) et BT (Bâtir -Transférer), ainsi qu’aux grands comptes pour les prêts à moyen ou long termes”, a affirmé Nguyên Thi Hông. En particulier, elle resserre l’octroi des crédits en devises, et prévoit d’y mettre totalement fin à l’avenir, dans une optique de lutte contre la dollarisation de l’économie nationale.
En 2019, la BEV continue de mettre en œuvre le projet de restructuration des établissements de crédit avec l’accent mis sur le règlement des créances douteuses et la consolidation du système de crédit.

Le secteur bancaire devrait appliquer des mesures de gestion flexibles dans le but de maintenir l’inflation au-dessous de 4%, de stabiliser la macroéconomie, le marché monétaire et de devises, ainsi que d’assister la croissance économique. Concrètement, il s’agit de ramener le taux de créances douteuses à moins de 2% et celui de risques de créances douteuses à moins de 5%. De plus, le secteur devrait se doter d’un système de paiements sécurisé, efficace et novateur, qui repose sur l’utilisation de nouvelles méthodes et technologies de règlement. En outre, il importe de renforcer la réforme administrative pour réduire les dépenses en la matière et faciliter les transactions bancaires en faveur des clients, en vue d’une économie saine et performante.

Grande pression pour les banques


“L’an 2019 s’annonce très difficile pour le secteur bancaire”, a estimé l’expert banco-financier Nguyên Trí Hiêu. D’après lui, la plus grande pression réside en l’augmentation des fonds propres.

Selon la Commission nationale de surveillance financière (NFSC), d’ici 2020, les banques devraient multiplier leurs capi-taux propres par 1,8 ou 2 par rapport au niveau actuel pour répondre aux normes Bâle II visant à assurer leur solidité financière.  Les normes Bâle II  (le second accord de Bâle) constituent un dispositif prudentiel en vue d’une meilleure appréhension des risques bancaires, principalement des crédits dangereux. Elles sont destinées à garantir un niveau minimum de capitaux propres des banques afin qu’elles soient en mesure de faire face aux risques liés à leurs activités, en particulier ceux de crédits impayés - figurant au bilan - et  ceux que représentent les contreparties résultant notamment des engagements pris sur les marchés financiers, figurant également sur le bilan, mais aussi et surtout les activités hors-bilan concernant les produits dérivés. Le but final est d’éloigner le danger d’une crise systémique comme celle de 2008. En 2018, le rythme d’augmen-tation des fonds des institutions de crédit (4,6%) a été plus lent que celui de la valeur de leurs biens (9,3%). La majoration des capitaux propres pèse donc lourdement sur les banques en 2019, surtout dans la perspective d’application des réglementations de Bâle II début 2020.

Fin 2017, plusieurs banques ont augmenté leurs capitaux propres. Cependant, selon les statistiques de la NFSC, le taux de solidité financière du système bancaire national n’a été que de 11,1%, contre 11,6% observé l’année précédente. En outre, 9 des 118 institutions de crédit ont accusé un capital social négatif. Ainsi, la hausse de ces fonds est une inquiétude permanente pour les banques.  Il y a quatre ans, la BEV a sélectionné dix banques commerciales pour mettre à l’essai les normes Bâle II, et fixer le délai de 2020 pour que les banques s’y conforment: ACB, BIDV, Maritime Bank, MB, Sacombank, Techcombank, VIB, Vietcombank, Vietinbank, VPBank. Cela faisait partie du plan de la banque centrale de restructuration du système national des établissements de crédit, la gestion relâchée des risques demeurant l’une des principales causes de l’augmentation des créances irrécouvrables.      
   
Thê Linh/CVN
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