21/09/2020 09:50
Près d'un million d'habitants de la région de Madrid se préparaient dimanche 20 septembre à l'entrée en vigueur lundi 21 septembre de strictes limitations à leur liberté de mouvement, destinées à freiner la deuxième vague de l'épidémie de COVID-19.
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Des policiers bloquent une rue à Madrid durant une manifestation contre les nouvelles restrictions anti-coronavirus, le 20 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Annoncées vendredi 18 septembre, ces mesures entreront en vigueur lundi  21 septembre pour deux semaines.

Les habitants des zones concernées, 850.000 personnes représentant 13% de la population régionale, ne pourront sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, aller chez le médecin ou amener leurs enfants à l'école. Ils pourront, en revanche, se déplacer librement au sein de ce quartier.

De la même manière, l'entrée dans ces zones, sauf pour ces raisons de première nécessité, sera interdite. Les autorités régionales recommandent aux habitants "de rester chez eux la majorité du temps", tout en assurant qu'il ne s'agit pas d'un strict confinement à domicile comme au printemps.

Dans ces quartiers ou communes de banlieue, situés en particulier dans le sud défavorisé de la capitale, les parcs seront fermés, alors que les magasins, ainsi que les bars et restaurants, devront limiter leur capacité d'accueil à 50%.

Par ailleurs, le nombre de personnes pouvant se réunir sera ramené de 10 à six dans l'ensemble de la région.

Les habitants devront présenter un document écrit pour justifier leur déplacement et des "contrôles aléatoires" seront réalisés par la police municipale, avec l'appui ponctuel de la police nationale et de la Guardia Civil, ont annoncé dimanche 20 septembre les autorités régionales lors d'une conférence de presse.

Dans le quartier de Carabanchel à Madrid, le 20 septembre, lors d'une manifestation contre les nouvelles restrictions anti-coronavirus imposées à seulement certains quartiers de la ville. Photo : AFP/VNA/CVN 

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre ces nouvelles mesures à la mi-journée dans les quartiers concernés et devant le parlement régional, à l'appel d'organisations d'extrême-gauche notamment. "Non au confinement de classe", "Ils détruisent notre quartier et maintenant ils nous enferment", pouvait-on lire sur les pancartes.

"Les centres de santé travaillent depuis des années avec un effectif minimum, ils n'ont pas assez de médecins et d'infirmières (...) et cette crise a encore aggravé la situation", regrettait Victoria, une fonctionnaire de 63 ans.

"On a l'impression qu'on se moque de nous : nous pourrons continuer à aller travailler dans d'autres zones qui ne sont pas confinées au risque d'augmenter la transmission, et nous pourrons aussi nous infecter à l'intérieur de notre zone", a dénoncé Bethania Perez, infirmière de 31 ans.

La présidente conservatrice de la région, Isabel Diaz Ayuso, très critiquée pour sa gestion de la crise, doit rencontrer lundi le Premier ministre Pedro Sanchez, signe de la préoccupation du gouvernement central alors que la gestion de la santé publique revient en principe aux régions.

"Nous voyons des données qui nous inquiètent car le nombre de nouveaux cas (à Madrid) représente le double de la moyenne nationale, et le nombre d'hospitalisations le triple" de la moyenne, a expliqué le dirigeant socialiste samedi soir lors d'une interview télévisée. Toutefois, "je n'envisage pas un confinement du pays", a-t-il assuré.

AFP/VNA/CVN
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