19/12/2018 22:41
Madagascar a commencé mercredi 19 décembre à voter pour le second tour d'une élection présidentielle au fort goût de règlement de comptes personnel entre deux de ses anciens chefs de l'État, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, déterminés à retrouver le pouvoir.

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Les opérations de vote dans un bureau de la capitale malgache Antananarivo le 19 décembre. Photo: AFP/VNA/CVN


Dès 06h00 du matin (03h00 GMT), les premiers des quelque 10 millions d'électeurs inscrits ont accompli leur devoir civique dans la capitale Antananarivo.


"Mon choix est déjà fait mais je le garde pour moi", a déclaré à l'AFP une mère au foyer de 45 ans, Monique Norosoa, en glissant son bulletin dans l'urne dans le quartier de Ampadrana.

Les quelque 25.000 bureaux de vote du pays doivent rester ouverts jusqu'à 17h00 locales (14h00 GMT). Le scrutin se déroule dans un climat inquiet. La rivalité féroce qui oppose les deux finalistes fait redouter de vives tensions post-électorales dans un pays habitué des crises politiques depuis son indépendance en 1960.

Lors du deuxième débat télévisé d'entre deux tours dimanche derier, Marc Ravalomanana a mis en garde contre le risque de fraude. "Il y a de fausses cartes d'identité et de fausses cartes d'électeurs qui circulent en ce moment", a-t-il affirmé, "si le ministère de l'Intérieur ne fait rien, il va y avoir de sérieux problèmes".

"Ca ne va pas si, dès maintenant, nous nous mettons à contester les résultats d'une élection qui n'a pas encore eu lieu", lui a rétorqué, sûr de lui, Andry Rajoelina.


Rancunes

Lors du premier tour du 7 novembre, M. Rajoelina, un ancien disc-jockey de 44 ans, a pris un léger avantage en recueillant 39,23% des suffrages. Riche patron d'un groupe laitier, M. Ravalomanana, 69 ans, l'a suivi de près avec 35,35% des voix.

Le président sortant Hery Rajaonarimampianina a été sèchement remercié avec 8,82% des voix. Débarrassés de leurs concurrents, les deux hommes ont laissé ces dernières semaines libre cours à leur rancunes personnelles, nombreuses. Élu chef de l'État en 2002, M. Ravalomanana a été contraint à la démission sept ans plus tard par une vague de violentes manifestations ourdies par M. Rajoelina. Maire de la capitale Antananarivo, ce dernier avait alors été installé par l'armée à la tête du pays.

Les deux rivaux avaient été privés de candidature à l'élection de 2013, dans le cadre d'un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale. À longueur de discours, Marc Ravalomanana a dénoncé le "coup d'État" mené par son successeur et vanté sa propre expérience. "Je ne travaille pas pour moi ou pour m'enrichir", a-t-il lancé, "je ferai tout pour faire de Madagascar un pays développé".

Andry Rajoelina a riposté en qualifiant son adversaire de "vieillard" et en lui conseillant de "prendre sa retraite pour aller traire ses vaches". "Je serai un président du petit peuple qui protège les pauvres", a-t-il assuré.

Ces derniers jours, les deux prétendants ont quadrillé le pays dans leurs hélicoptères pour consolider leurs bastions et rallier les abstentionnistes, de loin le premier parti de la Grande île avec 45,7% au premier tour.


AFP/VNA/CVN

 

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