23/12/2020 08:58
Emmanuel Macron s'inquiète, dans un entretien à L'Express publié mardi 22 décembre, de la "crise d'autorité" qui touche la politique mais aussi la science à l'occasion de l'épidémie de COVID-19, et qui selon lui "conduit au complotisme", en défendant par ailleurs "l'intuition" de Nicolas Sarkozy lorsqu'il avait lancé un débat sur l'identité nationale.
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Le président Emmanuel Macron en visioconférence, le 17 décembre à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Toutes les sociétés contemporaines vivent cette espèce d'horizontalisation de la société, de la contestation de toute forme d'autorité, y compris de l'autorité académique et scientifique", déclare le chef de l'État dans ce long entretien qui s'est déroulé jeudi 17 décembre en visioconférence alors qu'il venait de s'isoler à La Lanterne, à Versailles, après avoir été déclaré positif au COVID-19.

"Les conséquences psychologiques et sociales sont terribles car on finit par ne plus croire en rien", ajoute-t-il, en décrivant "le cercle vicieux : un nivellement, qui crée du scepticisme, engendre de l'obscurantisme et qui, au contraire du doute cartésien fondement de la construction rationnelle et de la vérité, conduit au complotisme".

Or, face au "grand défi" que représente la crise sanitaire actuelle, "il y a la science", avance-t-il, en déclarant son "admiration" pour "ce que les scientifiques ont accompli" car "jamais dans l'histoire de l'humanité nous n'avions assisté à l'apparition d'un virus et, moins d'un an plus tard, à la découverte d'un vaccin".

Citant les crises survenues depuis le début du quinquennat, dont celle des "gilets jaunes", Emmanuel Macron indique que, "pour répondre à la défiance, il faut (...) mêler l'action, la cohérence et l'explication. Voilà la ligne que je me fixe".

Longuement interrogé sur les valeurs républicaines, Emmanuel Macron estime que "l'intuition" de Nicolas Sarkozy "était bonne" lorsqu'il a lancé "il y a dix ans" un débat sur "l'identité française" même si cette formule était, selon lui, "sujette à trop de polémiques".

Il rend par ailleurs hommage à François Mitterrand et sa "grande intuition" qui était de tenter de "dépasser" le "doute existentiel" de la France "par le rêve européen". Car l'Europe est "un formidable outil de reprise de contrôle de notre destin économique, technologique, militaire, culturel".

Le chef de l'État affirme la nécessité de "miser sur l'intégration", qui permet à "chacun de pouvoir vivre entre plusieurs horizons culturels".

"Quand vous parlez l'arabe à la maison, que votre famille vient des rives du fleuve Congo, que vous possédez une histoire qui ne se noue pas entre l'Indre et la Bretagne, vous avez une singularité qui importe et il faut pouvoir la reconnaître", estime-t-il, en soulignant "la richesse des diasporas".

"Nous devons pouvoir être pleinement français et cultiver une autre appartenance. C'est un enrichissement et pas une soustraction", selon lui.

De nouveau interrogé sur la polémique qu'il avait déclenchée en 2018 en qualifiant Philippe Pétain de "grand soldat" pendant la Première Guerre mondiale, Emmanuel Macron regrette que, "à cause de la société de l'indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l'Histoire et on simplifie tout".

"Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l'esprit de défaite et de l'antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu'il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire", ajoute-t-il à L'Express, qui doit publier mercredi 23 décembre la seconde partie de l'entretien.

AFP/VNA/CVN
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