03/04/2019 09:03
Le président français Emmanuel Macron affirme, dans un entretien à Corse-Matin, qu'il se rend jeudi 4 avril en Corse "disponible et volontaire" pour débattre avec les élus insulaires malgré un regain de tension et de grogne dans les rangs nationalistes.
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Emmanuel Macron lors d'un grand débat à Beaupréau-en-Mauges, le 28 mars.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce le président Emmanuel Macron dans cet entretien au ton conciliant. Il est attendu jeudi 4 avril pour la dernière étape du tour de France qu'il a engagé dans le cadre du grand débat, avec une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano, un village de l'intérieur.

Mais le président autonomiste du conseil exécutif corse Gilles Simeoni a annoncé qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à cette rencontre, dénonçant "un blocage politique" avec Paris. Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a lui aussi annoncé son absence tandis que des appels à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ont été lancés pour jeudi 4 avril entre 12h00 et 18h00.

Au cours du débat, Emmanuel Macron entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.

Sa visite intervient dans un contexte de craintes d'une reprise des violences après la découverte lundi 1er avril de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars.

Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'État souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée". "Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession: le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale.

Le chef de l'État a réaffirmé qu'il soutenait le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi 1er avril entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.
 
AFP/VNA/CVN
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