16/10/2019 08:38
Après un dîner dimanche 13 octobre à l'Élysée, Emmanuel Macron et Angela Merkel se retrouvent mercredi 16 octobre à Toulouse avec l'idée de faire bloc avant un sommet européen très chargé, du Brexit à la Syrie.
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>>Après Macron, Merkel prône à son tour la création d'une armée européenne

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel à l'Élysée le 13 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président et la chancelière sont attendus dans la ville rose en compagnie d'une bonne partie de leur gouvernement pour le premier Conseil des ministres franco-allemand de l'année.

Toulouse a été choisi pour montrer que "la relation franco-allemande n'est pas uniquement transfrontalière mais irrigue tout le territoire", explique l'Élysée.

La capitale de l'Occitanie abrite en outre le siège d'Airbus, "symbole européen", dont Angela Merkel et Emmanuel Macron visiteront la chaîne d'assemblage des avions A350.

La coopération industrielle sera l'un des sujets abordés par la vingtaine de ministres français et allemands présents à Toulouse, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Économie.

Ils discuteront aussi du climat et de la défense avec l'espoir de lever les blocages qui freinent les programmes de coopération sur les futurs avions de combat et les chars.

Ils essaieront aussi d'élaborer des règles communes sur les exportations d'armes, une des pommes de discorde entre Paris et Berlin. Le couple franco-allemand "est souvent mis à l'épreuve" mais, à la fin des fins, il "avance toujours sur les sujets essentiels", affirme l'Élysée.

En indiquant que cette relation repose, pour Paris, sur trois piliers : "ne jamais cacher les désaccords", reconnaître qu'il "n'y a aucune alternative en Europe" et "ne pas s'enfermer dans une relation exclusive, en travaillant avec d'autres".

Pour Angela Merkel, les deux pays entretiennent "une profonde amitié" mais leurs relations "doivent maintenant être encore approfondies". "Par exemple, en parvenant à un accord avant chaque Conseil européen sur des positions communes", a-t-elle indiqué samedi 12 octobre.

Le drapeau européen et l'Union Jack flottent à Bruxelles le 11 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur le Brexit, qui sera au menu du sommet de Bruxelles, Paris et Berlin espèrent tous deux qu'un accord puisse être enfin entériné cette semaine. Saluant un "élan positif", Paris a cependant prévenu qu'il n'était pas question de le négocier durant le sommet.

"Instabilité" 

Car les 27 veulent surtout ouvrir une nouvelle page de l'Europe avec l'arrivée de la Commission présidée par l'Allemande Ursula Von der Leyen, cinq mois après les élections européennes.

Or celle-ci vit une naissance délicate qui devrait l'empêcher d'entrer en fonction le 1er novembre comme prévu, mais plutôt quelques semaines plus tard. Le temps de trouver des remplaçants aux trois candidats à la Commission candidats - de la France, de la Hongrie et de la Roumanie - rejetés par le Parlement européen.

L'Élysée a indiqué qu'Emmanuel Macron ne proposera de nouveau candidat pour remplacer Sylvie Goulard qu'après le sommet européen. Avec, comme "préalable", de tenter de résoudre "l'instabilité politique" au Parlement européen liée aux "tensions entre familles politiques".

Des voix françaises ont mis en cause le rôle joué par des élus allemands du Parti Populaire européen (PPE), le principal groupe au Parlement européen, dans l'échec de Mme Goulard, recalée pour des raisons éthiques.

D'ici jeudi 17 octobre, les Européens veulent afficher leur unité contre l'offensive menée par la Turquie contre les Kurdes dans le Nord de la Syrie. Les 28 ont condamné lundi 14 octobre Ankara et Londres s'est rallié mardi 15 octobre à un embargo sur les ventes d'armes à la Turquie. Mais l'UE n'a pas décidé de sanctions contre Ankara.

Pour la France, ce conflit justifie ses efforts pour créer une défense européenne autonome. Il oblige l'UE à "un sursaut", a déclaré mardi 15 octobre le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian, en soulignant "l'impérieuse nécessité" de l'Europe à gagner son "autonomie" et sa "souveraineté", au risque, sinon, de "sortir de l'Histoire".

A Toulouse, la préfecture a interdit les manifestations dans le centre de la ville et aux abords des installations d'Airbus. Cette mesure n'affecte pas le rassemblement syndical prévu en fin de matinée à la limite de la zone rouge. La CGT, la FSU et l'Union des étudiant.e.s de Haute-Garonne entendent "crier haut et fort et en masse à Macron et Merkel" leur demande de "la fin de l'austérité et de la violence sociale" en Europe.

AFP/VNA/CVN
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