11/11/2018 16:26
Emmanuel Macron et Angela Merkel ont célébré côte à côte samedi 10 novembre le centenaire de l'armistice de 1918 et la réconciliation franco-allemande, à la veille d'une grande cérémonie qui rassemblera près de 70 dignitaires du monde entier à Paris.

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La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, lors de la cérémonie commémorant le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, le 10 novembre 2018, à Rethondes, en France.
Photo: AFP/VNA/CVN 


Dans la clairière de Rethondes, au nord de Paris, cernée d'arbres aux couleurs d'automne, le président français et la chancelière allemande ont dévoilé une plaque sur le site de la signature de l'armistice mettant fin aux combats de la Grande Guerre, saignée pour l'Europe et le monde avec 18 millions de morts.

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À l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, et Madame Angela Merkel, chancelière de la République fédérale d'Allemagne, ont réaffirmé ici la valeur de la réconciliation franco-allemande au service de l'Europe et de la paix", est-il inscrit sur la petite plaque.

La mine solennelle, les deux dirigeants ont passé en revue des militaires de la brigade franco-allemande et déposé une gerbe avant de visiter la reconstitution du célèbre wagon restaurant où l'armistice fut signée.

"Incitation à l'action" 

 

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron déposent une gerbe à Rethondes, en France, le 10 novembre 2018 dans le cadre des commémorations du centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale.
Photo: AFP/VNA/CVN 


La portée symbolique était particulièrement forte: c'est la première fois depuis l'après-guerre que le président français et le chef du gouvernement allemand se rencontraient dans ce mémorial.

Ils ont ensuite discuté avec des jeunes, que M. Macron a appelés à "ne rien céder aux passions tristes, aux tentations de la division", martelant ce message politique en faveur de plus de coopération dans une Europe où les électeurs se tournent de plus en plus vers des courants hostiles à l'intégration européenne.

"Cette journée n'est pas seulement une journée du souvenir mais une incitation à l'action (...) pour faire tout le possible pour rétablir l'ordre dans le monde de facon pacifique", a confié à la presse Angela Merkel, après la cérémonie.

Ce message de coopération internationale, cette volonté d'une gouvernance multilatérale, Emmanuel Macron le réaffirmera certainement dimanche matin 11 novembre lors d'une grande cérémonie à l'Arc de Triomphe, et l'après-midi lors d'un Forum sur la paix, devant les dizaines de chefs d'
État et de gouvernements conviés.

Arrivé dès vendredi soir 9 novembre à Paris, l'impétueux président américain Donald Trump, adepte au contraire d'une approche diplomatique faite de pression et de négociation directe, ne participera pas aux débats de dimanche après-midi 11 novembre, à l'esprit largement divergent du sien.

Il a rencontré samedi 10 novembre en début de matinée le président Macron, l'occasion d'une mise au point entre les deux hommes sur le dossier sensible de la défense européenne.


À peine arrivé à Paris, le président américain avait lancé un tweet accusateur. "Le président Macron vient de suggérer que l'Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les États-Unis, la Chine et la Russie", avait-il écrit. "Très insultant mais peut-être que l'Europe devrait d'abord payer sa part à l'OTAN que les États-Unis subventionnent largement!".

Samedi matin 10 novembre, l'
Élysée a assuré qu'il y avait une "confusion" dans l'interprétation des propos de M. Macron. 

"Nous sommes devenus très bons amis au fil des ans", a ensuite assuré Donald Trump. Mais son visage était fermé et l'atmosphère de la rencontre loin des démonstrations passées de complicité.


"Nous devons mieux partager le fardeau au sein de l'OTAN", a lancé M. Macron dès les début de l'entretien à l'Élysée, une musique douce aux oreilles du locataire de la Maison Blanche qui ne cesse de dire que les pays européens ne payent pas assez, alors qu'une grande partie de l'Europe s'abrite sous le bouclier américain depuis l'après-guerre.
 

AFP/VNA/CVN 
 

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