03/12/2018 08:14
Emmanuel Macron, sous les huées de plusieurs "gilets jaunes", est allé constater les dégâts dimanche 2 décembre à Paris au lendemain des scènes de guérilla urbaine, avant de présider une réunion d’urgence à l’Élysée pour tenter de répondre à ce qui est devenu une crise politique majeure.
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Emmanuel Macron aux côtés de Laurent Nuñez (gauche), Christophe Castaner (1er, droite) et du préfet de police Michel Delpuech (2e, droite) à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN

Tout juste revenu du sommet du G20 à Buenos Aires, le chef de l’État s’est d’abord rendu à l’Arc de Triomphe, place de l’Étoile, théâtre de violences et de dégradations samedi 1er décembre. Accompagné du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et du secrétaire d’État Laurent Nuñez, il s’est rendu au pied de la tombe du soldat inconnu, avant d’entrer à l’intérieur du monument, en partie saccagé.

Il a ensuite rendu hommage aux forces de l’ordre et rencontré des commerçants sur l’avenue Kleber, vandalisée samedi 1er décembre. Parfois applaudi, le président a aussi essuyé les huées d’une foule de plus en plus nombreuse. "Macron démission", ont scandé à plusieurs reprises des "gilets jaunes".

Samedi soir 1er décembre, alors que des voitures brûlaient en plein Paris, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il "n’accepterait jamais la violence" qui n’a "rien à voir avec l’expression d’une colère légitime", celle des "gilets jaunes" protestant contre la hausse des carburants et la baisse du pouvoir d’achat.

Revenu à l’Élysée, le chef de l’État a présidé pendant environ une heure et demie une réunion de crise avec le Premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’État Laurent Nuñez ainsi que le ministre d’État chargé de la Transition écologique François de Rugy.

"Il est de notre devoir de répondre" à la colère, a affirmé la ministre des Transports Elisabeth Borne dimanche 2 décembre au Sénat,

Un peu plus tôt, la commission des lois du Sénat a annoncé qu’elle entendra "les explications" mardi 4 décembre de Christophe Castaner et de Laurent Nuñez sur les violences de samedi, au cours desquelles 263 personnes ont été blessées en France.

"Le gouvernement n’a pas le droit à un troisième samedi noir", a mis en garde le président du Sénat Gérard Larcher, alors que plusieurs appels ont été lancés sur Facebook pour manifester à nouveau samedi prochain 8 décembre à Paris.

Des professionnels de l’hôtellerie, du tourisme et du commerce ont appelé le gouvernement à rétablir un "climat favorable à l’activité économique".

Au total, à Paris, 412 personnes ont été interpellées et 378 placées en garde à vue, selon un bilan dimanche 2 décembre de la préfecture de police qui chiffre à 133 le nombre de personnes blessées dans la capitale.

Véhicules incendiés et vitrines brisées au lendemain de la manifestation des gilets jaunes à Paris, le 2 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Une réunion de crise présidée par la maire de Paris Anne Hidalgo avait lieu dimanche 2 décembre. "Lorsque nous aurons le coût de ces dégradations, je crois que tout le monde sera surpris tant elles sont immenses", a-t-elle déclaré en demandant à être reçue par M. Castaner.

Des incidents ont également eu lieu en province en marge d’une mobilisation qui a rassemblé samedi 136.000 manifestants en France selon l’Intérieur, contre 166.000 le 24 novembre.

À Arles (Bouches-du-Rhône), un automobiliste est décédé dans la nuit de samedi 1er à dimanche 2 décembre après avoir percuté un poids lourd à l’arrêt en raison d’un bouchon provoqué par un barrage des "gilets jaunes. Ce troisième décès s’ajoute à celui d’une manifestante tuée le 17 novembre en Savoie après avoir été percutée par une conductrice prise de panique et à celui d’un motard tué après une collision avec une camionnette deux jours plus tard dans la Drôme.

Dimanche 2 décembre, la zone de péage autoroutier de Narbonne sud et un peloton autoroutier de la gendarmerie ont été incendiés.

Dans l’immédiat, la réponse de l’exécutif a d’abord été celle de la fermeté. "Les coupables de ces violences (...) veulent le chaos. Ils seront identifiés et tenus responsables de leurs actes devant la justice", a insisté Emmanuel Macron.

Benjamin Griveaux et Christophe Castaner n’ont pas écarté la possibilité d’instaurer l’état d’urgence, réclamé par des syndicats de police.

Mais l’opposition et une partie des "gilets jaunes", mouvement protéiforme sans structure ni leader désigné, réclament d’abord un geste fort au gouvernement, à commencer par un moratoire ou un gel de la hausse des taxes sur les carburants.

À droite, le président des Républicains Laurent Wauquiez a demandé de "rendre la parole aux Français" et réitéré son appel à un référendum sur la politique écologique et fiscale d’Emmanuel Macron.
 
Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) ont plaidé de concert dimanche pour une dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation de nouvelles élections législatives.
 
AFP/VNA/CVN
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