03/04/2021 08:30
Le COVID-19 impose sa loi et pour y faire face, chaque pays adopte des mesures qu’il pense être efficaces pour faire barrière à cette pandémie qui ne cesse de causer tristesse et désolation dans les familles à travers le monde.
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Le pilote britannique, 91e patient du COVID-19, le malade le plus touché au Vietnam, a quitté l’hôpital le 11 juillet 2020 après une guérison spectaculaire suite à 115 jours de traitement.
Photo : VNA/CVN

L’épineux problème face à ce genre de crise pandémique ne se situe pas que sur la qualité du système de santé, mais beaucoup plus sur les décisions stratégiques par rapport aux méthodes adéquates pour endiguer le mal. C’est pourquoi le cas du Vietnam face à la lutte contre le COVID-19 est exceptionnel. Prenons l’exemple de la guérison au COVID-19 du pilote britannique appelé "patient No91", qui est devenu le symbole de la réussite du Vietnam dans ce combat.

Il s’agit d’un patient dont l’état était grave, désespéré, et proche de la mort, dont la capacité pulmonaire était réduite à 10%. Mais après d’intenses soins et 115 jours de traitement, il est sorti de l’hôpital le 11 juillet 2020, tiré d’affaire et confirmant ainsi ce que disait déjà le journal Globe and mail du Canada dans un article du 27 mai 2020 qualifiant le succès du Vietnam dans le combat contre le COVID-19 comme d’"unique et exemplaire".

Promptitude dans la réaction dès les premiers signaux
    
À peine une semaine après le premier cas de coronavirus, le 23 janvier 2020, la frontière avec la Chine a été fermée, les écoles également n’ont pas rouvert après les vacances du Têt. Le Vietnam a bloqué la commune de Son Lôi située au nord de Hanoï, à proximité de l’aéroport international de Nôi Bài, où vivent plus d’une dizaine de milliers de personnes. Dès le début du mois de mars, toute personne entrant au Vietnam était placée en quatorzaine jusqu’à la fermeture totale des frontières quelques jours après. Pendant ce temps, d’autres pays dans le monde notamment la France, le Cameroun et même l’Ukraine étaient à la traîne et se préparaient à mettre en place quelques jours ou mois plus tard des mesures strictes tardives, tout en constatant une vitesse exponentielle de contamination et les premiers cas de décès.

Le Vietnam a mis en place un système de dénomination des différents niveaux de liens avec les cas infectés du coronavirus. Ainsi, nous avions des F0 pour les personnes testées positives, ensuite une liste des personnes ayant été en contact avec F0 était établie, appelées F1. Celles-ci étaient mises immédiatement en quatorzaine dans des centres prévus à cet effet et devaient systématiquement elles aussi prévenir les personnes avec lesquelles elles avaient été en contact. Ces dernières étaient appelées F2 et devaient respecter des mesures strictes de distanciation sociale. Elles étaient également tenues de se confiner chez elles pour une durée de quatorze jours.

Le processus est tel que si F1 est testé positif, il devient F0 et ainsi de suite. Cette méthode a permis de faire le moins de tests possibles et de ne cibler que les personnes revenant des zones épidémiques. Il faut aussi ajouter à cela les roulements du personnel de santé dans les dortoirs universitaires pour effectuer des tests. Quelques mesures de base s’y additionnent comme : la distanciation sociale de 3 m, le port obligatoire du masque, la fermeture de tous les espaces publics (boîtes de nuit, bar, snack, zones touristiques à forte attractivité). Seuls certains supermarchés sont restés ouverts pour le ravitaillement en produits de première nécessité.

Mesures sur le plan économique et socio-politique

La réussite de la gestion de la crise du COVID-19 a aussi un aspect politique. Il faut démontrer qu’en plus de la crise sanitaire maîtrisée, l’impact de la pandémie est aussi maîtrisable sur le plan économique et social car les différentes mesures prises ne sont pas sans conséquences.

Remise de dons à des étudiants internationaux au Vietnam pendant la période de distanciation sociale.
Photo : IFI/CVN

Le Vietnam qui a enregistré une progression spectaculaire ces 30 dernières années, notamment dans la réduction de la pauvreté (58,1% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 1993 contre 9,87% en 2016, un chiffre encore en nette progression en 2019), a su trouver des solutions en optant entre autres pour des mesures de report de taxes et de charges, en apportant des aides financières et une protection sociale aux plus démunis, et en proposant des accords pour des crédits à taux référentiels.

Pour Fabrice Richy, directeur de l’AFD au Vietnam, "il est essentiel que le pays conserve ses acquis en matière de réduction de la pauvreté et de lutte contre le changement climatique. Le Vietnam est l’un des seuls pays à avoir atteint les objectifs du millénaire définis par les Nations unies et est en bonne voie dans l’atteinte des objectifs de développement durable. Afin de soutenir ces efforts, nous sommes actuellement en discussions avec le gouvernement vietnamien pour mettre au point un appui budgétaire exceptionnel".

À tout cela s’ajoutent les distributions de produits alimentaires de première nécessité, de vitamines et de masques ainsi que la gratuité de certains produits. L’Institut francophone international (IFI) offre également un grand soutien sous forme de dons et diverses aides aux étudiants internationaux qui éprouvent presque tous des difficultés en cette période de crise sanitaire, loin de leur famille.

Quelques questions très importantes s’imposent à la réflexion : quel est exactement le traitement officiel ou encore "la potion magique" du Vietnam nonobstant toutes les mesures strictes et méthodes mises sur pied pour guérir tous ses malades ? Que deviendra le monde après la crise du COVID-19 ? Ces questions feront l’objet d’autres recherches.

Yannick Kwefeu/CVN
(Prix du Candidat impressionnant du Concours "Jeunes Reporters Francophones 2020") 

 

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