11/10/2018 11:46
Avec des vents d'une violence inouïe, provoquant d'importantes destructions, l'ouragan Michael, qui a frappé de plein fouet le nord-ouest de la Floride faisant au moins une victime, poursuivait mercredi soir 10 octobre sa course dévastatrice en Géorgie voisine.
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Un magasin endommagé par l'ouragan à Panama City en Floride, le 10 octobre. 
Photo: AFP/VNA/CVN

Les responsables du comté de Gadsden en Floride, à plusieurs kilomètres des côtes, ont signalé à l'AFP "un mort lié à l'ouragan", la première victime de ce cyclone. Si l'ouragan a baissé en intensité, rétrogradé en catégorie 1 --sur une échelle de 5-- à 20h00 mercredi soir 10 octobre (00h00 GMT), il charriait toujours des vents très forts, à 150km/h, en passant sur le Sud-Ouest de la Géorgie selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC).

À Panama City, sur le littoral de Floride, un mur d'eau et des vents puissants se sont déchaînés sur cette station balnéaire pendant presque trois heures, dispersant des débris partout, selon un reporter de l'AFP.

Quand l'ouragan s'est fracassé sur cet État avec des pointes à 250 km/h vers 17h30 GMT mercredi 10 octobre, cette ville de quelque 35.000 habitants a été l'un des premiers endroits touchés par ces vents les plus rapides à s'abattre sur les États-Unis continentaux depuis l'ouragan Andrew en 1992.

Des pans de bâtiments en brique se sont effondrés et des arbres ont été arrachés. Normalement plantés le long des routes, ils jonchaient désormais le sol, bloquant les rues et arrachant les lignes électriques, a observé un journaliste de l'AFP.

La ville de Panama City en Floride a été violemment touchée par les vents de l'ouragan Michael, le 10 octobre. Photo: AFP/VNA/CVN

"On a bien entendu le bruit effrayant des vents, comme un gros monstre à la télévision", a témoigné à l'AFP Loren Beltran, depuis cette ville balnéaire où elle avait trouvé refuge dans la maison de son compagnon. L'hôtel des envoyés spéciaux de l'AFP a été légèrement endommagé par les rafales de vent.

"Ouragan monstrueux"

Des images postées sur les réseaux sociaux montraient une partie de Mexico Beach, à une trentaine de kilomètres, sous plusieurs mètres d'eau avec des maisons immergées jusqu'au toit, parfois partiellement arraché. Des photos des habitants de villes environnantes montraient des bâtiments éventrés ou réduits à un tas de planches entremêlées, tel un jeu de mikado.

"La nation entière et le monde ont vu cet ouragan monstrueux dévaster notre côte du golfe et Panhandle", a déclaré le gouverneur de la Floride Rick Scott au cours d'une conférence de presse en fin d'après-midi. "Je me rendrai très très rapidement en Floride", a déclaré Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie mercredi soir 10 octobre. "Je leur souhaite le meilleur", a indiqué le président américain.

Le Centre national des ouragans (NHC) a précisé que des vents "dévastateurs" dans certaines parties de la Floride et de la Géorgie étaient toujours en cours. Et le National Hurricane Center de signaler des inondations provoquées par le cyclone sur le littoral.

Milliers de foyers sans courant

Selon les services d'urgence de Floride, à 20h45 GMT, quelque 192.000 foyers n'avaient plus de courant. Les météorologues avaient prévenu du caractère "potentiellement catastrophique" de Michael, avec de dangereuses inondations, notamment côtières (jusqu'à 4,30 mètres au-dessus du niveau de marée haute), et de fortes précipitations (jusqu'à 300 mm).

Des dizaines de refuges ont été ouverts pour accueillir les milliers d'habitants ayant fui avant l'arrivée de l'ouragan, attendant parfois simplement allongés sur le sol.

Vitrines brisées, dégâts matériels importants, la ville de Panama City en Floride a été sévèrement touchée par le passage de l'ouragan Michael, le 10 octobre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Tallahassee, capitale de la Floride dont l'aéroport a été fermé mercredi 10 octobre, s'est transformée en ville fantôme. La situation est "apocalyptique et étrange", avec la plupart des magasins fermés, racontait Caitlin Staniec, 28 ans. 

Le gouverneur Rick Scott s'était dit mercredi matin 10 octobre très "inquiet" pour les personnes ayant décidé de ne pas évacuer. Quelque 375.000 personnes, dans plus de vingt comtés de Floride, avaient reçu l'ordre ou avaient été incitées à évacuer, selon les médias. Mais certains ont néanmoins décidé de braver la tempête.

Image satellite de l'ouragan Michael au dessus du Golfe du Mexique le 10 octobre à 16h45 GMT. Photo: AFP/VNA/CVN

Les autorités avaient insisté toute la matinée qu'il était désormais trop tard pour s'éloigner des côtes. Le gouverneur conseillant aux récalcitrants de ne pas sortir: "Ne vous retrouvez pas au milieu de tout cela. Vous n'y survivrez pas. C'est meurtrier".

Jamais dans l'histoire météorologique enregistrée un ouragan n'avait frappé les États-Unis continentaux au mois d'octobre à une telle vitesse, explique à l'AFP Philip Klotzbach, météorologue spécialiste des ouragans à la Colorado State University. Le mois d'octobre correspond à la fin de la saison des ouragans, qui dure de juin à novembre. Michael se déplaçait rapidement, à 28km/h vers le Nord-Est. Les météorologues prévoient une arrivée dans le Centre de la Géorgie jeudi matin 11 octobre, avant qu'il ne s'éloigne en direction de l'Atlantique vendredi matin 12 octobre.

Donald Trump avait approuvé mardi 9 octobre l'état d'urgence dans 35 comtés de Floride, permettant le déblocage de moyens matériels supplémentaires. Les responsables des États voisins d'Alabama et de Géorgie ont aussi déclaré l'état de catastrophe. La Caroline du Nord, touchée mi-septembre par l'ouragan Florence qui a tué une quarantaine de personnes et causé des milliards de dollars de dégâts, a également été placée en alerte. La Floride avait été déjà durement touchée par l'ouragan Irma il y a un an.

AFP/VNA/CVN

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