20/02/2018 21:19
Les pays de l'ONU, à l'exception des États-Unis, lancent mardi 20 février une négociation de longue haleine pour aboutir à la signature en décembre au Maroc d'un Pacte mondial sur les migrations non contraignant, un sujet considéré comme un défi majeur pour la planète.

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L'ONU lance une vaste négociation sur un Pacte mondial sur les migrations.
Photo : AFP/VNA/CVN


Six rounds de négociations à New York, un par mois, sont prévus jusqu'en juillet. L'objectif est d'aboutir à un accord qui sera ensuite formellement entériné les 10 et 11 décembre lors d'un sommet au Maroc, selon des diplomates.
 

L'objectif est d'"accroître la coopération sur les migrations internationales dans toutes leurs dimensions", souligne le projet de texte de 25 pages de cet "Accord mondial pour des migrations sécurisées, ordonnées et légitimes".
 

Le projet, qui n'est pas sans rappeler l'Accord de Paris sur le climat, préserve "la souveraineté des États" tout en reconnaissant "qu'aucune nation ne peut affronter seule le phénomène migratoire".
 

"Il est crucial que la migration internationale nous unisse plutôt qu'elle nous divise", insiste aussi le projet de texte.
 

Les États-Unis, qui ont des relations très tendues notamment avec le Mexique voisin sur cette question migratoire, ont annoncé fin 2017 se retirer de l'élaboration de ce Pacte en raison de dispositions contraires à la nouvelle politique d'immigration du président Donald Trump.
 

"La porte reste ouverte", souligne-t-on de sources diplomatiques, assurant que l'absence américaine ne constitue pas un obstacle à l'obtention d'un accord. La Hongrie, un temps tentée de suivre l'exemple américain, aurait renoncé, selon les mêmes sources.
 

Le projet d'accord parle de "compréhension mutuelle" du phénomène migratoire et de la nécessité qu'il suscite des "responsabilités partagées" et "une unité de vues".

"Pour certains pays, la question est très sensible" et "la négociation va être très complexe", prédit un diplomate.
 

Acte d'espoir
 

Le texte détaille 22 mesures concrètes comme collecter des données, fournir des papiers d'identité aux migrants qui en sont dépourvus, accorder un soin particulier aux femmes et aux enfants, fournir aux migrants un accès aux services sociaux ou empêcher toute discrimination.
 

Dans un rapport en lien avec ce projet de Pacte et rendu public début janvier, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a souligné que les États membres de l'ONU devaient se préparer à gérer de larges mouvements de migrants.
 

Au-delà des mouvements de population provoqués par des conflits, plusieurs experts estiment que d'autres migrations massives vont être provoquées par le réchauffement de la planète.
 

"Il y a un besoin urgent pour les États membres de développer une stratégie pour gérer de larges mouvements de migrants", a fait valoir le secrétaire général de l'ONU dans son document.
 

Sans citer les États-Unis, il avait, en présentant son rapport, mis en garde "les autorités qui érigent des obstacles majeurs à la migration - ou imposent de sévères restrictions sur les opportunités de travail des migrants".
 

Cela entraîne "des dommages économiques inutiles" et "encourage involontairement la migration illégale", avait-il estimé.
 

À la différence de la question des réfugiés, "il n'y a pas de capacité centralisée à l'ONU pour gérer les migrations" et l'approche onusienne reste "fragmentée" à ce sujet, avait aussi relevé M. Guterres.
 

Le secrétaire général a aussi appelé à développer auprès des populations dans le monde une perception "positive" des migrations afin de lutter contre la xénophobie et les discriminations.
 

"Les migrations doivent être un acte d'espoir et non de désespoir", a-t-il souligné devant l'Assemblée générale de l'ONU.
 

Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 258 millions, soit 3,4% de la population mondiale.


AFP/VNA/CVN

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