13/03/2021 15:18
L'OMS a homologué vendredi 12 mars le vaccin à dose unique contre le COVID-19 de Johnson & Johnson, déjà autorisé aux États-Unis qui, avec ceux de Moderna et Pfizer/BioNTech, ont injecté plus de 100 millions de doses, soit environ 30% du nombre total de piqûres effectuées dans le monde.
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Un membre du personnel médical dans une unité COVID-19 à l'hôpital Bolognini de Seriate, Bergame (Italie) le 12 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Ce seuil symbolique a ainsi finalement été dépassé en moitié moins de temps que prévu. Les États-Unis et leurs quelque 330 millions d'habitants mènent leur campagne de vaccination tambour battant, en injectant actuellement environ 2,2 millions de doses par jour. Quasiment 20% de la population américaine a reçu au moins une dose, selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) et Washington a autorisé vendredi 12 mars étudiants en médecine, dentistes, vétérinaires, ou encore retraités de ces professions, à injecter les vaccins.

Après le feu vert de l'OMS, le vaccin de Johnson & Johnson pourra désormais être distribué via le système onusien Covax à destination des pays défavorisés. Outre le fait d'être injecté en dose unique, il présente aussi l'avantage de pouvoir être conservé dans un réfrigérateur classique. L'agence onusienne avait déjà autorisé le vaccin de Pfizer-BioNTech, ainsi que deux versions de celui d'Astrazeneca-Oxford, qui connaît actuellement des déconvenues dans plusieurs pays.

Mais l'OMS s'est voulue rassurante vendredi 12 mars, jugeant qu'il "n'y a pas de raison de ne pas utiliser" le vaccin d'AstraZeneca, alors que "les avantages (...) continuent de l'emporter sur ses risques". Sur fond de craintes liées à la formation de caillots de sang, le Danemark, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie ont pourtant décidé de suspendre son utilisation tandis que la Thaïlande a retardé le lancement de sa campagne de vaccination, prévue vendredi 12 mars.

"Aucune preuve de risque"

En début de semaine, l'Autriche avait cessé d'administrer un lot de ces vaccins après le décès d'une infirmière de 49 ans à la suite de "graves troubles de la coagulation" quelques jours après avoir été vaccinée. L'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg ont dans la foulée cessé d'utiliser ce lot d'un million de doses. L'Italie a suspendu l'utilisation d'un autre lot du vaccin d'AstraZeneca.

Informations essentielles concernant le vaccin AstraZeneca.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le laboratoire anglo-suédois a affirmé en retour qu'il n'y avait "aucune preuve de risque aggravé" de caillot sanguin entraîné par son vaccin. L'Agence européenne des médicaments a elle aussi assuré que le risque de caillot sanguin n'était pas plus élevé chez les personnes vaccinées et estimé que le vaccin pouvait continuer à être utilisé. Mais le régulateur européen a toutefois recommandé vendredi l'ajout d'allergies sévères dans la liste des effets secondaires possibles de ce vaccin.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique qui a commencé début mars les vaccinations avec l'AstraZeneca, a fait savoir qu'il ne comptait pas suspendre sa campagne. Et le Brésil, où la situation est très préoccupante, selon le directeur général de l'OMS - le pays a battu cette semaine un nouveau record de morts du COVID-19 en 24 heures (2.286) - a justement donné vendredi son autorisation au vaccin d'AstraZeneca. La France, où le nombre de morts dus au COVID a dépassé vendredi 12 mars 90.000, a elle aussi jugé qu'y avait pour l'instant "pas lieu de suspendre" les injections.

Reconfinement en Italie

Dans plusieurs pays, les autorités sanitaires s'inquiètent de l'arrivée d'une troisième vague, comme en Allemagne, en Grèce et surtout en Italie, pays qui va reconfiner une grande partie de sa population à partir de lundi 15 mars. "Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagion", a déploré le Premier ministre Mario Draghi dont le gouvernement a adopté vendredi 12 mars plusieurs mesures de restriction qui courront du 15 mars au 6 avril.

Les régions classées en zone rouge (plus de 250 nouveaux cas par semaine), devront fermer écoles, bars et restaurants et les déplacements y seront limités. Et toute la péninsule sera classée en "rouge" pour le week-end de Pâques, les 3, 4 et 5 avril. L'Italie, qui a passé cette semaine la barre des 100.000 morts dus à la pandémie de COVID-19, enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, liés en grande partie au variant britannique.

Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, au 12 mars à 11h00 GMT. Photo : AFP/VNA/CVN

Si le pays a lancé son plan de vaccination énergiquement fin décembre, les livraisons se sont depuis considérablement ralenties et seules 1,8 million de personnes - sur une population de 60 millions - avaient reçu vendredi deux doses de vaccin. Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a de son côté prévenu vendredi 12 mars que les premières doses du vaccin Johnson & Johnson (J&J) seraient livrées "au plus tôt" à partir de la mi-avril.

Selon la base de données de l’AFP, dans l'ensemble de l'Union européenne, 7,2% de la population a reçu au moins une dose de vaccin et 3,2% deux doses. S'inquiétant de "plusieurs points chauds", la Commission européenne étendra jusqu'à fin juin son mécanisme de contrôle des exportations de vaccins, imposé depuis fin janvier. Les dirigeants des États-Unis, du Japon, de l'Australie et de l'Inde se sont par ailleurs engagés à produire un milliard de doses de vaccin contre le COVID-19 en Inde d'ici fin 2022.

La situation s'améliore aussi en Israël, pays le plus en avance dans la vaccination (hors micro-États) avec 59% de sa population ayant reçu au moins une dose. Les autorités ont annoncé vendredi un assouplissement des restrictions aux frontières terrestres avec la Jordanie et l'Égypte, fermées depuis fin janvier. Le Gabon a reçu un don de 100.000 doses du vaccin développé par la firme chinoise Sinopharm.

Au moins 336,31 millions de doses de vaccins anti-COVID ont été administrées dans le monde, selon un comptage réalisé par l'AFP vendredi 12 mars. Qualifié de pandémie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis un an, le COVID-19 a causé plus de 2,6 millions de morts dans le monde, selon le bilan établi par l'AFP.

AFP/VNA/CVN



 

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