09/02/2021 11:45
Les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont examiné lundi 8 février le vaccin anti-COVID-19 d'AstraZeneca, dont l'efficacité est désormais en question pour les plus âgés et contre le variant sud-africain du virus, l'Afrique du Sud allant même jusqu'à suspendre sa campagne d'immunisation.
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Un infirmier injecte le vaccin Moderna dans le centre de vaccination de la garde nationale à Porto Rico à San Juan, le 8 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le vaccin AstraZeneca/Oxford, que le Royaume-Uni a été le premier à administrer massivement à sa population dès décembre, a déjà été approuvé par plusieurs autres pays et par l'Union européenne. Mais certains gouvernements ont préféré le recommander uniquement pour les moins de 65 ans voire 55 ans, faute de données suffisantes sur son efficacité pour les plus âgés.

Dimanche 7 février, l'Afrique du Sud a suspendu le démarrage de son programme de vaccination, qui devait avoir lieu dans les prochains jours avec un million de vaccins AstraZeneca, après une étude révélant une efficacité "limitée" contre le variant local du virus.

Selon les premiers résultats de cette étude, ce vaccin est efficace à seulement 22% contre les formes modérées du variant sud-africain. Aucun résultat n'est encore disponible sur son efficacité contre les formes graves.

"Il est beaucoup trop tôt pour rejeter ce vaccin", qui est "une partie importante de la réponse mondiale à la pandémie actuelle", a toutefois assuré Richard Hatchett, qui dirige le CEPI, la branche recherche du mécanisme Covax, mis en place par l'OMS pour tenter de garantir une distribution équitable des moyens de lutte contre le COVID-19.

"Il est absolument crucial d'utiliser les outils que nous avons aussi efficacement que possible", a-t-il insisté lors de la conférence de presse à Genève.

Moins probant, moins coûteux 


"Nous pensons que notre vaccin protégera quand même contre les formes graves de la maladie", a affirmé pour sa part un porte-parole d'AstraZeneca.

Avec une efficacité moyenne pour l'heure de 70%, le vaccin d'AstraZeneca/Oxford est moins probant pour l'instant que ceux de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, dont l'efficacité dépasse les 90%. Mais ce vaccin utilise une technologie plus traditionnelle, ce qui le rend moins coûteux, plus facile à stocker puisqu'il peut être conservé dans des réfrigérateurs et non à très basse température, et donc plus adapté à des campagnes de vaccination massives.

La pandémie de coronavirus a fait plus de 2,31 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP lundi 8 février. Plus de 106 millions de cas ont été diagnostiqués.

Mardi 9 février, l'équipe d'experts de l'OMS dépêchée en Chine depuis 4 semaines pour tenter de découvrir les origines de la pandémie donnera une conférence de presse.

Une malade du COVID-19 est transférée vers un autre hôpital à Santarem, au Brésil, le 7 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Aux États-Unis, le variant du virus identifié initialement au Royaume-Uni se propage rapidement à travers les États-Unis avec un doublement du nombre de cas tous les 10 jours, menaçant de provoquer un nouveau pic épidémique, selon une étude.

Un élu républicain du Congrès américain, Ron Wright, 67 ans, est décédé du Covid-19, devenant le premier membre siégeant au Capitole à succomber au virus.

En Russie, une hausse brutale de la mortalité a été enregistrée en 2020, alimentée par la pandémie, selon les données publiées lundi qui font état de plus de 162.000 décès liés au nouveau coronavirus sur la seule période avril-décembre.

En France, le président Emmanuel Macron a souligné la nécessité d'"accélérer" le lancement de la campagne de vaccination dans les pays émergents.

"Je suis un peu préoccupé" par cet enjeu, a déclaré M. Macron au début d'une entretien en visioconférence le patron de l'OMS. "Clairement, nous devons accélérer l'organisation des campagnes de vaccinations dans les pays pauvres et émergents", particulièrement en Afrique, a-t-il dit.

Certains pays entrevoient toutefois une lueur d'espoir. Israël, qui a déjà vacciné plus de 40% de sa population, a commencé dimanche à sortir de son troisième confinement. Les Israéliens peuvent désormais se déplacer au-delà d'un kilomètre de leur domicile, les commerces "non essentiels", les réserves naturelles et parcs nationaux ont rouvert, tout comme les chambres d'hôtes.

"J'ai informé mes clients que nous reprenions le travail. Les clients vont bientôt arriver et nous espérons que c'est la fin de cette saga", se réjouissait dimanche Eli Aroas, un barbier de 58 ans à Jérusalem.

En Jordanie, des centaines de milliers d'élèves ont repris dimanche 7 février le chemin de l'école, après un an de fermeture, à la faveur d'une accalmie de l'épidémie.

Accord Israël - Grèce sur les touristes vaccinés

L'Autriche aussi assouplit lundi 8 février son confinement, avec la réouverture des écoles, musées et magasins. Les écoles primaires rouvrent également au Danemark, où 300.000 élèves sont retournés en classe, et aux Pays-Bas, où la neige et des températures glaciales retardent cependant la levée des restrictions.

Au Québec, ce sont les musées et les commerces "non essentiels" qui peuvent accueillir à nouveau le public.

Israël et la Grèce ont par ailleurs conclu lundi 8 février un accord touristique permettant à leurs citoyens respectifs ayant été vaccinés de voyager sans restriction dans ces deux pays.

"Nous devons faciliter les voyages de ceux qui présentent une preuve de vaccination et c'est ce que nous comptons faire avec Israël (...) qui est loin devant en terme de vaccination", a indiqué le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, lors d'une déclaration commune avec son homologue israélien Benjamin Netanyahu.

AFP/VNA/CVN
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