24/08/2017 16:04
Plusieurs nouveaux jeunes auteurs sont en train de s’affirmer auprès des lecteurs. Et pour répondre aux attentes du public, ils doivent rester attentif pour produire des œuvres littéraires de qualité. Même si ces dernières ne sont pas toujours exemptes de tout reproche à ce niveau-là.
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Le livre Yêu một người khó lắm (L’amour est si compliqué) de l’auteur Hamlet Trương.
En se promenant dans les grandes librairies de Hô Chi Minh-Ville, les rayons consacrés à la littérature vietnamienne sont faciles à trouver. Et les noms d’Iris Cao, Gào, Anh Khang, Phan Y Yên ou Hamlet Truong sont mis bien en évidence.

La plupart de ces romans proposent un langage simple et adapté aux jeunes avec des histoires de la vie réelle, des évènements de la vie scolaire ou universitaire.

Des écrivains érigés au rang de star

Ces auteurs sont devenus rapidement des phénomènes littéraires grâce aussi aux réseaux sociaux tout comme les animateurs, les scénaristes ou autres chanteurs.

Le livre qui fait fureur actuellement est Buồn làm sao buông (Comment laisser tomber quand on est triste) de l’auteur Anh Khang. Il a été publié en 2014 et à ce jour, plus de 70 000 exemplaires ont été vendus. Ce livre est devenu un phénomène, un «guide» pour les jeunes face aux problèmes sentimentaux. 

Les jeunes auteurs ont plus d’avantages et de façons d’approcher leurs lecteurs. Ils exploitent un contenu profond et très proche de la vie émotionnelle et de l’esprit de la jeunesse d’aujourd'hui.

L’auteur Hamlet Trương organise régulièrement des discussions sur l’amour tout en lançant ses livres et/ou ses nouvelles chansons. Plus récemment, lors de son concert et de la séance de dédicaces pour son livre Yêu một người khó lắm (L’amour est si compliqué) qui a eu lieu fin juillet dans la province de Binh Duong, il a attiré un vaste public. En quelques heures, son livre a été écoulé à 5.000 exemplaires. Avec la publication régulière de ses photos et ses posts sur Facebook, Hamlet est toujours proche des lecteurs et d’un public très jeune.

Nguyên Dinh Minh Khuê, directrice du Club des jeunes écrivains, a confirmé que les livres des jeunes écrivains attiraient les jeunes lecteurs grâce à leurs histoires simples et quotidiennes sur l’amour, les relations familiales, les amis et beaucoup d’autres émotions complexes auxquelles est confrontée la jeunesse.

Ces auteurs sont plutôt bien accueillis par les critiques littéraires. Ils donnent une impression positive dans l’espace littéraire moderne.

Trân Xuân Tiên, chargé de cours à l’Université Văn Hiên, a partagé : «Les lecteurs connaissent de plus en plus les jeunes écrivains et les admirent comme des vedettes».

Une œuvre littéraire n’est plus basée que sur l’approche textuelle. Maintenant, les lecteurs peuvent rencontrer les écrivains, poser directement des questions sur les personnages, les détails d’un roman qui les intéresse. Par conséquent, la façon de profiter de la littérature sans barrière ni frontière a créé des effets positifs et rapproché auteurs et lecteurs.

Des thèmes trop récurrents

Il y a quand même quelques ombres au tableau. Les critiques littéraires font valoir que la plupart de ces romans parlent d’amour : premier amour…amour brisé !  Certains autres écrivains manquent de créativité ou ne se donnent pas la peine d’explorer et d’incorporer dans leurs écrits des méthodes modernes.

Le livre Buồn làm sao buông (Comment laisser tomber quand on est triste) de l’auteur Anh Khang.
Nguyên Dinh Minh Khuê souligne que dans la littérature actuelle l’ennui, la déception ou la solitude sont des sujets beaucoup trop récurrents. «Si vous écrivez sur l’amour, les blessures émotionnelles, vous devez vous investir davantage dans la construction de l’intrigue et des personnages. Personne n’interdit aux jeunes écrivains de sentir, de parler de leurs propres blessures, mais j’ose penser que la vie à l’extérieur est vaste et complexe, avec des milliers d’autres douleurs qui ont toujours besoin d’être partagées par les jeunes écrivains».

L’auteur Huynh Trong Khang, qui est entré dans le monde de la littérature avec son premier roman Mộ phần tuổi trẻ (Sépulture de la jeunesse), a déclaré que l’écrivain est celui qui crée l’œuvre, mais le grand écrivain est celui qui crée le lecteur.

«Avant votre œuvre, le lecteur n’est peut-être pas apparu, mais après votre œuvre, ce public a été formé. Cette œuvre préparera le terrain à l’œuvre suivante», affirme-t-elle.

Selon Tran Xuan Tiên, les jeunes écrivains doivent être plus conscients de leurs produits grâce aux commentaires des lecteurs et des critiques littéraires. Il ne faut pas tout miser sur le mot «divertissement» et donc relâcher les valeurs fondamentales de la littérature telles que les valeurs esthétiques ou les valeurs de la connaissance...

En outre, de nombreux écrivains ont exprimé des doutes sur la pertinence de se lancer dans la littérature destinée aux enfants et préadolescents. C’est ce que constate Nguyên Quynh Nhu Trân : «À l’heure actuelle, c’est le calme plat concernant la littérature d’enfance. Les écrivains et les lecteurs ne se sont pas encore rencontrés et aucune solution à ce problème de semble émerger».

Le mot de la fin, optimiste, revient à l’écrivain Trân Van Tuân, président de l’Association des écrivains de Hô Chi Minh-Ville «La littérature, c’est de l’émotion et des mots. Les jeunes ont des connaissances littéraires très riches parce qu’ils ont accès à la plupart des cultures des pays que ma génération n’a pas eu la chance de connaître».
 
Texte et photos : Minh Thu/CVN
 
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