13/05/2018 15:02
Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif part samedi 12 mai en tournée à Pékin, Moscou et Bruxelles avec l'objectif de sauver l'accord nucléaire et préserver les intérêts économiques de son pays, après la sortie fracassante des États-Unis de cet accord historique.
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Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.
Photo: AFP/VNA/CVN

La tournée de Zarif commence deux jours après des frappes israéliennes sans précédent en Syrie dans lesquelles au moins 11 combattants iraniens ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), provoquant la crainte d'un conflit plus large entre ces deux parties.

M. Zarif décolle samedi soir 12 mai de Téhéran pour se rendre à Pékin, avant Moscou puis Bruxelles, où il rencontrera notamment ses homologues français, allemand et britannique. À la fin de sa tournée, il aura discuté avec tous les pays restés dans l'accord, ainsi qu'avec la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Vendredi 11 mai, M. Zarif a tweeté un communiqué du gouvernement iranien condamnant "l'administration extrémiste" du président américain Donald Trump pour avoir abandonné "un accord reconnu comme une victoire de la diplomatie par la communauté internationale".

Il a réaffirmé que l'Iran se préparait à reprendre "l'enrichissement industriel" d'uranium "sans aucune restriction", à moins que l'Europe ne fournisse de solides garanties de maintien des relations commerciales avec l'Iran, malgré les sanctions américaines.

Selon des analystes, l'Iran est déterminé à ne pas perdre la face dans les semaines à venir.

À Téhéran, des diplomates européens fulminent après le retrait américain de l'accord nucléaire, soulignant que cela pourrait saper des années de travail méticuleux pour restaurer les liens commerciaux et diplomatiques avec la République islamique.

"Depuis la signature (de l'accord nucléaire en 2015), nous sommes passé d'une atmosphère de ruée vers l'or à une crise dépressive", assure une diplomate occidentale sous le couvert de l'anonymat.

"Nous attendons la réaction des dirigeants de l'Union européenne. Mais si l'UE se montre accommodante avec les États-Unis, alors tous les progrès réalisés depuis 2015 seront perdus", ajoute-t-elle.

Mais la diplomate souligne que beaucoup de problèmes ont commencé bien avant la décision de M. Trump d'abandonner l'accord nucléaire.

"Les décisions du côté iranien ont pris plus de temps que prévu, les banques internationales étaient réticentes à travailler avec l'Iran et la récente baisse de la valeur du rial a rendu les affaires encore plus difficiles", dit-elle.

AFP/VNA/CVN

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