23/09/2018 16:17
Le président Hassan Rohani a promis une réponse "terrible" de l'Iran après un attentat contre un défilé militaire dans le Sud du pays dans lequel au moins 29 personnes, dont des civils, ont été tuées samedi 22 septembre.
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Un homme porte un soldat blessé lors d'une attaque à Ahvaz, dans le Sud-Ouest de l'Iran, le 22 septembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'attaque, dénoncée par Téhéran comme un acte "terroriste", a été perpétrée dans la matinée par un commando armé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d'Arabes. C'est l'une des plus meurtrières qu'ait connu l'Iran en près de huit ans. Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI) via son organe de propagande.

Téhéran a accusé un "régime étranger" soutenu par Washington d'être derrière l'attentat, qui a fait également 57 blessés, dont plusieurs dans un état grave. L'attaque a eu lieu à la veille du départ annoncé de M. Rohani pour New York, où il doit participer à l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

Elle survient dans un climat de tensions très fortes entre l'Iran et les États-Unis, qui s'apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions économiques contre la République islamique.

"La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible", a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel. "Ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes devront en répondre".

"Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz (...) L'Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques", avait accusé plus tôt son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

"10 à 15 minutes"

Le bilan officiel de l'attentat a évolué tout au long de la journée et les autorités n'ont finalement pas fourni un décompte précis permettant de distinguer entre les morts civils et militaires. "Parmi les martyrs, figurent une fillette et un ancien combattant qui a été tué sur sa chaise roulante", a déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole des forces armées iraniennes, sur la télévision d'État. Un autre responsable, civil, a indiqué qu'un journaliste avait été tué.

Selon le général Shekarchi, trois des "terroristes" ont été abattus sur les lieux de l'attaque et le quatrième homme du commando a succombé à ses blessures à l'hôpital. La fusillade a duré "dix à quinze minutes", a déclaré Behrad Ghassemi, photographe local présent sur les lieux du drame.

M. Ghasemi dit avoir vu un des assaillants vêtu d'un uniforme des Gardiens de la Révolution et armé d'un fusil mitrailleur AK-47 avec "trois chargeurs attachés ensemble avec du ruban adhésif". "J'ai vu un enfant de quatre ans et une femme être atteintes par des balles", les assaillants "tiraient sur toute personne qu'ils pouvaient" atteindre, a-t-il ajouté.

Photo de soldats blessés lors d'une attaque à Ahvaz, dans le Sud-Ouest de l'Iran, le 22 septembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Premier chef d’État étranger à réagir à l'attaque, le président russe Vladimir Poutine s'est dit "horrifié" par l'attaque, selon le Kremlin. "Cet évènement nous rappelle la nécessité d'une bataille sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes", a dit M. Poutine.

Le ministère des Affaires étrangères syrien a condamné l'attentat "dans les termes les plus forts". La diplomatie turque a condamné de son côté "une attaque terroriste odieuse".

L'attentat a eu lieu alors que l'Iran marque la Journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre. Les premières attaques en Iran revendiquées par l'EI remontent à un peu plus d'un an.

Un gardien de la Révolution porte un enfant blessé lors d'une attaque à Ahvaz, dans le Sud-Ouest de l'Iran, le 22 septembre. Photo: AFP/VNA/CVN

"Colère contre nos missiles" 

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés. 

L'Iran est dans le collimateur des États-Unis depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a rétabli des sanctions contre Téhéran après avoir retiré en mai son pays de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

AFP/VNA/CVN
 
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