07/08/2018 10:47
Le président iranien Hassan Rohani, isolé et en difficulté, a jugé "insensé" lundi 6 août des négociations avec les États-Unis qui s'apprêtent dans le même temps à rétablir des sanctions susceptibles d'aggraver les difficultés économiques de son pays.

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Le président Hassan Rohani lors d'une interview le 6 août à la télévision iranienne à Téhéran.
Photo: AFP/VNA/CVN

Dans un entretien télévisé à quelques heures du rétablissement de sévères sanctions américaines contre l'Iran, M. Rohani a accusé Washington de "vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne et provoquer des dissensions" parmi les Iraniens.

Il s'agit de la première réaction de M. Rohani aux appels à négocier lancés par le président américain Donald Trump, qui a néanmoins de nouveau averti l'Iran lundi 6 août.

"Le gouvernement iranien est confronté à un choix", a-t-il dit dans un communiqué. "Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l'économie mondiale, soit il continue sur la route de l'isolement économique".

Mais M. Trump a aussi souligné qu'il restait "ouvert" à un "accord plus global qui concernerait l'ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme".

Le rétablissement des sanctions économiques a été décidé après le retrait unilatéral des États-Unis de l'accord historique sur le nucléaire, conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances.

M. Trump critique fortement cet accord alors que les Iraniens le défendent bec et ongles. "Si vous êtes un ennemi et que vous poignardez quelqu'un avec un couteau, et qu'ensuite vous dites que vous voulez des négociations, la première chose à faire c'est d'enlever le couteau", a dit M. Rohani.

Il a précisé que son pays "avait toujours fait bon accueil à des négociations", mais que les États-Unis devaient d'abord prouver leur bonne foi.

 


"Dignes de confiance?"

"Comment peuvent-ils montrer qu'ils sont dignes de confiance? En revenant au JCPOA", a-t-il indiqué, en référence à l'accord nucléaire.

Conclu après des années de difficiles négociations entre l'Iran d'une part, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l'Allemagne et l'Union européenne de l'autre, l'accord vise à garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien en le soumettant à une surveillance draconienne.

En échange, il prévoyait la levée progressive des sanctions qui avaient asphyxié l'économie iranienne et isolé le pays. Dans son dernier rapport en mai, l'Agence internationale de l'énergie atomique avait attesté que l'Iran continuait de respecter ses engagements.

Mais M. Trump, qui a adopté une attitude très hostile envers l'Iran depuis son arrivée au pouvoir, veut "intensifier la pression sur Téhéran pour qu'il change de comportement". Il reproche entre autres à ce pays son soutien au président syrien Bachar al-Assad, aux rebelles au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais.

La première vague de sanctions américaines, qui prend effet mardi 7 août à 04h01 GMT, comprendra des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale. Elle sera suivie, en novembre, de mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la Banque centrale.

Ces sanctions risquent de lourdement peser sur une économie iranienne à la peine, qui souffre d'un taux de chômage élevé et d'une nette inflation. Le rial iranien a plongé, perdant près des deux tiers de sa valeur en six mois.

 

AFP/VNA/CVN


 

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