23/11/2021 09:11
L'Iran a souhaité lundi 22 novembre une réunion "constructive" avec le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et a rejeté les menaces militaires de Washington, à une semaine des pourparlers prévus à Vienne pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien.
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Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi (gauche), rencontre Rafael Grossi, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à Téhéran, le 22 novembre 2021 (photo fournie par l'OIEA).
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous espérons que la visite de Rafael Grossi sera aussi constructive que les précédentes", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saïd Khatibzadeh, à quelques heures de l'arrivée à Téhéran du chef du gendarme onusien du nucléaire.

"Nous avons toujours conseillé à l'AIEA de rester sur la voie de la coopération technique et de ne pas laisser certains pays poursuivre leurs objectifs politiques au nom de l'AIEA", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi est arrivé lundi soir 22 novembre à Téhéran où il a été accueilli par le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, selon l'agence officielle Irna.

Il doit rencontrer mardi le chef de l'OIEA, Mohammad Eslami, et le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian.

Ces entretiens ont lieu une semaine avant la reprise à Vienne des discussions entre l'Iran et les grandes puissances pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien, interrompues depuis l'arrivée au pouvoir en juin du président iranien Ebrahim Raïssi.

L'accord de Vienne, conclu en 2015 entre l'Iran d'une part et les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales étranglant son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Mais les États-Unis ont quitté unilatéralement l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et rétabli leurs sanctions contre Téhéran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil. En retour, l'Iran, qui dément avoir de telles intentions, a progressivement abandonné ses engagements.

L'actuel président américain Joe Biden s'est dit prêt à revenir dans le pacte, à condition que l'Iran renoue parallèlement avec les restrictions à son programme nucléaire.

Le déplacement du chef du gendarme onusien du nucléaire intervient après que l'AIEA a fait état mercredi 17 novembre d'une nette augmentation du stock d'uranium hautement enrichi par Téhéran.

"Faux récit" 


"Si l'Iran continue à ce rythme, le moment viendra où il sera impossible de tirer des bénéfices même en revenant dans l'accord", a jugé vendredi 19 novembre l'émissaire américain Rob Malley, lors d'une conférence sur la sécurité à Bahreïn.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les Etats-Unis de mener une campagne psychologique contre son pays.

"Penser qu'avec ces affirmations, ils (les Américains) peuvent vendre un faux récit à la communauté internationale afin de créer une atmosphère psychologique à l'approche des pourparlers de Vienne ne les aidera pas du tout", a déclaré Saïd Khatibzadeh.

Samedi 20 novembre, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a lui affirmé que toutes les options étaient sur la table, notamment si la diplomatie échouait à encadrer le nucléaire iranien.

Interrogé sur l'éventualité d'une intervention militaire américaine, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes a ironisé: "Nous avons vu toutes leurs options dans un pays comme l'Afghanistan et ils ont vu le résultat de ces options. Je pense qu'ils ne croient pas à ce qu'ils disent".

En août, les États-Unis ont mis fin dans la confusion à 20 ans d'occupation de l'Afghanistan, tandis que les Talibans ont repris le pouvoir à Kaboul.

Saïd Khatibzadeh a assuré que l'Iran irait à Vienne "avec une équipe au complet et une volonté sérieuse de lever les sanctions. Les autres parties devraient également essayer de venir à Vienne pour aboutir à un accord pratique et global".

Les négociations de Vienne impliqueront Téhéran et les autres pays encore parties à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie). Les États-Unis participeront de manière indirecte aux discussions.

La dernière visite de M. Grossi à Téhéran remonte au 12 septembre. Il avait alors seulement rencontré le chef de l'OIEA avec qui il a négocié un accord sur l'entretien des équipements de surveillance du programme nucléaire iranien.

Le 12 novembre il avait regretté l'absence de contacts avec le nouveau gouvernement, espérant pouvoir se rendre à Téhéran avant un Conseil des gouverneurs de l'AIEA qui s'ouvre le 24 novembre.
 
AFP/VNA/CVN

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