24/02/2021 11:40
L'Iran a commencé mardi 23 février à restreindre les inspections de son programme nucléaire par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) faute d'avoir obtenu la levée des sanctions américaines, une décision jugée "dangereuse" par les signataires européens qui tentent de sauver l'accord de 2015.
>>L'Iran dit pouvoir enrichir l'uranium à 60%, restreint les inspections de ses sites
>>Iran et AIEA trouvent un accord "temporaire" pour maintenir une surveillance

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif s'exprime lors d'une conférence de presse à Téhéran le 23 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont appelé, dans un communiqué commun, Téhéran "à revenir en arrière sur toutes les mesures qui réduisent la transparence et à coopérer pleinement avec l'AIEA".

"L'objectif reste de préserver l'accord et de soutenir les efforts diplomatiques en cours pour une solution négociée, qui permette le retour de l'Iran et des États-Unis au plein respect de leurs engagements", ont-ils insisté.

C'est aussi notre but, a souligné le porte-parole du département d'État américain, Ned Price, disant son "inquiétude" face à une puissance iranienne "qui va dans la mauvaise direction".

En riposte au retrait américain de l'accord de 2015, la République islamique s'est affranchie progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu'elle avait accepté d'imposer à son programme nucléaire en échange d'un allègement des rétorsions à son encontre.

"Bandes enregistrées"

Localisation des sites nucléaires, réacteurs et mines d'uranium en Iran.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'Iran a lancé le 4 janvier un processus d'enrichissement de l'uranium à un niveau de 20% dans le cadre d'un Plan d'action stratégique pour contrer les sanctions, approuvé par son Parlement en décembre 2020. En effet, l'administration de l'ex-président américain, Donald Trump, s'est retirée du Plan d'action global commun (Joint Comprehensive Plan of Action - JCPOA) en 2018 et a réactivé des sanctions à l'encontre de l'Iran dans une tentative pour pousser ce dernier à entamer de nouvelles discussions sur le JCPOA et sur le programme de missiles balistique de l'Iran.

Dernière étape de cette escalade, la limitation de certaines inspections de l'AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, est entrée en vigueur ce mardi 23 février.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence officielle Irna, a néanmoins souligné que la coopération de Téhéran avec le gendarme onusien du nucléaire se poursuivrait.

À l'issue d'une visite à Téhéran, le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, avait annoncé dimanche 21 février un accord technique "temporaire" pour maintenir une surveillance, bien que réduite, le temps que les pays parties de l'accord international engagent des pourparlers.

"Les bandes enregistrées sur notre programme nucléaire (...) seront conservées et ne seront pas fournies à l'Agence", a détaillé M. Zarif.

Selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), ces données seront "supprimées à jamais" si les sanctions ne sont pas "complètement levées d'ici trois mois".

'Vivement préoccupée' 

Photo fournie par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique du directeur de l'AIEA, Rafael Grossi (centre), lors d'une réunion à Téhéran, le 21 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

En revanche, si les grandes puissances parviennent à s'entendre, "nous pourrons récupérer toutes les informations" portant sur cette période, a précisé M. Grossi, à l'occasion d'un séminaire en ligne organisé par le groupe de réflexion américain Nuclear Threat Initiative (NTI).

"En d'autres termes, nous saurons exactement ce qui s'est passé, combien de composants ont été fabriqués, combien de matières ont été fabriquées, traitées ou enrichies et ainsi de suite".

"Naturellement, c'est loin d'être une situation idéale (...) mais cela offre du temps pour que les indispensables efforts diplomatiques se déploient dans les prochains jours", a commenté le responsable de l'AIEA.

En ce qui concerne les sites nucléaires déclarés, l'impact des limitations sera "négligeable", a estimé une source diplomatique basée à Vienne.

Conclu à Vienne entre l'Iran et le groupe 5+1 (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, Allemagne), le pacte visait initialement à encadrer le programme nucléaire de la République islamique. 

Le président américain Joe Biden s'est engagé à rejoindre à nouveau cet accord, mais à la condition que Téhéran revienne au préalable au respect des engagements pris.

Dans ce contexte tendu, l'AIEA s'est déclarée "vivement préoccupée" par la possible présence de matière nucléaire sur un site non déclaré, celui du district de Turquzabad à Téhéran, selon un rapport consulté par l'AFP à Vienne.

"Au bout de 18 mois, l'Iran n'a toujours pas fourni les explications nécessaires, entières et techniquement crédibles", écrit-elle.

Téhéran continue par ailleurs à accumuler de l'uranium faiblement enrichi, dont la quantité dépasse désormais de 14 fois la limite autorisée par l'accord.

AFP/VNA/CVVN
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