20/02/2017 08:29
Les forces irakiennes ont reconquis dimanche 19 février quinze villages au début d'une offensive pour reprendre aux jihadistes la partie occidentale de Mossoul, où le sort des 750.000 civils assiégés inquiètent les organisations internationales.
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Des blindés des forces irakiennes se dirigent vers le village de Sheikh Younis, au sud de Mossoul, le 19 février. Photo : AFP/VNA/CVN

L'offensive, qui s'annonce longue et dure, a été lancée à l'aube à partir de plusieurs directions et les villages repris sont situés au sud de la deuxième ville d'Irak, sur le chemin menant à l'aéroport de Mossoul, l'un des principaux objectifs des troupes irakiennes, selon des commandants sur place.

Conquise en juin 2014 par le groupe jihadiste État islamique (EI), Mossoul est le dernier grand fief de cette organisation extrémiste en Irak. C'est à Mossoul que le chef de l'EI Abou Bakr Al-Baghdadi avait fait son unique apparition publique.

Près de la ligne de front, sur les collines arides d'Al-Bousseif, à 5 km à vol d'oiseau de l'aéroport, d'intenses bombardements terrestres et aériens étaient visibles ou entendus.

Le ciel au sud de Mossoul était couvert d'une épaisse fumée noire, alors que les convois de blindés convergeaient vers l'aéroport.

"Nous avons jusqu'à maintenant atteint tous nos objectifs. Nous nous dirigeons vers l'aéroport", a dit le général Abbas al-Joubouri, commandant de la Force d'intervention rapide (FIR), devenue incontournable dans la lutte anti-EI.

"Ils (les jihadistes) sont désespérés", affirme Ali, membre de la FIR, à Al-Bousseif, alors que les hélicoptères survolent le secteur. "Ils (les jihadistes) vont essayer de causer le plus de pertes possibles car ils savent qu'ils vont mourir de toute façon", dit son camarade Alaa.

Dates clés et données sur la bataille de Mossoul, où les forces irakiennes ont lancé dimanche 19 février l'offensive pour prendre la partie Ouest de la ville, aux mains du groupe État islamique. Photo : AFP/VNA/CVN

C'est lors d'une brève intervention télévisée que le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé le début de l'offensive, 26 jours après la libération totale de la partie orientale de Mossoul, dans le cadre d'une opération de grande envergure lancée le 17 octobre pour chasser l'EI de l'ensemble de la ville septentrionale.

"Ninive, nous venons libérer la partie ouest de Mossoul", a proclamé M. Abadi, en parlant de la province dont Mossoul est le chef-lieu.

« Protégez les enfants »

Les forces irakiennes, formées de soldats, de policiers et de milices loyalistes, sont appuyées dans les airs par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis et au sol par des conseillers militaires notamment américains.

La coalition a annoncé avoir mené samedi 18 février neuf raids sur la région de Mossoul. Plus de la moitié des quelque 9.000 militaires de la coalition déployés en Irak sont américains et certains étaient visibles sur le front dimanche 19 février.

Selon le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, "la coalition intervient en soutien à cette opération", et "les forces américaines jouent le même rôle que pour l'est de Mossoul". "Nous poursuivrons l'accélération de nos efforts pour détruire l'EI".

Des combattants de la milice paramilitaire Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) se préparent à l'offensive, près du village d'Ayn al-Hisan, le 18 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

La violence des combats qui s'annoncent inquiète cependant l'ONU, qui veut établir rapidement de nouveaux camps dans l'éventualité d'un exode, selon Lise Grande, sa coordinatrice humanitaire en Irak.

L'ONG Save The Children a appelé à "tout faire" pour "protéger" les 350.000 enfants dans l'ouest de Mossoul. "Ces enfants doivent choisir entre les bombes, les combats et la faim s'ils restent et les exécutions et les tirs de snipers s'ils tentent de fuir".

Assiégés depuis des semaines, les quelque 750.000 habitants de l'ouest de Mossoul vivent dans des conditions difficiles : pénuries d'eau et d'électricité, manque de nourriture et hausse des prix.

Bataille ardue

Il a fallu plus de trois mois de combats acharnés aux forces irakiennes pour venir à bout des jihadistes à Mossoul-Est.

Carte montrant l'avance des forces irakiennes contre l'EI à Mossoul avec les points clés de la ville et les quartiers repris. Photo : AFP/VNA/CVN
Et la reprise de la partie occidentale plus densément peuplée et aux ruelles étroites, sera plus ardue, surtout que le passage des véhicules militaires y sera difficile.

De plus, les jihadistes y sont mieux implantés et sont infiltrés parmi les civils souvent utilisés comme boucliers humains.

La bataille "risque d'être plus difficile, avec des combats maison par maison, plus sanglants et à plus grande échelle", met en garde Patrick Skinner, du groupe d'analyse Soufan Group Intelligence Consultancy.

"La résistance de l'EI pourrait s'avérer plus importante dans cette zone", indique Emily Anagnostos, du centre de réflexion Institute for the Study of War.

Aucun bilan global des victimes des quatre mois d'offensive n'a été fourni mais les pertes dans les rangs de l'EI seraient importantes, ce qui pourrait priver le groupe des ressources nécessaires pour défendre efficacement Mossoul-Ouest.

Une perte totale de Mossoul serait un échec cinglant pour l'EI qui a perdu beaucoup de terrain ces derniers mois en Irak et en Syrie voisine.

AFP/VNA/CVN





 
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