29/04/2017 07:44
Après 2018, le droit de douane sur le sucre au sein de la Communauté économique de l’ASEAN sera supprimé totalement, ce qui entraînera une forte pression sur l’industrie sucrière vietnamienne. Entretien avec Pham Quôc Doanh, président de l’Association de la canne à sucre du Vietnam.
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Depuis la création de la Communauté économique de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), notre industrie sucrière s’active pour améliorer sa compétitivité, mais fait face à maintes difficultés. Quelle est la situation sur ce point ?

Le pays compte 41 usines de transformation de la canne à sucre qui sont approvisionnées par environ 300.000 hectares de cultures. Elles présentent encore des faiblesses malgré l’augmentation considérable de leur rentabilité. Alors que le pays s’intègre profondément à l’économie régionale et mondiale, le secteur du sucre est devant de grands défis en termes de coûts de production, de prix de vente, de productivité, notamment de rendement des cultures. Parmi ces faiblesses, par exemple, un rendement au Vietnam de 64 tonnes par hectare contre une moyenne mondiale de 70 tonnes, des cultures sporadi-ques, sans mécanisation ni appli-cation de nouvelles technologies, ou encore, un risque constant de manque de main-d’œuvre pour les usines de transformation.

Selon vous, quelles sont les mesures à prendre pour développer durablement le secteur du sucre, plus particulièrement après 2018 ?

La poursuite de la restructuration est une urgence pour ce secteur, notamment en termes de création de vastes zones de culture, la fourniture de plants d’un rendement élevé aux cultivateurs, l’application de nouvelles techniques culturales et la mécanisation de la culture. Mais, comme vous le savez, le plus difficile est le remembrement des cultures pour former de vastes zones de production. C’est un défi pour le secteur du sucre, mais aussi, plus généralement, de toute notre agriculture.

Aujourd’hui, beaucoup d’usines de transformation cherchent à aider les cultivateurs à regrouper leurs parcelles pour former de vastes zones, en vue de mécaniser et pratiquer à grande échelle une agriculture tournée vers les hautes technologies. La sucrerie de Lam Son (province de Thanh Hoa, Centre), les sucreries du groupe Thành Công (province de Tây Ninh, Sud), ou encore la compagnie par actions de la canne à sucre de la province de Quang Ngai (Centre), en font partie.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural élabore actuellement un plan de réaménagement du secteur du sucre pour 2020 et sa vision pour 2030, avec la révision de plusieurs textes concernant le développement du secteur, et étudie la possibilité de créer un Fonds de développement de la canne à sucre.

Pour élever la compétitivité de l’industrie sucrière, le pays doit élever le rendement de la culture de la canne à sucre et procéder à un remembrement des zones de culture. Photo : Van Ty/VNA/CVN

Les usines et les cultivateurs ne coopèrent pas beaucoup. De nombreuses critiques sont émises contre les premières qui imposent très souvent des conditions qui rendent difficile la commercialisation de la production des seconds. Qu’en pensez-vous ?

Les relations entre les usines et les cultivateurs demeurent un problème. Les mécontentements tiennent essentiellement aux procédés de vente et d’achat, à la négociation des prix et aux ruptures de contrat. Cette problématique d’ordre commercial est à résoudre dans l’intérêt des deux parties : approvisionnement stable et rentabilité de cette culture. C’est bien sûr possible. La Thaïlande, par exemple, a réussi à régler à ce problème depuis la naissance de la Loi sur le secteur du sucre de 1984.
 
Dans plusieurs autres pays, les usines de transformation de la canne à sucre sont très rentables, car elles fabriquent des produits dérivés tels qu’alcool industriel, électricité, papier, engrais, etc. Qu’en est-il au Vietnam ?
 
Ces dernières années, beaucoup d’usines ont créé des chaînes de production d’électricité, d’éthanol et d’engrais biologiques en employant la bagasse, ce qui leur permet de développer leur chiffre d’affaires. Toutefois, l’investissement dans les produits dérivés n’est pas encore encouragé et nous avons besoin du soutien des ministères et services concernés. Je sais que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural étudie des politiques incitatives du développement des produits dérivés de la canne, notamment d’électricité et d’éthanol. C’est un bon signe.

Thanh Huong – Linh Thao/CVN
 
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