29/05/2020 20:48
Un vaccin contre le COVID-19 dès cette année ? Les patrons de l'industrie pharmaceutique sont optimistes, mais préviennent que les défis seront "colossaux" pour produire et distribuer les milliards de doses nécessaires.
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Une centaine de laboratoires dans le monde sont engagés pour mettre au point un ou plusieurs vaccins contre le nouveau coronavirus. Photo : AFP/VNA/CVN

Une centaine de laboratoires dans le monde sont engagés dans une course contre-la-montre pour mettre au point un ou plusieurs vaccins contre le nouveau coronavirus, dont 10 ont atteint la phase des essais cliniques. "L'espoir de beaucoup de gens est que nous aurons un vaccin, peut-être plusieurs, d'ici la fin de l'année", a indiqué Pascal Soriot, directeur général d'AstraZeneca, lors d'une conférence de presse virtuelle jeudi 28 mai.

L'entreprise britannique est associée avec l'université d'Oxford pour la fabrication et la distribution dans le monde entier du vaccin en cours de développement. Albert Bourla, patron de Pfizer qui mène des essais cliniques en partenariat avec la société allemande Biontech, croit lui aussi à un vaccin avant 2021. "Si les choses se passent bien, que les étoiles sont alignées, nous aurons assez de preuves de sécurité et d'efficacité pour pouvoir [...] avoir un vaccin vers la fin octobre", a-t-il avancé.

Plusieurs années sont généralement nécessaires pour mettre un vaccin sur le marché, mais face à la pandémie de COVID-19 des vaccins expérimentaux jugés suffisamment sûrs et efficaces pourraient être lancés dans des délais records. La Fédération Internationale de l'Industrie du Médicament (IFPMA) avertit toutefois que la production et la distribution du vaccin se heurtent à des défis "colossaux".

Course contre-la-montre

L'un d'eux, qui peut sembler paradoxal, est que les taux de transmission déclinent rapidement en Europe où sont menés de nombreux essais cliniques. Ils seront bientôt trop faibles pour poursuivre ces effets en milieu naturel, s'alarme Pascal Soriot d'AstraZeneca, soulignant que les études dans lesquelles les volontaires sont exposés intentionnellement au virus pour mesurer l'efficacité d'un vaccin ne sont pas acceptables, sur un plan éthique, dans le cas du COVID-19. "Nous n'avons pas beaucoup de temps", assure-t-il.

Cellules contenant le nouveau coronavirus vues à travers un microscope.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le nouveau coronavirus a fait plus de 355.000 morts et contaminé au moins 5,7 millions de personnes dans le monde depuis son apparition fin décembre en Chine. Le monde va avoir besoin de deux doses de vaccin par personne, soit 15 milliards selon certaines estimations, un vrai casse-tête logistique, rappelle le directeur de l'IFPMA, Thomas Cueni.

L'industrie pharmaceutique s'est engagée à assurer une distribution équitable du ou des vaccins validés, mais "nous n'aurons pas les quantités requises le premier jour, même en mettant les bouchées doubles", prévient-il. Dès qu'un vaccin sera disponible, il faudra le conditionner dans des flacons en verre. Or "il n'y a pas assez de flacons dans le monde", constate Pascal Soriot. AstraZeneca et d'autres groupes réfléchissent à la possibilité de stocker plusieurs doses par flacon.

Protéger la propriété intellectuelle

Paul Stoffels, numéro deux et directeur scientifique de Johnson and Johnson, ajoute que si 15 milliards de doses étaient nécessaires, plusieurs vaccins devraient être autorisés pour satisfaire la demande initiale. "Tous les vaccins candidats pourraient ne pas convenir au monde entier en fonction de leurs caractéristiques", souligne-t-il.

Notamment parce que certains vaccins exigent d'être stockés à très basse température, ce qui n'est pas possible partout. Reconnaissant par ailleurs l'impératif d'une distribution universelle du vaccin, les patrons de l'industrie pharmaceutique sont unanimes pour défendre la propriété intellectuelle sur leurs innovations. Celle-ci "est absolument fondamentale dans notre secteur" martèle la patronne de GSK, Emma Walmsley. Les labos investissent des milliards de dollars sans grand espoir de rentrer dans leurs frais, selon Pascal Soriot. "Si on ne protège pas la propriété intellectuelle, personne n'a intérêt à innover", dit-il.

AFP/VNA/CVN



 
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