05/05/2021 23:15
L'Inde, où la flambée de la pandémie a fait plus de 20 millions de cas, a débloqué mercredi 5 mai 6,7 milliards de dollars de prêts pour aider son secteur de la santé asphyxié, tandis que le G7 est sous pression pour une distribution mondiale plus équitable des vaccins.
>>Inde : 6,7 milliards d'USD de prêts pour les vaccins et le secteur de la santé
>>Le nombre de cas à Londres a chuté de plus de 98% depuis le pic de la deuxième vague

Des gens assistent à la crémation de malades atteints du COVID-19 décédés à Siliguri au Bengale occidental en Inde le 4 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

La fracture s'élargit en effet entre les pays riches, où l'avancée des campagnes de vaccination, bientôt élargies aux États-Unis aux adolescents, permettent une levée progressive des restrictions en place contre le coronavirus, alors que les pays pauvres manquent encore cruellement de vaccins.

L'Inde a dénombré 3.780 décès et 382.000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures. Le géant asiatique a atteint plus de 222.000 morts et près de 20,3 millions de contaminations depuis le début de la pandémie, un bilan que certains experts estiment largement sous-évalué.

Cette deuxième vague de COVID-19 est attribuée notamment à des rassemblements religieux et politiques autorisés ces derniers mois, ainsi qu'à l'inaction du gouvernement de Narendra Modi.

Les hôpitaux sont submergés et à court de réserves d'oxygène, de médicaments, de lits, malgré l'aide internationale qui afflue.

Face à cette situation, la Banque centrale de l'Inde est montée au créneau mercredi en annonçant 6,7 milliards de dollars de prêts bon marché au secteur de la santé.

L'objectif immédiat est de "préserver la vie humaine et de restaurer les moyens de subsistance par tous les moyens possibles", a déclaré le gouverneur de la Reserve Bank of India (RBI), Shaktikanta Das.

Cette décision est destinée à améliorer l'accès aux soins de santé d'urgence pendant la pandémie, a-t-il indiqué, en permettant aux banques d'accorder plus facilement des prêts bon marché aux hôpitaux, aux fabricants d'oxygène et même aux malades.

Le système de santé indien, vétuste et sous-financé, peine à surmonter l'afflux de malades du COVID-19, certains trouvant la mort aux portes des hôpitaux, faute de se voir administrer soins et oxygène.

En Australie, qui comme beaucoup de pays a interdit les vols en provenance d'Inde,  un tribunal a accepté de mercredi 5 mai de se pencher sur la décision très controversée de Canberra d'interdire aux Australiens qui se trouvent en Inde de revenir dans leur pays.

"La lumière au bout du tunnel plus forte

Pendant ce temps à Londres, appelés par l'OMS à la solidarité face à la pandémie, les pays riches du G7 discutent mercredi des moyens d'assurer une distribution plus équitable des vaccins anti-Covid.

Le système de partage avec les pays pauvres Covax, qui se fournit principalement en vaccins d'AstraZeneca, patine : il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de 2 milliards en 2021.

Les pays riches pour leur part avancent à grands pas dans leurs campagnes de vaccination, comme aux États-Unis où le président Joe Biden a lancé mardi une "nouvelle phase" qui doit intégrer les adolescents et cibler les Américains plus réticents.

"La lumière au bout du tunnel est de plus en plus forte", a déclaré Joe Biden, qui vise une au moins une injection pour 70% des adultes d'ici la fête nationale du 4 juillet.

Le pays, officiellement le plus endeuillé par la pandémie (577.500 morts sur un total de plus de 3,2 millions dans le monde), est aussi prêt à lancer "immédiatement" une campagne de vaccination des adolescents en cas d'autorisation du vaccin de Pfizer pour ces derniers.

Des clients dans un café à Athènes le 3 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Environ 56% des adultes américains ont reçu au moins une dose de vaccin (plus de 145 millions de personnes), mais le gouvernement est aujourd'hui confronté à des difficultés d'accès pour une partie de la population restante, et au scepticisme d'autres.

Dans l'UE, plus d'un quart de la population a reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, a salué mardi 4 mai la Commission européenne, et plus de 9% de ses habitants sont désormais entièrement vaccinés selon un décompte de l'AFP.

"La vaccination s'accélère en Europe : nous venons de dépasser les 150 millions de vaccinations (...) Nous aurons suffisamment de doses pour vacciner 70% des adultes de l'UE en juillet", a tweeté Ursula von der Leyen, présidente de l'exécutif européen.

Allègement pour les vaccinés en Allemagne 



Le gouvernement allemand a décidé mardi 4 mai d'alléger pour les personnes ayant reçu deux doses de vaccin les nombreuses interdictions en place depuis plusieurs mois.

Le parlement doit se prononcer jeudi et vendredi 7 mai sur ce texte, qui pourrait entrer en vigueur dès ce week-end.

Les ambassadeurs des 27 États membres de l'Union européenne doivent par ailleurs examiner mercredi 5 mai une proposition de la Commission en faveur de l'entrée dans l'Union aux voyageurs en provenance de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccins.

L'Agence européenne des médicaments a annoncé mardi 4 mai le lancement d'une procédure d'"examen continu" du vaccin du laboratoire chinois Sinovac, ce qui ouvre la voie à une éventuelle demande d'autorisation prochaine dans l'Union européenne.

Le gouvernement britannique a quant à lui indiqué mercredi 5 mai investir pour tester l'efficacité des vaccins anti-Covid contre les variants et garder "une longueur d'avance" sur le virus.

En pointe pour le séquençage des variants, le Royaume-Uni va débloquer 29,3 millions de livres (33,8 millions d'euros) pour augmenter les capacités de dépistage du centre militaire de Porton Down (sud de l'Angleterre), qui pourra ainsi traiter 3.000 échantillons par semaine, contre 700 actuellement, pour mesurer le niveau d'anticorps générés par les vaccins en vue de développer plus rapidement des sérums contre des mutations de la maladie COVID-19.

AFP/VNA/CVN

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