10/04/2018 12:06
Ces derniers temps, les secteurs de la construction et de l’immobilier au Vietnam ont connu une hausse des investissements japonais grâce à la formation de joint-ventures avec des partenaires locaux. Cette forme de coopération bénéfice au marché immobilier vietnamien.
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>>Des investisseurs étrangers s’intéressent de plus en plus au marché immobilier au Vietnam

La ville de Hanoï et les groupes BRG et Sumitomo ont récemment signé un accord pour mettre en œuvre le projet de construction du centre urbain Nhât Tân-Nôi Bài.  Photo: DDDN/CVN

Savills Vietnam, une des plus grandes sociétés immobilières au Vietnam, a fait savoir que si autrefois les investisseurs asiatiques, parmi lesquels les japonais, s’intéressaient seulement au secteur immobilier commercial (centres commerciaux, appartements de service, immeubles de bureaux…), ils se tournent particulièrement aujourd’hui vers l’immobilier résidentiel. Selon eux, le marché immobilier vietnamien, sous l’impulsion d’une population de 100 millions d’habitants, d’une forte proportion de jeunes et d’une émergence de la classe moyenne, crée de belles opportunités.

De grandes entreprises japonaises au Vietnam

Selon Shinichi Sakaki, vice-directeur du Département urbain au ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, son gouvernement s’est actuellement lancé dans une politique de promotion des investissements à l’étranger en faveur des entreprises nippones. Ce soutien donne toutes les conditions favorables à la coopération entre les entreprises vietnamiennes et japonaises.

L’un des projets de grande envergure entre les deux nations est l’accord de coopération relatif au projet de construction du centre urbain Nhât Tân - Nôi Bài, signé entre le Comité populaire de la ville de Hanoï, le groupe immobilier vietnamien BRG et le géant nippon Sumitomo. Ce projet qui bénéficie d’un fonds d’investissement de 4,2 milliards de dollars et dont la superficie couvrira 2.080 ha, est considéré comme le plus grand investissement japonais au Vietnam. 

La capitale de Hanoï est en train de mobiliser des fonds et des ressources humaines pour développer des infrastructures urbaines. 
Photo: DDDN/CVN

Pour sa première tranche, BRG et Sumitomo devraient débourser environ un milliard de dollars à partir d’octobre prochain. "Nous espérons que la construction du centre urbain Nhât Tân - Nôi Bài, ville "intelligente", marquera le développement de la ville de Hanoï à l'occasion des célébrations du 10e anniversaire de l'élargissement des limites administratives de la capitale" a déclaré un représentant du Sumitomo, qui précisons-le est l’un des trois plus grands groupes au Japon.

Auparavant, un "grand" japonais avait déjà coopéré avec le groupe Bitexco pour construire 240 maisons et deux grands immeubles dans le cadre du projet colossal "The Manor Central Park" à Hanoï, qui comprend au total plus de 1.000 maisons et 17 grands immeubles. Afin d’exécuter ce projet, Bitexco et Mishubishi avaient formé une coentreprise détenue à 55% du capital par le premier.

Récemment, le Nidec, autre géant japonais de la haute technologie et 2e groupe côté à la bourse de Tokyo (2017) et la joint-venture vietnamienne Alpec ont signé un consensus de coopération stratégique pour conquérir le marché de l’ascenseur dans les pays d’Asie du Sud-Est. Ce partenariat profite d’expériences de longue date dans le domaine de la haute technologie et de la recherche et développement (R-D), notamment en matière d’équipements pour les ascenseurs et escalators et plus généralement sur des questions de gestion de la qualité et de sécurité au travail.

Cette collaboration bilatérale devrait aboutir à la conception de nouveaux modèles d’ascenseurs modernes, plus respectueux de l'environnement, conformes aux normes esthétiques des Vietnamiens et à prix raisonnable.

Des potentiels de coopération "énormes"

S’agissant des potentiels de coopération entre les entreprises des deux pays, le Président de l’Association de l’immobilier de Hô Chi Minh-Ville, Lê Hoàng Châu, a constaté que le Japon avait l’an dernier détrôné la Corée du Sud pour devenir le meilleur investisseur étranger au Vietnam, en dominant notamment le secteur immobilier. Plusieurs entreprises japonaises dont Obayashi, Shimizu, Hitachi, Sumitomo Construction, Mitsui, Maeda… ont participé, dans le cadre de l’aide japonaise publique au développement, à de grands projets visant au développement de l’infrastructure urbaine au Vietnam.

En outre, il existe d’autres projets titaniques industriels tels que ceux du groupe Nomura dans la zone industrielle Nomura Hai Phong (Nord) et Idemitsu dans le complexe de raffinage et de pétrochimie de Nghi Son (province de Thanh Hoa, Centre).

Une vue du complexe de raffinage et de pétrochimie de Nghi Son (province de Thanh Hoa, Centre). Photo: Duy Hung/VNA/CVN

Ces cinq dernières années, en particulier, ont vu se former des coopérations entre certaines entreprises et fonds japonais et des partenaires vietnamiens qui ont abouti à différentes formes de projet d’investissement: achat du capital, contribution du capital-investissement… Il existe même des prêts destinés à développer des projets immobiliers qui à la fois répondent aux standards japonais et conviennent aux goûts des utilisateurs vietnamiens.

Selon Lê Hoàng Châu, "les potentiels de coopération et d’investissement entre les entreprises immobilières vietnamiennes et japonaises sont énormes, car à l’heure actuelle, il y a environ 1.200 projets de développement immobilier d’entreprises vietnamiennes qui ont besoin de fonds domestiques et étrangers, notamment japonais. La collaboration bilatérale bénéfice aux deux parties et favorise particulièrement l’accès à des services immobiliers de bonne qualité en capacité de satisfaire les standards japonais et les utilisateurs vietnamiens".

Pour sa part, Nguyên Quang Huy, vice-Pdg de l’entreprise immobilière PMC, a apprécié la coopération avec les partenaires japonais dans le cadre de la gestion de ses immeubles. Selon lui, ce partenariat aide la PMC à perfectionner ses standards, ainsi que sa stratégie envers sa clientèle suivant des normes japonaises. De plus, grâce à cette association, le prestige et la valeur commerciale de PMC s’élève progressivement. PMC peut également accéder aux bases de management, de formation et rehausser la qualité de ses ressources humaines.

Néanmoins, les deux parties font face à des difficultés, notamment sur des différences de point de vue. "Tandis que les Vietnamiens ont tendance à visionner les choses à court terme, les Japonais insistent sur l’importance de se projeter sur le long terme", a-t-il ajouté. Ainsi, les entreprises vietnamiennes doivent tenir compte des besoins en formation de leurs ressources humaines afin d’élever la qualité de leurs services et de construire une stratégie commerciale à long terme, a-t-il conclut.
 
Nguyên Tùng/CVN
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