30/05/2018 09:08
Un homme radicalisé, dont l'objectif était d'attaquer la police, a tué trois personnes dont deux policières, avant d'être abattu, mardi 29 mai à Liège, dans l'Est de la Belgique, un acte qualifié de "terroriste" par la justice belge.
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La police et les véhicules d'urgence bloquent un carrefour de Liège le 29 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

Après ce triple homicide commis sur une grande artère de la cité francophone, l'homme identifié par les médias comme Benjamin Herman, un délinquant multirécidiviste né en 1982, a brièvement pris en otage une employée d'un groupe scolaire, entraînant l'évacuation des élèves, selon les autorités. Aucun enfant n'a toutefois été blessé.

Dans un tweet, le Premier ministre belge Charles Michel a dénoncé une "violence lâche et aveugle". L'enquête a été confiée à un juge d'instruction antiterroriste, et le parquet fédéral doit donner des précisions sur ses premiers éléments mercredi matin lors d'une conférence de presse.

"Des éléments vont dans la direction d'un acte terroriste", a simplement indiqué à l'AFP Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral. Aucune source officielle n'a voulu confirmer mardi 29 mai les informations de presse selon lesquelles le tireur a crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand") en s'en prenant aux policiers

La fusillade s'est produite vers 10h30 (08h30 GMT) sur le boulevard d'Avroy. Après avoir subtilisé les armes, utilisées ensuite contre les policières, il a aussi tué une troisième fois en faisant feu contre un homme de 22 ans passager d'une voiture garée à proximité.

Décrit comme un délinquant plusieurs fois condamné pour vols, coups et blessures ou trafic de stupéfiants, Benjamin Herman était incarcéré depuis 2003 mais en permission de sortie lorsqu'il est passé à l'acte mardi 29 mai.

La Belgique, frappée par des attentats jihadistes qui ont fait 32 morts le 22 mars 2016, a été depuis le théâtre de plusieurs agressions contre des militaires ou des policiers.

La dernière attaque considérée comme "terroriste" s'est produite le 25 août 2017: un homme de 30 ans d'origine somalienne a agressé des soldats au couteau, blessant légèrement un d'eux, en criant "Allah Akbar" en plein cœur de Bruxelles. Il a été abattu.

Mais la tuerie de mardi 29 mai rappelle surtout l'attaque du 6 août 2016 à Charleroi (Sud), quand un Algérien vivant en Belgique s'en était pris avec une machette à deux policières devant l'hôtel de police aux cris de "Allah Akbar". Les policières avaient été blessées au visage et au cou, et l'assaillant abattu. Le groupe jihadiste État islamique (EI) avait revendiqué cette attaque.

Consulté mardi 29 mai, l'Ocam, l'organisme chargé d'évaluer la menace terroriste en Belgique, a décidé de maintenir inchangé le niveau 2 correspondant à une menace jugée "peu vraisemblable". Le niveau qui était fixé depuis trois ans à 3 (menace "possible et vraisemblable") - voire ponctuellement 4 (menace "imminente") - avait été abaissé en janvier.

AFP/VNA/CVN

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