24/04/2019 08:51
Les combats s'enlisent en Libye près de trois semaines après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale Tripoli, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale, mais la situation humanitaire, elle, "empire" et "préoccupe" l'ONU.

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Des combattants libyens, loyaux au gouvernement d'union nationale, à Ain Zara au sud de Tripoli, le 20 avril. Photo: AFP/VNA/CVN


Des dirigeants africains ont demandé mardi soir 23 avril "l'arrêt immédiat et inconditionnel" des combats en Libye, à l'issue d'un sommet au Caire sous la houlette du chef de l'État égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'Union africaine (UA).

Selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au moins 264 personnes, dont des civils, ont péri et 1.266 ont été blessées depuis le début des combats le 4 avril. Au moins 35.000 civils ont par ailleurs fui les combats, d'après l'adjointe à l'émissaire de l'ONU en Libye, Maria do Valle Ribeiro, et "les déplacements se poursuivent à un rythme croissant chaque jour".

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de la Cyrénaïque (Est), mène depuis le 4 avril une offensive contre le gouvernement d'union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj.

L'avancée rapide de ses troupes de l'Armée nationale libyenne (ANL) a été enrayée au sud de la capitale par les forces loyales au GNA, qui ont reçu des renforts venus d'autres villes de l'ouest du pays.

Les forces pro-GNA ont lancé samedi 20 avril une contre-attaque qui a permis notamment de repousser de quelques kilomètres le front le plus proche de Tripoli, situé à Ain Zara. Les combats étaient quasiment à l'arrêt mardi 23 avril dans cette banlieue à une quinzaine de kilomètres au sud de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les combats s'éloignent 

Depuis quelques jours, les affrontements ont baissé en intensité aux abords de la capitale.

Une puissante explosion a toutefois retenti en fin de journée à travers plusieurs quartiers de Tripoli.

Selon une source militaire pro-GNA, il s'agit d'"une frappe aérienne des forces de Haftar" visant "un lieu de rassemblement d'un bataillon des forces pro-GNA à Janzour mais (qui) n'a pas touché sa cible". "Aucune victime n'est à déplorer ni de dégâts matériels", a précisé cette source.

Des affrontements violents ont en revanche eu lieu dans la région d'al-Hira, entre Al-Aziziya et Gharyan, à 70 km au sud-ouest de Tripoli, selon les journalistes de l'AFP sur place. En fin d'après-midi, les forces du GNA, qui essuyaient de tirs nourris, tentaient de maintenir leur position avancée, sur un barrage de sécurité à moins d'une vingtaine de kilomètres de Gharyan.

Dans un communiqué en début de soirée, les forces pro-GNA ont confirmé avoir pris le contrôle de "positions stratégiques dans la région d'Al-Hira, coupant ainsi la route de Gharyan aux forces de Haftar qui se trouvent dans les banlieues de Tripoli".

L'ANL, qui a affirmé ces derniers jours avoir reçu des renforts "importants", a, elle, déclaré dans un communiqué avoir abattu un avion des forces pro-GNA, information que le GNA ne confirmait pas en début de soirée.

Migrants blessés 

Ces affrontements qui durent "préoccupent" l'ONU, a déclaré Maria do Valle Ribeiro, car "la situation humanitaire empire". Les affrontements ont "un impact sur les services sociaux, notamment de santé, mais aussi potentiellement sur l'eau, l'assainissement, l'électricité", a-t-elle souligné.

L'adjointe à l'émissaire de l'ONU en Libye s'est notamment dit inquiète du sort des civils bloqués dans les zones de combat, des personnes blessées "que les services de secours n'ont pu atteindre" ainsi que des "migrants, réfugiés et demandeurs d'asile", dont "3.600 se trouvent dans des centres de détention dans certaines zones proches des lignes de front".

Selon des agences de l'ONU, plusieurs migrants ont été blessés mardi 23 avril dans une attaque aux circonstances encore floues contre un centre de détention à Gasr ben Ghachir, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Tripoli dans une zone contrôlée par les forces du maréchal Haftar.

Le bureau libyen de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a condamné des faits "inacceptables et inquiétants au centre de détention de Gasr ben Ghachir, où des migrants sans défense auraient été la cible de tirs aveugles". "Plusieurs d'entre eux ont été sérieusement blessés", affirme l'OIM.

Tout en affirmant "collecter encore des informations", le GNA a, lui, accusé l'ANL d'avoir "pris d'assaut" le centre et d'avoir tiré sur les migrants, faisant "plusieurs blessés". "Il se pourrait qu'il y ait des morts", a ajouté le GNA.


À l'instar de l'ONU, les dirigeants africains réunis au Caire ont appelé mardi soir  23 avril "toutes les parties à la retenue" et à permettre "l'arrivée de l'aide humanitaire".

AFP/VNA/CVN

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