26/12/2018 08:35
Au moins trois personnes, dont un diplomate libyen, ont été tuées dans une attaque "terroriste" menée par trois assaillants contre le ministère des Affaires étrangères mardi 25 décembre à Tripoli, selon des sources des services de sécurité et le ministère de la Santé.
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Un camion de pompiers et des responsables de la sécurité à l'extérieur du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli, le 25 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Dix autres personnes ont été blessées dans l'attaque, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a fait état d'une "attaque suicide" menée par des "éléments terroristes", tout en saluant le "professionnalisme" des services de sécurité, ayant permis selon lui de limiter le nombre des victimes.

Selon des sources de sécurité, un diplomate, directeur d'un département au sein du ministère des Affaires étrangères, figure parmi les trois victimes décédées. L'identité des deux autres morts n'est pas encore connu.

Tarak al-Dawass, porte-parole des forces spéciales, a accusé le groupe jihadiste État islamique (EI) d'être derrière l'attaque. Il n'y pas eu de revendication à ce stade. Une "voiture piégée" a tout d'abord explosé a proximité du bâtiment, amenant des forces de sécurité à se rendre sur le site, a-t-il dit.


Un kamikaze est alors entré dans le bâtiment où il s'est fait exploser au 2e étage, a-t-il ajouté. Un deuxième assaillant est mort dans l'enceinte du ministère après l'explosion d'une valise qu'il portait, tandis que le troisième, qui n'était pas armé et qui "ne portait qu'un gilet par-balles", a été tué par les forces de sécurité à l'extérieur, toujours selon M. Dawass.

"Assaillants terroristes" 

Un cordon de sécurité a été mis en place autour des locaux du ministère ravagé par le feu, tandis que les services de protection civile sont arrivés sur place pour tenter de venir à bout de l'incendie, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Des témoins et des médias, dont la chaîne officielle du gouvernement d'union (GNA), avaient au préalable fait état d'au moins une explosion et de coups de feu dans l'enceinte du ministère. L'attaque a été menée par plusieurs "assaillants terroristes", avait ajouté cette chaîne TV du GNA, citant des sources au sein des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du gouvernement de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est divisé entre plusieurs entités rivales, avec notamment la présence à Tripoli d'un gouvernement d'union nationale (GNA), soutenu par la communauté internationale, et dans l'Est, un cabinet parallèle appuyé par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar.

Ce chaos politique et sécuritaire a favorisé l'émergence de groupes jihadistes, qui ont commis de nombreuses attaques ces dernières années.

À quand des élections? 

En septembre, le groupe EI -qui était un temps parvenu à créer un sanctuaire dans la région de Syrte (450 km à l'est de Tripoli)-, a revendiqué une attaque suicide dans la capitale contre le siège de la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Deux personnes étaient décédées.

Quelques mois plus tôt, début mai, deux kamikazes de l'EI avaient fait 14 morts dans une attaque contre le siège de la Commission électorale à Tripoli. La capitale libyenne a en outre été le théâtre de violences entre groupes armés rivaux, du 27 août au 4 septembre, qui ont fait plus de 60 morts.

Des pourparlers ont eu lieu ces derniers mois à Paris puis en Sicile pour tenter de faire avancer le processus politique dans ce pays de quelque six millions d'habitants, avec notamment la tenue d'élections. La France en particulier avait poussé, sans succès, pour la tenue d'élections législatives et présidentielle avant la fin de l'année.

Des ambulances et des responsables de la sécurité sont regroupés à l'extérieur du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli, le 25 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Au début du mois, le président de la Haute commission nationale électorale (HNEC), Imed al-Sayeh, a affirmé qu'un référendum sur une nouvelle Constitution en Libye pourrait se tenir en février 2019, si les conditions de sécurité étaient réunies.

Il avait rappelé que la commission, considérée comme l'une des rares institutions crédibles et indépendantes du pays, avait subi de "lourdes pertes sur le plan humain" - neuf morts sur les 14 personnes décédées - mais aussi "matérielles" lors de l'attaque "terroriste" de mai.

Outre le fait de constituer un potentiel repaire de jihadistes, les pays européens s'inquiètent de la situation en Libye autour de la question des migrants: des dizaines de milliers de personnes cherchent chaque année à rejoindre les côtes italiennes à partir de la Libye où les passeurs, profitant du chaos, sont très actifs.
 
AFP/VNA/CVN
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