06/07/2019 16:41
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé vendredi 5 juillet à un cessez-le-feu urgent en Libye où environ 1.000 personnes, dont des dizaines de migrants, ont été tuées en trois mois de combats entre camps rivaux près de Tripoli.
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Une colonne de fumée s'élève à Tajoura, au sud de Tripoli (Libye), après une frappe aérienne. Photo: AFP/VNA/CVN

"Les membres du Conseil de sécurité soulignent la nécessité pour toutes les parties de procéder d'urgence à une désescalade et de s'engager dans un cessez-le-feu", affirme un communiqué du Conseil de sécurité négocié mercredi 3 juillet, au lendemain du massacre d'une cinquantaine de migrants près de la capitale libyenne.

Le texte "condamne" aussi l'attaque aérienne du 2 juillet qui a tué 53 migrants dont six enfants, selon l'ONU, détenus dans un centre à Tajoura, une banlieue de Tripoli aux mains du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU. Ce dernier a accusé les forces du maréchal Khalifa Haftar de la frappe, mais celles-ci ont démenti.

Depuis le 4 avril, les troupes du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, sont engagées dans une offensive militaire pour s'emparer de Tripoli où siège le GNA.

Les combats au sol et les raids aériens dans la bataille de Tripoli ont poussé selon l'ONU plus de 100.000 personnes à la fuite, dans un pays miné depuis 2011 par des luttes de pouvoir et livré à des milices qui font la loi.

D'après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 1.000 personnes ont été tuées et plus de 5.000 blessées dans les violences aux portes de Tripoli.

Interférences étrangères

Le Conseil de sécurité s'inquiète en outre de la détérioration de la situation humanitaire en Libye et - fait nouveau par rapport à ses précédentes déclarations - réclame aux États membres de l'ONU "de ne pas intervenir dans le conflit et de ne pas prendre de mesures qui l'aggravent".

Depuis le début de l'offensive de Khalifa Haftar, les armes affluent dans les deux camps en violation parfois flagrante d'un embargo décrété pour la Libye en 2011. Le Conseil de sécurité rappelle aux États membres qu'ils doivent "respecter pleinement" cet embargo.
 
Les lignes de front au sud de Tripoli (Libye), au 5 juillet. Photo: AFP/VNA/CVN

Fayez al-Sarraj est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar. L'Italie semble aussi en sa faveur.

Lors d'une rencontre vendredi 5 juillet à Istanbul avec le chef du GNA, le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé la fin des "attaques illégales" de Khalifa Haftar, selon la présidence turque. Il a aussi réaffirmé son soutien au gouvernement de Fayez al-Sarraj.

Réfugiés "en danger"

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), "350 migrants, dont 20 femmes et quatre enfants, seraient toujours détenus" dans le centre de Tajoura dont l'un des cinq hangars touché de plein fouet par la frappe a été détruit.

Dans une vidéo des caméras de surveillance du centre, circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir des personnes marcher avant une forte explosion qui a laissé derrière elle un gros nuage de fumée noire et de poussière.

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires ont maintes fois exprimé leur inquiétude sur le sort de milliers de migrants et réfugiés "en danger dans des centres de détention situés près de zones de combat".

L'ONU et les ONG rappellent aussi régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, où ils se retrouvent placés "en détention arbitraire" ou à la merci de milices.

Malgré une insécurité persistante, la Libye reste un important point de transit pour les migrants en grande partie africains cherchant à gagner l'Europe.

D'après l'ONU, les centres de détention dans ce pays comptent 5.700 réfugiés et migrants, dont 3.300 sont en position de vulnérabilité face aux combats.
AFP/VNA/CVN
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