10/12/2018 16:32
Une finale éternelle... qui s’est éternisée: au bout de l’attente, River Plate a renversé son rival Boca Juniors dimanche (3-1 après prolongation) pour s’adjuger sa quatrième Copa Libertadores. Et aucun incident n’a terni cette rencontre aseptisée, organisée à Madrid après des violences en Argentine.
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River Plate vainqueur lors de la finale retour face à Boca Juniors à Madrid le 9 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Un mois après des pluies diluviennes ayant perturbé la finale aller (2-2), deux semaines après des débordements et le report de la finale retour, le "superclasico" de Buenos Aires a fini par trouver son dénouement au stade Santiago-Bernabeu: en prolongation, le Colombien Juan Fernando Quintero (109e) et Pity Martinez (120e+2) ont sacré River, alors que Boca jouait en infériorité numérique après l’exclusion de Wilmar Barrios (91e).

Mais est-ce vraiment fini ? Il pourrait y avoir une troisième manche juridique puisque le Tribunal arbitral du sport (TAS) a été saisi par Boca, qui a réclamé de l’emporter sur tapis vert après l’attaque de son autocar par des ultras de River le 24 novembre.

En attendant, ce dénouement sportif met un terme à un long feuilleton qui a durablement entaché l’image de l’Argentine, apparue incapable d’organiser sur son sol la "finale du siècle" entre les deux clubs les plus populaires du pays.

En attendant de disputer le Mondial des clubs (12-22 décembre) et peut-être d’y croiser le Real Madrid, River Plate pouvait savourer cette quatrième couronne continentale qui le rapproche de son voisin et rival de Boca (6 titres). Et la fête s’annonçait délirante à Buenos Aires comme sur la Puerta del Sol, grande place du centre de Madrid.

Messi et Griezmann présents 

Le joueur de River Plate Lucas Pratto buteur lors de la victoire sur Boca Juniors à Madrid en finale retour de la Copa Libertadores le 9 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN
Habitué à plus de pondération, le vénérable stade Bernabeu a retenti dimanche 9 décembre d’une ferveur bouillonnante et bon enfant, entre tambours, chants, confettis et ballons de baudruche multicolores.

Rien n’est venu gâcher la fête, même si l’enceinte de 81.000 places sonnait un peu creux en raison du prix élevé des places et des vols transatlantiques: seulement 62.200 spectateurs étaient présents.

Parmi eux, des grands noms de la planète foot: l’entraîneur de l’Atlético Madrid Diego Simeone, le milieu offensif colombien James Rodriguez... mais aussi et surtout l’astre argentin Lionel Messi, venu de Barcelone, et l’attaquant français Antoine Griezmann, revêtu d’un maillot de Boca et qui s’est pris au jeu du "superclasico".

Le spectacle n’a pas été toujours à la hauteur de l’effervescence suscitée par la rencontre. Beaucoup de fautes, de tacles, de heurts, de dégagements à l’emporte-pièce, de contrôles approximatifs...

Le joueur de Boca Juniors Dario Benedetto (droite) marque face au gardien de River Plate en finale de retour de la Copa Libertadores. 
Photo: AFP/VNA/CVN

Seuls les buts, signés Dario Benedetto (44e) pour Boca puis Lucas Pratto (68e) pour River ont fait rugir les supporters, jusqu’à la frappe limpide de l’ancien Rennais Quintero, entrée avec l’aide de la transversale (109e). Puis Martinez (120e+2) a scellé le score en contre alors que le gardien de Boca était monté.

Ces moments de joie pure ont peut-être été les seuls dignes de la ferveur d’un superclasico: voilà le principal regret à avoir dans cette soirée trop lisse pour être digne des fervents supporters argentins, attristés d’avoir été dépossédé de "leur" match.

Finale sans histoires 

Autour du stade aussi, cette finale historique a été finalement sans histoires.

Dans le calme, les "hinchas" (supporters) se sont rassemblés au sein des deux fans-zones établies sur le Paseo de la Castellana, grande artère madrilène qui était fermée à la circulation dimanche 9 décembre, dans une ambiance familiale avec poussettes et bambins.

Pour cette rencontre classée à "haut risque", les autorités espagnoles avaient déployé un dispositif sans précédent avec quelque 4.000 policiers et agents privés. Et après les incidents du 24 novembre autour du stade de River, les deux équipes ont pu cette fois accéder au stade "sans aucun incident", s’est félicité la police espagnole.

Les services de secours n’ont fait état, à 20h00 (19h00 GMT), que de quelques prises en charge médicales bénignes, mis à part un supporter âgé de 68 ans victime d’un arrêt cardio-respiratoire en pleine rue et transféré à l’hôpital.

Quant aux "barras bravas", ces groupes d’ultras redoutés par les clubs eux-mêmes, ils n’ont semble-t-il pas fait parler d’eux. Les autorités avaient promis de renvoyer vers l’Argentine les supporters ayant des antécédents graves.

Cette finale sans heurts est au passage une victoire pour l’Espagne, qui a saisi l’opportunité de montrer son savoir-faire dans l’organisation de rencontres sportives risquées. De quoi marquer des points dans l’optique d’une possible candidature conjointe pour l’organisation du Mondial-2030 avec le Maroc et le Portugal. Un tournoi que brigue aussi... l’Argentine.

AFP/VNA/CVN
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