20/10/2017 17:31
L'ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, destitué en juillet par la Cour suprême suite à une affaire de corruption, a été inculpé jeudi 19 octobre, à moins d'un an des prochaines élections législatives.

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L'ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, lors d'un réunion publique à Lahore, au Pakistan, le 4 octobre. Photo : AFP/VNA/CVN


"Le tribunal a également inculpé la fille de Nawaz Sharif, Maryam, et son gendre dans une affaire de corruption liée à leurs propriétés (immobilières) à Londres", a indiqué un haut responsable gouvernemental à l'AFP sous couvert d'anonymat.

M. Sharif, qui risque désormais une peine de prison, avait comparu à deux reprises devant le Bureau de transparence nationale (National Accountability Bureau), un organisme anti-corruption, ces dernières semaines.

Il se trouve actuellement à Londres au chevet de son épouse malade d'un cancer. Son avocat a plaidé non coupable.

Sa fille Maryam en a fait de même, dénonçant la décision d'inculpation comme "sans fondement".

"Les accusations sont non seulement sans fondement, sans aucune base et infondées mais aussi frivoles et en plus de tout cela on nous refuse le droit à un procès équitable", a-t-elle déclaré à la cour, selon un document vu par l'AFP.

La Cour suprême avait mis fin prématurément au troisième mandat de M. Sharif à la tête du pays en juillet, après des révélations sur de luxueux biens immobiliers détenus par sa famille via des holdings off-shore.

L'affaire avait été déclenchée par la publication des Panama Papers, des documents émanant d'un cabinet d'avocats panaméen et révélant les montages financiers de ses clients, dont la famille Sharif.

L'arrêt, controversé, avait contraint M. Sharif à renoncer à ses postes de Premier ministre et de député de Lahore. Il avait publiquement dénoncé cette sentence lors d'une série de discours enflammés cet été.

Il a depuis été remplacé à la tête du gouvernement par son ancien ministre du Pétrole Shahid Khaqan Abbasi, membre du même parti que lui, le PML-N.

Victoire phénoménale pour le peuple

Ces inculpations interviennent alors que les prochaines élections législatives au Pakistan sont attendues à l'été 2018.

Imran Khan, le charismatique ex-cricketteur et leader de l'opposition, qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, espère pour sa part surfer sur le scandale pour rallier des suffrages en vue du scrutin.

"Une nouvelle victoire phénoménale pour le peuple du Pakistan, Nawaz Sharif, disqualifié, et sa famille inculpés", s'est réjoui le parti de M. Khan, le PTI, sur Twitter.

"Cette situation a certainement accru les chances d'Imran Khan", estime le professeur en sciences politiques Hasan Askari, interrogé par l'AFP.

Aucun des 15 Premiers ministres ayant dirigé le Pakistan au cours de ses 70 ans d'histoire mouvementée n'a réussi à aller au terme de son mandat de 5 ans.

M. Sharif lui-même a été contraint à trois reprises de quitter son poste, la première fois déjà à la suite d'un scandale de corruption, la deuxième en raison d'un coup d'État, et la troisième suite à l'arrêt de la Cour suprême.

 

AFP/VNA/CVN

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