14/05/2020 09:50
L'Union européenne a appelé mercredi 13 mai ses membres à rouvrir leurs frontières intérieures pour faciliter le tourisme, en dépit de la poursuite de la pandémie de nouveau coronavirus, qui a fait 292.000 morts sur la planète, dont plus de 160.000 sur le Vieux Continent, le plus touché.
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Pancartes pour respecter les distances dans le métro londonien, le 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

La Commission européenne cherche à empêcher un naufrage du secteur touristique, crucial pour l'économie de l'UE puisqu'il représente 10% de son PIB et 12% des emplois, bien plus encore dans certains pays du sud de l'Europe, comme l'Italie et l'Espagne, déjà très endeuillés par le coronavirus.

"Cela ne va pas être un été normal... Mais si nous faisons tous des efforts, nous n'aurons pas à passer l'été bloqués à la maison ou l'été ne sera pas complètement perdu pour l'industrie touristique", a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

La Commission européenne veut inciter à une réouverture des frontières intérieures de l'UE de façon "concertée" et "non discriminatoire".

Mercredi 13 mai, l'Allemagne a déjà annoncé viser une levée à la mi-juin des restrictions de circulation mises en place à ses frontières, ajoutant que ses voisins français, autrichien et suisse avaient le même objectif. Ses frontières avec le Luxembourg seront complètement ouvertes dès samedi 16 mai.

Et l'Autriche a annoncé le rétablissement à partir du 15 juin de la libre circulation à sa frontière commune avec l'Allemagne, fermée depuis mi-mars.

"Tellement enthousiaste" 

Signe important d'une amélioration de la situation, le championnat allemand de football va reprendre samedi 16 mai, alors que ses concurrents anglais, espagnol et italien s'apprêtent bientôt à l'imiter.

Le Royaume-Uni, deuxième pays au monde le plus endeuillé par le nouveau coronavirus (plus de 33.000 morts), a entamé mercredi 13 mai un déconfinement très léger et en ordre dispersé, qui ne concerne que la seule Angleterre.

Les Anglais peuvent ainsi retourner travailler, aller bronzer ou... reprendre le golf. "J'ai l'impression d'être un directeur d'école qui voit arriver plein d'écoliers, tout le monde est tellement enthousiaste", a témoigné Jason Pheasant, directeur général du Bigbury golf club, dans le Devon (Sud-Ouest de l'Angleterre).

Face à une catastrophe sanitaire mondiale qui a affecté plus de 4,2 millions de personnes, selon un bilan de sources officielles, avec des bilans qui repartent à la hausse dans plusieurs pays et qui semblent nettement sous-estimés dans d'autres, tous les pays tentent de trouver le difficile équilibre entre mesures destinées à enrayer la propagation de la maladie et décisions propres à relancer des économies affectées par une crise sans précédent.

Respect des distanciations pour des visiteurs dans un zoo à Amsterdam, le 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'immunologiste en chef de la Maison Blanche, le Dr Anthony Fauci, a ainsi lancé un avertissement mardi contre les conséquences potentiellement "très graves" d'une relance économique trop hâtive aux États-Unis, le pays le plus touché par la maladie COVID-19 (plus de 82.000 morts).

Après deux jours consécutifs de baisse, le bilan quotidien est d'ailleurs reparti à la hausse aux États-Unis, avec près de 1.900 décès supplémentaires en 24 heures.

Pire bilan au Brésil 

Le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a prévenu mercredi 13 mai que les dommages de la pandémie sur la première économie mondiale pourraient être "durables", ce qui justifie selon lui des plans d'aides d'urgence "coûteux" mais incontournables pour éviter une profonde récession.

À ce jour, le Congrès a fourni quelque 2.900 milliards d'USD de soutien budgétaire aux ménages, aux entreprises, aux prestataires de soins de santé et aux États et collectivités locales. À cet égard, M. Powell a jugé que des aides supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires, tout en estimant que l'économie américaine "devrait se remettre en grande partie" une fois que la pandémie sera maîtrisée.

La Maison Blanche elle-même n'a pas été épargnée par le coronavirus : le vice-président américain Mike Pence, dont une proche collaboratrice a été testée positive, a décidé de garder ses distances avec Donald Trump "pour quelques jours".

Le tableau se noircit également au Brésil, qui a enregistré son pire bilan quotidien mardi 12 mai, avec 881 décès liés au coronavirus. Le pays compte désormais plus de 12.400 morts du virus, selon le ministère de la Santé.

Bien que la Russie soit devenue mardi 12 mai, selon un décompte de l'AFP, le deuxième pays au monde en nombre de contaminations (plus de 232.000), le président Vladimir Poutine a aussi donné son feu vert à un début de déconfinement, en fonction de la situation épidémiologique de chaque région.

Mais Moscou, principal foyer de l'épidémie, a prolongé son confinement jusqu'au 31 mai.

Décès inexpliqués au Nigeria 

Un patient soupçonné d'être atteint du COVID-19 se fait tester le 10 mai à l'hôpital universitaire de Maiduguri.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Chine, la vaste agglomération de plus de 4 millions d'habitants de Jilin, dans la province du même nom frontalière de la République populaire démocratique de Corée, a placé mercredi 13 mai ses habitants en confinement partiel après l'apparition de nouveaux cas de coronavirus faisant craindre une deuxième vague épidémique dans le pays où a démarré la pandémie de COVID-19.

La lutte contre le coronavirus, en perturbant la couverture sanitaire, pourrait avoir des effets indirects dévastateurs dans les pays pauvres comme la mort de 6.000 enfants chaque jour dans les six prochains mois, a mis en garde mercredi 13 mai l'UNICEF, appelant à une action urgente.

L'Afrique est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2.500 morts, mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Ainsi, la forte augmentation du nombre de décès pour la plupart inexpliqués dans le Nord du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, fait craindre une forte propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres au monde.

Au cours du dernier mois, Kano, la ville la plus peuplée du Nord avec près de 10 millions d'habitants, qui n'enregistre officiellement que 32 décès dus à la maladie du COVID-19, a été témoin de centaines de morts, en particulier parmi les personnes âgées.

"Lorsque Kano éternue, c'est tout le Nord qui attrape la grippe", met en garde le Dr Ibrahim Musa, médecin de la région. "Ils ne se rendent pas compte du tremblement de terre qui s'annonce".


AFP/VNA/CVN
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