16/12/2020 09:39
Craignant une poussée des contaminations pendant les fêtes de fin d'année, plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, durcissent les mesures contre le COVID-19 pendant qu'en France, le confinement a laissé place mardi 15 décembre à un couvre-feu.
Rue désertée à Amsterdam, le 15 décembre, après l'instauration d'un confienment de cinq semaines face au coronavirus.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le confinement partiel imposé aux Allemands démarre mercredi 16 décembre et durera, dans un premier temps, jusqu'au 10 janvier.

Aux Pays-Bas, un confinement de cinq semaines entre en vigueur mardi 15 décembre jusqu'au 19 janvier. Tous les magasins et commerces non essentiels, à l'exception des supermarchés, des magasins d'alimentation et des pharmacies, seront fermés à partir de mardi 15 décembre, tandis que les écoles fermeront à compter de mercredi 16 décembre. Les Néerlandais sont appelés à rester chez eux.

Au Royaume-Uni, Londres et certaines régions du Sud-Est de l'Angleterre passeront mercredi au troisième niveau d'alerte, avec fermeture des hôtels, pubs et restaurants, en raison d'une augmentation "exponentielle" des cas de COVID-19.

Les autorités britanniques ont cependant décidé d'autoriser trois foyers différents à se rencontrer à l'intérieur pendant cinq jours, du 23 au 27 décembre, un relâchement qualifié d'"erreur majeure" et qui pourrait coûter la vie à "de nombreuses" personnes, ont mis en garde les revues médicales British Medical Journal (BMF) et Health Service Journal (HSJ).

De son côté, la France sortait mardi 15 décembre d'un deuxième confinement d'un mois et demi, qui laissera toutefois la place à un couvre-feu nocturne, sauf pour le réveillon de Noël. La levée des restrictions ne concernera cependant pas les bars, restaurants, théâtres, salles de spectacle, cinémas, musées, ou encore tribunes de stade, qui resteront fermés.

Réunion de l'AEM le 21 décembre 

Alors que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni - pionnier en la matière - et les États-Unis, ont commencé à vacciner leurs populations, Berlin n'a pas caché sa hâte mardi 15 décembre de voir l'Agence européenne des médicaments (AEM) délivrer son blanc-seing au vaccin développé par les laboratoires allemand BioNTech et américain Pfizer plus vite qu'elle ne l'entendait. 

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, le 15 décembre à Berlin.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'AEM s'est donnée jusqu'au 29 décembre pour rendre sa décision. Mais sous la pression allemande, elle a annoncé en début d'après-midi qu'elle allait se réunir le 21 décembre sur le vaccin Pfizer-BioNTech.

"L'objectif est de parvenir à une autorisation avant Noël, nous voulons commencer la vaccination avant la fin de l'année", a réclamé le ministre allemand de la Santé Jens Spahn, alors que son pays, plutôt épargné par la première vague de la pandémie au printemps, est durement affectée par la deuxième.

Selon le quotidien Bild, les services de la chancelière Angela Merkel faisaient aussi pression en coulisse sur l'AEM et l'Union européenne pour accélérer la procédure.

Les autorités allemandes sont déjà fin prêtes à lancer leur campagne de vaccination, qui doit débuter par les personnels soignants et les groupes de population les plus à risque.

Aux États-Unis, ce sont aussi les soignants les plus exposés et les personnes âgées qui sont visés en priorité par la campagne lancée lundi 14 décembre.

Une infirmière en soins intensif new-yorkaise est ainsi devenue la première à se voir administrer le vaccin BioNTech/Pfizer.

L'arrivée du vaccin "signifie espoir, guérison, le retour de la santé publique", a déclaré cette femme noire, "fière de promouvoir la confiance en un vaccin" dont 39% des Américains disaient ne pas vouloir début décembre, avec une méfiance particulière des minorités noire et hispanique.

Près de trois millions de doses doivent être distribuées d'ici mercredi 16 décembre, avec l'objectif de vacciner quelque 20 millions d'Américains avant fin décembre et 100 millions avant fin mars.

"C'est la lumière au bout du tunnel, mais le tunnel est long", a cependant averti le gouverneur de New York Andrew Cuomo, tandis que le très respecté immunologiste Anthony Fauci a prévenu qu'il fallait s'attendre à devoir porter un masque et respecter la distanciation pendant des mois encore.

L'agence américaine des médicaments (FDA), qui doit se réunir jeudi 17 décembre pour décider de l'autorisation en urgence d'un autre vaccin, celui de la biotech Moderna, a annoncé mardi 15 décembre qu'il ne présentait "pas de problème de sécurité spécifique", confirmant une efficacité du vaccin à 94,1%.

Le Canada a été l'autre grand pays à lancer la vaccination lundi 14 décembre avec le sérum de Pfizer/BioNTech, l'Arabie saoudite mardi 15 décembre également avec le vaccin Pfizer/BioNTech tandis qu'Abou Dhabi démarrait les injections avec le vaccin du géant chinois du médicament Sinopharm.

Le vaccin Pfizer/BioNTech a également été approuvé en Jordanie mardi 15 décembre, après Singapour la veille, Bahreïn, le Mexique et le Royaume-Uni.

Les JO, en 2021 

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 15 décembre à 11h00 GMT.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au Japon, malgré la recrudescence des infections et le scepticisme persistant du public, la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a déclaré ne voir "aucun scénario" susceptible de mener à une annulation des Jeux olympiques en 2021, dans un entretien avec l'AFP mardi 15 décembre.

"Les citoyens du monde voient les Jeux de Tokyo comme un symbole que l'humanité aura vaincu le coronavirus, qui conduira aux Jeux d'hiver de Pékin et ensuite aux Jeux de Paris", a-t-elle dit.

Jusqu'ici, la pandémie a fait au moins 1,62 millions de morts dans le monde à ce jour, avec près de 73 millions de cas diagnostiqués, selon un bilan établi par l'AFP mardi 15 décembre à 11h00 GMT à partir de sources officielles.

Derrière les États-Unis, pays le plus endeuillé par le COVID-19 au monde avec 300.479 morts, arrive le Brésil avec 181.835 morts, puis l'Inde (143.709), le Mexique (114.298) et l'Italie (65.011).

AFP/VNA/CVN
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