10/05/2018 10:34
L'Europe est désormais "en charge de garantir l'ordre multilatéral" mondial fragilisé, a déclaré mercredi 9 mai le président français Emmanuel Macron, au lendemain de la décision des États-Unis de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien.
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Le président français Emmanuel Macron, dans le Maryland, aux États-Unis, le 23 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN 

"Nous sommes à un moment historique pour l’Europe (qui) est en charge de garantir cet ordre multilatéral que nous avons créé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui est parfois aujourd’hui bousculé", a estimé le chef de l'État français dans une interview à la télévision publique allemande.

Le président américain Donald Trump a décidé de sortir les États-Unis de l'accord signé en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances, en vue de contenir ses ambitions nucléaires.

Cette décision intervient après plusieurs annonces similaires de Washington, comme la sortie l'an dernier de l'accord de Paris sur le climat ou la menace d'instaurer des droits de douane punitifs. Elles s'inscrivent dans la volonté affichée de M. Trump de rompre avec le multilatéralisme.

"Il y a des éléments de tensions mais il y a aussi des éléments d’ancrage et de liens très forts", a souligné M. Macron, qui doit recevoir jeudi 10 avril en Allemagne le prix Charlemagne récompensant "sa vision forte pour une nouvelle Europe". Avec les États-Unis "sur l’Iran, nous avons un désaccord", a dit M. Macron.

Sur le plan commercial, "je crois que l’Europe doit se faire respecter, nous sommes une grande puissance du commerce international", a poursuivi M. Macron, alors que Donald Trump menace plusieurs pays, dont ceux de l'Union européenne, d'imposer des droits de douanes sur les importations d'acier et d'aluminium.

"Nous avons des règles, celles de l’Organisation mondiale du commerce, nous devons les faire respecter et les respecter mutuellement", a insisté le président français.

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit il y a quelques jours "réellement inquiet" de la tournure des relations transatlantiques depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

"Nous avons une nouvelle administration américaine qui ne nous considère plus comme faisant partie d'une communauté mondiale au sein de laquelle nous agissons ensemble, mais voit le monde fondamentalement comme une arène dans laquelle chacun doit trouver son propre chemin", a-t-il jugé.

Dans ce contexte, M. Macron a exhorté dans son interview la chancelière Angela Merkel à accepter des réformes ambitieuses de Europe post-Brexit, alors que Berlin bloque depuis plusieurs semaines des suggestions faites par le chef de l'État français sur la zone euro en particulier.

"L’Allemagne va avoir à formuler d’ici au mois de juin sa réponse, c’est celle-ci que j’attends et j’espère beaucoup de la chancelière et de son gouvernement pour être à la hauteur de ce moment historique", a-t-il dit à la télévision publique allemande.

Sur ce point, M. Macron a insisté sur les réformes économiques initiées dans son pays. "Je veux que tout le monde aie pleinement en tête que la France d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a un an et que parfois dans le débat allemand, que je suis avec beaucoup d’attention, on a pas tout le temps intégré que la France avait profondément changé", a-t-il dit.
 
AFP/VNA/CVN
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