16/07/2017 08:01
Les Hoa sont une des 53 minorités ethniques du Vietnam. Originaires de Chine, ils sont disséminés un peu partout dans le pays. À Bac Liêu (Sud), cette communauté a un mode de vie simple, qui contraste avec sa richesse culturelle.
>>Chùa Ông, la plus ancienne pagode chinoise du Sud

Pendant un cours de chinois à l’école Tân Huê, à Bac Liêu.

Installés dans la province de Bac Liêu depuis le XVIIe siècle, les Hoa ont marqué de leur empreinte cette région, comme le montrent les monuments typiques bâtis par cette ethnie tels que temples et pagodes. Les coutumes, les croyances, la religion et les fêtes traditionnelles restent fortement ancrées dans la vie quotidienne des Hoa.

De plus, ils continuent de pratiquer leur langue (le chinois) mais aussi leurs propres activités artistiques et sportives. «Les Hoa savent comment s’y prendre pour sauvegarder leur culture traditionnelle. Ils se soutiennent et s’entraident dans la vie socio-économique et leurs activités communautaires», a précisé Lê Hông Thu, présidente adjointe du Comité populaire de Bac Liêu.

Personne ne doit rester sur le bord du chemin

Dans la cour de récréation.

La province de Bac Liêu compte 4.652 ménages avec 20.808 personnes issues de cette minorité ethnique, représentant 2,34% de la population locale. La plupart vivent du commerce, de l’artisanat ou de l’agriculture.

Grâce à leur caractère travailleur, ils se sont établis même sans argent au départ. Actuellement, la communauté Hoa est l’une des ethnies minoritaires qui rapportent, proportionnellement, le plus de rentrées financières à l’État. Le Service du plan et de l’investissement de la province de Bac Liêu recense 124 entreprises détenues par des Hoa, fortes d’un capital total de 940 milliards de dôngs. De plus, 470 familles font du commerce et animent les villages de métiers traditionnels.

Ils sont aussi très dynamiques dans l’organisation d’activités caritatives. «Bac Liêu compte 53 familles Hoa vivant dans des conditions difficiles. Elles reçoivent souvent des soutiens des membres de leur communauté», a affirmé Lê Hông Thu. En effet, la province réunit trois congrégations de cette ethnie : la société mutualiste de Triêu Châu, celle de Triêu Quang et l’Association des anciens élèves de l’école Tân Huê de Bac Liêu.

Elles collectent souvent des dons de mécènes et les redistribuent aux pauvres. «Chaque année, les anciens élèves de l’école Tân Huê se rencontrent à Hô Chi Minh-Ville parce que beaucoup d’entre eux y travaillent. Ils collectent des dons pour aider leurs compatriotes de la province de Bac Liêu dans le besoin», a déclaré La Tuc Huê, directrice de l’école Tân Huê.

Les Hoa gagnent correctement leur vie. Certains occupent même des positions importantes à Bac Liêu. Actuellement, 95 personnes y exercent en qualité de cadre, fonctionnaire, docteur, pharmacien ou professeur.

Une culture forte, vivante et dynamique

De jeunes filles Hoa consultent les oracles (xin xăm) dans une pagode de la province de Bac Liêu.

Il existe de nombreuses fêtes traditionnelles et des rencontres entre ethnies qui permettent de valoriser et développer la culture Hoa. La province de Bac Liêu compte 29 établissements qui pratiquent le culte de cette ethnie. Ces lieux rendent également hommage aux ancêtres ou aux personnes qui ont découvert une nouvelle terre où prospérer. 

Par ailleurs, le Club de musique traditionnelle chinoise et le Club de danse de licorne n’ont jamais été aussi dynamiques. «La plupart des membres sont des adolescents. Cela leur permet de comprendre la culture de leurs ancêtres et de contribuer à diversifier la culture vietnamienne», a partagé Lâm Trân Binh, président adjoint de la société mutualiste de Triêu Châu.

Autre aspect, les Hoa savent transmettre leur langue et leur écriture aux jeunes générations. L’École maternelle et primaire Tân Huê a été construite en 1992 par la communauté Hoa de Bac Liêu afin d’y apprendre les idéogrammes chinois. Elle compte actuellement 15 enseignants et 121 élèves.

À 7 ans, Quách Kha Doanh suit ainsi le programme sino-vietnamien dans cet établissement. «Mes parents veulent que je puisse parler chinois avec eux à la maison», a-t-il dit. Thao Vy, en 5e classe (équivalent CM2), a conclu : «Je veux continuer à apprendre cette langue. Ça m’intéresse».

Texte et photos : Dang Huong/CVN

 

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