21/11/2020 16:23
Après huit mois d'angoisse et plus de 42.000 morts, le gouvernement espagnol a voulu redonner espoir au pays vendredi 20 novembre en annonçant un ambitieux plan de vaccination contre le COVID-19, dont une grande partie de la population pourrait bénéficier d'ici à l'été prochain.
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>>L'UE espère de premières vaccinations début 2021

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez en conférence de presse, le 20 novembre à Agoncillo. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nos prévisions sont que, dans tous les scénarios raisonnables, une partie très substantielle de la population espagnole pourra être vaccinée, avec toutes les garanties, au cours du premier semestre", a déclaré le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, lors d'un déplacement dans la région de La Rioja (Nord).

Alors que le pic de la seconde vague semble être passé, le dirigeant socialiste a assuré que l'Espagne serait "le premier pays de l'UE, avec l'Allemagne, à avoir un plan global de vaccination" pour ses 47 millions de citoyens.

Ce plan doit être adopté mardi 17 novembre lors du prochain Conseil des ministres, a-t-il précisé, ajoutant que son gouvernement travaillait à sa préparation depuis septembre et que l'Espagne disposait d'une "importance infrastructure logistique" pour la distribution des vaccins.

Ces déclarations interviennent alors que les annonces prometteuses se multiplient pour la commercialisation des vaccins tant attendus.

Mercredi 18 novembre, l'Agence espagnole des Médicaments  a autorisé le lancement dans le pays de la dernière phase d'essai d'un vaccin en deux doses du groupe américain Johnson & Johnson, qui sera aussi menée dans huit autres pays.

Il y a un mois, Madrid avait donné son feu vert au futur achat de 31,5 millions de doses du vaccin développé par AstraZeneca et l'Université d'Oxford, dans le cadre d'une commande de la Commission européenne auprès de cette entreprise pharmaceutique portant sur l'achat de 300 millions de doses pour l'ensemble de l'UE.

Le gouvernement espagnol suit aussi de près les travaux de l'alliance Pfizer/BioNTech, qui a annoncé vendredi 20 novembre qu'elle déposerait ce même jour une demande d'autorisation d'urgence pour commercialiser son vaccin aux États-unis.

"Pas comme dans les pires moments

L'Espagne est l'un des pays les plus endeuillés par la pandémie en Europe, avec plus de 42.000 décès et plus d'1,5 million de cas connus à ce jour.

À la crise sanitaire s'est ajoutée une violente crise économique. Des secteurs vitaux pour l'économie espagnole, comme le tourisme et la restauration, ont été dévastés, au point que le Fonds monétaire international prédit à l'Espagne une chute de son PIB parmi les plus brutales des pays occidentaux, avec -12,8% en 2020.

Les restrictions anti-COVID demeurent strictes, mais contrairement à certains pays européens, l'Espagne n'a pas instauré de nouveau confinement à domicile semblable à celui du printemps, lors de la première vague de la pandémie.

Un couvre-feu nocturne est en vigueur dans tout le pays, à l'exception des îles Canaries, et dans certains régions, les habitants n'ont pas le droit de sortir de leur commune, sauf pour quelques motifs justifiés.

Des mesures qui semblent porter leurs fruits, car l'incidence du virus recule dans une grande partie du pays, amenant le ministère de la Santé à parler d'une tendance "favorable".

Flacons de vaccin et seringues portant le logo de Pfizer et BioNTech, le 17 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Preuve de cette amélioration, la Catalogne (Nord-Est) a autorisé les bars et restaurants à rouvrir lundi avec des horaires et une affluence limités, après plus d'un mois de fermeture.

La pression sur les services d'urgence reste certes "importante", a rappelé jeudi l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simon, qui incite les Espagnols à ne pas baisser la garde.

Mais sur le terrain, les soignants décrivent une situation bien moins extrême qu'au printemps, confirmant qu'il y a bien de la lumière au bout de ce long tunnel.

"C'était terrible, c'était la guerre", déclarait récemment Enrique Sánchez, membre du Service médical d'urgence de Madrid (SUMMA), à propos de la première vague. "Maintenant, ça n'a plus rien à voir".

Aujourd'hui, dit-il, on observe davantage de "cas bénins" de COVID et, contrairement au printemps, quand les masques et autres éléments de protection étaient rares, "nous ne manquons pas de matériel".

"Nous ne sommes pas comme dans les pires moments (de la première vague), la situation est stable", résumait Victor Escudero, porte-parole du SUMMA.

AFP/VNA/CVN

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