Les Zimbabwéens appelés à manifester contre Mugabe, affaibli politiquement

Les anciens combattants du Zimbabwe, traditionnels piliers du régime, ont appelé à un grand rassemblement samedi 18 novembre à Harare pour demander le départ du président Robert Mugabe, progressivement lâché par ses soutiens historiques.

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Le président du Zimbabwe Robert Mugabe lors d'une cérémonie de remise de diplômes à Harare, le 17 novembre 2017.
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe lors d'une cérémonie de remise de diplômes à Harare, le 17 novembre 2017. Photo : AFP/VNA/CVN

Ce meeting clôture une semaine de crise politique inédite au Zimbabwe, où l'armée a pris le contrôle du pays et assigné à résidence le chef de l'État, au pouvoir depuis en 1980.

L'intervention de l'armée représente un tournant inédit dans le long règne de Robert Mugabe, marqué par une grave crise économique. À 93 ans, il se retrouve de plus en plus isolé, abandonné par ses alliés les plus fidèles: après l'armée et les anciens combattants, les sections régionales du parti présidentiel de la Zanu-PF l'ont à leur tour lâché vendredi soir 17 novembre.

Les anciens combattants espèrent faire le plein samedi 18 novembre pour leur rassemblement au stade de Zimbabwe Grounds, dans la banlieue de Highfield à Harare. Un lieu symbolique puisque c'est là même que Robert Mugabe avait fait son premier discours à son retour d'exil en 1979, à la fin de la guerre d'indépendance.

Un an plus tard, il prenait la direction du pays, qu'il n'a pas quittée depuis.

"La partie est finie", a pourtant lancé vendredi 17 novembre l'influent chef des anciens combattants de la guerre d'indépendance, Christopher Mutsvangwa, à l'adresse du président Mugabe.

"Il doit démissionner", a-t-il ajouté, appelant la population à se mobiliser massivement samedi 18 novembre. "Nous pouvons finir le travail commencé par l'armée", a-t-il lancé.

Dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 novembre, l'armée est intervenue - sans effusion de sang - à Harare en soutien à Emmerson Mnangagwa, limogé une semaine plus tôt de son poste de vice-président. Elle a placé en résidence surveillée le président Mugabe, qui est cependant autorisé au coup par coup à se déplacer.

Vendredi 17 nobembre, il a fait sa première apparition publique depuis le coup de force militaire, lors d'une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. Il n'a pas fait de discours et somnolé, comme il le fait régulièrement en public, assis dans un immense fauteuil de bois et de cuir.

En l'autorisant à sortir de la résidence présidentielle, l'armée entend montrer que "l'État de droit prévaut", a expliqué à l'AFP Anthoni van Nieuwkerk, professeur de sciences politiques à l'université de Witwatersrand à Johannesburg.

Purge

Un blindé dans les rues de Harare, le 17 novembre 2017.
Un blindé dans les rues de Harare, le 17 novembre 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'armée a assuré vendredi 17 novembre que les négociations étaient toujours en cours avec le chef de l'État et s'est félicitée d'avoir enregistré des "progrès significatifs" dans la purge qu'elle conduit contre des proches du couple présidentiel.

Dans la ligne de mire de l'armée se trouve le groupe dit des G40, une faction de la Zanu-PF qui soutient la Première dame et ses ambitions présidentielles.

C'est elle qui a fait tomber M. Mnangagwa, 75 ans, devenu un concurrent beaucoup trop encombrant dans sa course à la succession du président. Elle avait mené une active campagne de dénigrement de son adversaire.

Fort de l'intervention de l'armée, l'ancien vice-président, qui avait fui le pays après son éviction, est rentré au Zimbabwe jeudi 16 novembre. Il n'est pas encore apparu en public, mais son nom circule pour prendre la direction d'une éventuelle transition politique.

Pour l'instant cependant, les discussions piétinent et le président Mugabe s'accroche au pouvoir. Depuis trente-sept ans, il se maintient par la force, en réprimant toute opposition, et a prévu de se représenter en 2018 en dépit de sa santé fragile.

Les États-Unis, par la voix du secrétaire d'État Rex Tillerson, ont estimé vendredi 17 novembre que les Zimbabwéens devaient pouvoir "choisir" leurs dirigeants, appelant à un "retour rapide à un pouvoir civil en accord avec la Constitution" du Zimbabwe.

Dans la capitale, les Zimbabwéens ont continué à vaquer à leurs occupations cette semaine. Seuls quelques chars postés devant des lieux stratégiques rappelaient que l'armée avait pris le contrôle du pays.

Les anciens combattants ont récemment tourné le dos au président en refusant que son épouse lui succède. Ils soutiennent ouvertement M. Mnangagwa, qui a joué un rôle clé dans la guerre d'indépendance aux côtés de M. Mugabe. À 52 ans, la Première dame est trop jeune pour y avoir participé.

Le pasteur Ewan Mawarire, l'un des acteurs clés d'une fronde anti-Mugabe en 2016, a appelé ses partisans à participer au rassemblement de samedi pour réclamer "un nouveau Zimbabwe". Le régime Mugabe "détruit nos vies et nous ne pouvons pas le laisser continuer à faire ça", a-t-il expliqué sur sa page Facebook.

AFP/VNA/CVN

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